ERREUR FATALE … !!! – 10/31

Les turpitudes de Gaètan et de Gertrude !

– «Viens !» Chuchota-t-elle. «J’entends comme une plainte.»

Attentif, il tendait l’ouïe. Effectivement, un râle, une plainte :

« Ahhh … Ahhh … Ouiii … Ouiii … Gaaa … Gaaa … Gaêêê … Gaêêêtaaan … !».

– «A mon avis, c’est la Gertrude qui rêve de son voisin» dit-il.

– «Non Eddy, écoute !»

Il prêtait l’oreille avec attention ! Une voix mâle, de bûcheron, exprimait sa passion :

«Han ! Han ! Han ! Ger … Ger ! Gertrude !»

– «Ils baisent.» conclut-il. «Viens, laissons-les tranquille. Je n’aime pas jouer les voyeurs. Surtout avec les esgourdes !»

– «Eddy … Notre seule piste c’est Tassart. Je suis sûre qu’il connaît le type de la photo.»

– «Et alors, on ne va pas aller l’interviewer maintenant ? Non !»

– «Pourquoi pas ? Si on le surprend, ça lui fera un choc et il parlera sûrement.»

– «Tu es folle ! Tu veux le surprendre comment ? On sonne, et lorsqu’il ouvre en bannière, tu dis : «Coucou, ce n’est que nous !». Si ça se trouve, c’est la mère Grenet qui va venir et là, qu’est-ce que tu réciteras ? «Bonjour madame, nous vous avons entendu forniquer avec monsieur Tassart, ça tombe bien, car nous avons des questions à lui poser. Donc, si ça ne vous dérange pas trop, peut-être pourrions-nous entrer !»

– «J’ai une autre idée», souffla Meg en sortant un petit objet de sa poche. J’ai le passe partout de Jean ! On entre doucement, sans bruit, et on allume brusquement la lumière. Là, ça lui fera un choc, un grand, un colossal ! »

– «Et Gertrude, tu as pensé à Gertrude ?»

– «On verra bien ! Qui ne risque rien n’a rien !»

Il est trop las pour réagir et laisse Meg se débattre avec la serrure.

La porte s’ouvre presque immédiatement, elle n’était que tirée, même pas un tour de clef.

«Ils devaient être pressés, les amoureux.»

L’appartement est disposé comme celui de Jacky. Ils entrent dans un petit couloir, puis dans la salle à manger. A droite, la chambre à coucher. Maintenant, les frottements et les onomatopées de l’amour sont nettement audibles. Sur la pointe des pieds, ils investissent le salon des plaisirs et promptement Meg actionne l’interrupteur.

Dantesque !

La lumière ne perturbe même pas les copulateurs. Ils ont les yeux fermés. Sans doute croient-ils à un flash intérieur. Une illumination féerique déclenchée par leurs sens. Une jouissance nouvelle d’une intensité rare.

Gertrude Grenet, la tête dans l’oreiller et le croupion en l’air, hurle, hennit de bonheur.

Gaëtan Tassart, fier cavalier, cravache sa monture, entonne La Walkyrie !

Des bêtes ! Oui ! C’est beau, presque inhumain. C’est la première fois qu’ils voient des vieux faire l’amour.

Avant cette nuit, Jacky trouvait cela incongru. Il ne pouvait s’imaginer deux fossiles s’accoupler. Mais là, de voir ces corps démodés se chérir, ces âmes vétustes aller au bout de leur orgasme avec tant d’entrain … Là, il se dit que les câlins passionnés appartiennent à tout le monde, même aux vieux débris !

Sans bruit, l’index appuyé sur sa bouche, il emmène Meg hors de l’appartement. Doucement, il referme la porte. Les ridés peuvent continuer à se froisser l’épiderme, tranquillement, au rythme de leur pacemaker. Jamais ils ne sauront qu’ils sont entrés, qu’ils les ont épiés. Jacky enlace sa déesse et l’entraîne vers son sixième. Arrivés chez elle, émue, Meg lui déclare :

– «C’est dégueulasse !»

– «Quoi ? Que des moyenâgeux s’enfilent ?»

– «Non ! Ils sont chez eux, ils ne nuisent à personne. Pourquoi aller les emmerder ?»

