ERREUR FATALE … !!! – 4/31

Dans l’appartement de Meg !

Un type est là, devant le bureau, le dossier de Jean dans la main gauche.

Déterminé, Jacky s’avance vers le zigoto, alors qu’une colère sourde monte en lui. Le gus n’est pas très grand, il n’a pas l’air baraqué, mais Jacky pensait qu’il allait lui en mettre plein la gueule !

– «Stop !» Aboie-t-il.

– «Comment Stop ?» Rétorque l’individu en s’arrêtant, impressionné par le ton très impératif de son interjection.

– «Oui ! Stop bonhomme. Ça veut dire que tu t’arrêtes mon pote.»

– «Primo je ne suis pas ton pote. Et secundo, tu fermes ton dévidoir à conneries.» Répond-t-il.

Là, c’en est trop, il a gagné le nain, c’est son jour de fête.

Jacky fonce tête baissée vers «cézig» pour le doter un monstrueux coup de boule dans les ratiches. Il a fait de la savate, du judo et de la boxe anglaise. Ça, il ne s’en doute pas le gnome !

Tel un félin, sans lâcher le dossier, l’individu bondit sur le côté. Jacky, emporté par son élan, massacre les étagères avec son pif. Il a l’impression qu’elles se mettent à saigner, (les étagères …). Rapidement, il se tourne vers l’avorton pour la fin de la leçon. Il a juste le temps de voir un pied volant qui grandit, qui grandit, qui… ! Le sol lui saute au visage. Le sol semble accueillant !

Groggy, il se retrouve inconscient dans le square de ses quatre ans. Dans le bac à sable, un grand d’au moins cinq ans veut lui piquer son seau. Il résiste, il s’agrippe à l’anse. Pour le faire lâcher, le racketteur en barboteuse lui abat sa pelle sur le nez. Il saigne, il pleure, il appelle sa Maman … Un visage flou est penché sur lui.

– «Bonjour ma petite maman, que j’aime.»

– «Bonjour Eddy, bienvenu au club», répondit Meg.

D’un seul coup, tout lui revient, Meg évanouie, pleine de sang, le pigeon, les poubelles, le pied du pygmée karatéka, son knockout et son interlude.

Le visage de Meg devient de plus en plus net, ses yeux sont d’un brillant inquiet. Un noir de feu d’un ciel furibond !

Il s’assoit, prend la tête de Meg entre mes mains, son sang poisse ses cheveux. Leurs lèvres se cherchent, se découvrent, se goûtent. Sa langue caresse ses incisives. Son baiser réservé devient de plus en plus fougueux. Leurs dents s’entrechoquent. Leurs nez se bousculent.

Le temps, vaincu pour une minute d’éternité, s’arrête, puis repart hésitant, au rythme haletant de leurs respirations mêlées. Le calme revenu les sépare, l’espace d’un instant. Puis doucement, leurs bouches se rejoignent, se câlinent, s’étreignent. Front contre front, prunelle contre prunelle !

– «De si près, tu es floue Meg.»

– «Ferme les yeux.»

– «Je ne te verrai pas mieux.»

– «Imagine-moi !»

Il ferme les yeux. Meg n’est plus floue, mais dans son esprit, il la voit nette, étendue dans la cour derrière les poubelles. Il se lève et examine sa tête. Le cuir chevelu est bien entamé. Le sang a séché, raidissant ses cheveux.

– «Debout Meg, il faut nettoyer cette plaie.»

Grimaçante, elle se lève et l’entraîne dans la salle de bain.

Le miroir trônant au-dessus du lavabo, leur retourne une piteuse image. Meg éclate de rire.

– «Eh bien ! On fait une belle équipe tous les deux. Ils étaient beaucoup, pour nous arranger comme ça ?»

– «Un», dit-il. «Un petit, mais costaud.»

– «Bon à la douche. On y verra plus clair après.»

En un instant, sa chemisette vole par-dessus sa tête, son jean’s et sa culotte tombent à ses pieds. D’une main, elle ouvre les robinets. De l’autre, elle apprécie la température de l’eau. Puis, son corps se glisse avec délices sous l’averse miniature.

– «Allez ! Viens. Tu en as besoin aussi.»

– «Oui ! Il y assez de place ?»

– «Ne t’en fais pas Eddy, on se serrera.»

Il s’angoisse toujours un peu la première fois qu’il se met à poils devant une grenouille. Enfin, faut savoir ce qu’on veut ! Il se déloque donc, et s’engouffre sous la douche.

L’eau lui fouette le corps.

– «Ça fait du bien, hein ?» lui dit Meg en lui savonnant le dos.

– «Oui mais à deux, il n’y a vraiment pas beaucoup d’espace.»

– «Ça aussi ça fait du bien» Murmure-t-elle en se serrant contre lui …

Instant divin ! Périlleux, mais divin, le câlin sous la pomme de douche, rebaptisée pour la circonstance, «pomme d’amour» ! Il faut un savoir-faire certain. Surtout, si comme chez Meg, c’est sans tapis antidérapant, ni ventouses aux pieds. Il regrette qu’aucun cameraman, ne soit passé par là. Sûr qu’ils pouvaient passer dans «Vidéo-gags».

Franchement, à côté d’eux, les contorsionnistes de cirque ne sont que des rigolos !

Une fois secs, et quelques pansements plus tard, assis sur le canapé, un verre de whisky à la main, songeur, il contemplait Meg.

– «Toutes ces émotions m’ont creusée,» dit-elle. « Qu’as-tu acheté pour le dîner