– «Je te signale, en passant, que c’était une de tes idées. Moi j’étais contre.»

– «Tu étais contre, tu étais contre, c’est vite dit ! Tu n’as pas fait grand-chose pour m’arrêter !»

– «Ouais ! Si tu veux, on est des voyeurs, mais ils ne nous ont pas vus, ils n’apprendront jamais notre intrusion. Disons que c’est une erreur et n’en parlons plus ! Il est tard, posons-nous et dormons !»

– «Réfléchissons plutôt à la suite des événements.»

– «Il est cinq heures du mat …»

– «Tu as envie de dormir ?»

– «Plus maintenant.»

– «Alors, récapitulons et …»

– «Essayons de voir ce que nous pouvons faire ?»

– «Absolument ! Eddy. Aller, récapitule depuis le début.»

– «Ça va être vite fait: A quatorze heures, je te trouve assommée le nez dans les poubelles. A la force de mes petits bras puissants, je te hisse dans ton pigeonnier. Là, un mec m’estourbit traîtreusement et pique le dossier que Jean avait constitué sur l’affaire «de Maragne». Il faut noter que tant que les pieds nickelés, qui s’intéressent à nous, n’ont pas vu le contenu du dossier, nous n’eûmes droit qu’à des coups de matraque. Nous n’étions pas trop gênants ! Après, ce furent des bastos tombant comme à Gravelotte ! Il fallait nous rayer de la carte. Nous ne savons pas grand-chose, mais pour eux, c’est encore de trop ! Bref, dans la soirée, chez le marchand de salades, les nuisibles éliminent. (Par chance, pas pour tout le monde !) Nous rentrons chez toi. Je te laisse dix minutes et rebelote, le fossoyeur réapparaît. Heureusement, ton Jacky (Zorro …), une poêle à la main, surgit hors de la nuit au galop et terrasse le bandit de grand chemin. Là, à mon humble avis on a fait une connerie. Mademoiselle veut cacher la dépouille et moi superbe con, aveuglé par l’amour, je cède. Voilà ! Si on passe sur notre irruption dans le lit des vioques, nous pouvons déclarer:

«La journée est finie !»

Heureusement d’ailleurs, car dans deux heures je pars travailler !»

– «Tu racontes bien Eddy !»

– «N’est-ce pas ma douce ?»

– «Tu racontes bien, mais tu n’évoques pas la suite !»

Soudain, il a comme un monstre coup de barre, une grosse fatigue.

– «Tu ne crois pas qu’il fera jour demain ?»

– «Demain ? Mais on est demain ! Demain, c’est aujourd’hui !»

– «S’il te plaît Meg, faisons une pause. Nous sommes vendredi. Ce soir, les vacances d’automne commencent. J’ai une semaine complète pour penser à tout ça. On peut bien attendre un peu ? Allez ! Viens te reposer.»

En disant ça, il s’allonge sur le canapé. Meg le regarde en souriant. Debout, devant lui, elle entame une danse lascive. Ses hanches ondulent lentement. Sa main droite déboutonne sa chemise, la gauche déboucle sa ceinture. D’un geste nonchalant, elle fait glisser son pantalon le long de ses cuisses bronzées. Son jean’s gît sur le sol, elle en dégage un pied, puis l’autre.

Sa chemise glisse de ses épaules, puis dans son dos le long de ses bras, et tombe à terre.

Il a la gorge plutôt sèche et malgré sa fatigue, sent que son slip devient de plus en plus étroit. Dans un mouvement rapide et cependant gracieux, elle ôte sa culotte blanche, ornée de myosotis, et la lui lance. Nue, elle continue sa danse du ventre. Sa virilité prend des proportions titanesques … heu ! … raisonnables, mais néanmoins honnêtes, enfin acceptables !

Maladroitement, il se dévêt. Le regard de Meg a changé, il est à la fois pudique et débordant de désir.

Ses seins, au galbe envoûtant, se dressent au rythme de sa respiration. Son ventre, à peine bombé, palpite, l’appelle. Il s’agenouille à ses pieds. Son pubis crépu accueille son visage.

Cette caresse surprend Meg, un instant elle veut fuir et puis elle s’abandonne. Ses lèvres effleurent son sexe, le cajolent, le savoure. Un parfum unique, complexe, une fragrance magique, la senteur de la vie, les essences de l’amour !

Tremblantes, les mains de Meg écartent sa tête, elle se baisse et sa langue le dévore. Au travers de sa bouche, c’est son ventre qu’elle embrasse. Ses bras le serrent contre elle. Ses seins s’écrasent sur sa poitrine. Sans lâcher son étreinte, Meg se couche et l’entraîne. Hésitantes, ses cuisses s’ouvrent et il se fond en elle.

Ils sont couverts de sueur. Il adore ces effluves enivrants. Enfouir son nez dans le creux d’une aisselle. Se shooter à la transpiration ! La neuve, la fraîche, pas celle de l’avant-veille ! Le visage de Meg est constellé de gouttes de rosée. Une perle d’eau salée, plus hardie que les autres, dévale son front, son nez. Au bord de sa narine, le grain liquide s’immobilise. De l’index, il le pousse, il tombe sur sa gorge, coule entre ses deux seins. Le doigt de Jacky poursuit la bille, frôle la peau nacrée. Elle est fine, douce, souple. Soudain sa main s’arrête sur une rugosité. Une légère cicatrice, un tout petit trait blanc. Un souvenir d’enfance ? Et il demande à Meg.

– «Qu’est-ce ? Un accident de poussette ? Une chute de landau ?»

– «Non ! Une gentille tumeur !»

– «… Bénigne ?»

– «Maligne ! Un petit crabe qui en pinçait pour ma vie.»

– «Un petit crabe ?»

– «Oui, un cancer …»

Il est des mots durs à entendre, des mots qui claquent comme des gifles.

Meg le voit pâlir, remarque l’altération de son regard, le secoue et s’exclame:

– «Cool boy ! Je l’ai niqué mon cancer ! Un coup de bistouri pour la petite boule et quelques séances de chimio pour les cellules récalcitrantes.»

– «Il y a longtemps ?»

– «Yes Jacky ! Quatre ans tout juste.»

– «Et ?»

– «Et ! Terminé le cancer, mon craintif ! Tuées, décédées, à la morgue les métastases ! Depuis ma victoire sur le rongeur, j’ai deux contrôles par an et elle n’a jamais remontré le bout de son nez, la Camarde. Tiens ! Tu fais bien de m’y faire penser. Il faut que je téléphone pour prendre un rendez-vous, ça va faire six mois que les derniers examens ont été effectués.»

La fatigue, l’amour et cette histoire de cancer, l’ont rendu tout-chose. Il pose sa joue sur le ventre de Meg.

– «Dis-donc Meg ? Il n’en a jamais fabriqué des mouflets ?»

– «Qui ?»

– «Ben ton ventre, pardi !»

– «Non ! Pas encore.»

– «Et tu voudrais en faire un jour ?»

– «Oui, j’espère.»

– «Tu attends quoi ?»

– «De trouver un père !»

– «Ce n’est pourtant pas ça qui manque !»

– «J’ai dit un père, Eddy, pas un dé à coudre de sperme. Il faut trouver un mec que j’aime, qui m’adore et qui soit dingue de notre gosse.»

– «Ouais, évidement. Peut-être qu’un jour, plus tard, tu trouveras l’oiseau rare, ma musaraigne.»

– «Oui Jacky, peut-être qu’un jour, mais en attendant, ta musaraigne, elle a autre chose de moins plaisant à faire !»

Huit heures du matin, il est tant que Jacky prenne une douche et saute dans ses fringues.

– «A ce soir Meg, repose-toi bien et je t’en prie ne fais pas de conneries.»

– « N’aie pas peur pour ça, compte sur moi !»

A suivre …

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

15 réflexions sur « ERREUR FATALE … !!! – 10/31 »

  1. Tout ce que j’aime! Comme mes séries fétiches! C’est torride et plein d’humour chez toi Zaza (les fossiles qui s’enfilent, j’ai adoré!), c’est aussi plein d’émotion avec l’évocation de la maladie de Meg, chapeau pour ton histoire qui se dévore à pleines dents…
    Vive l’érotisme façon Zaza, je te fais de grosses bises, belle journée
    Cendrine

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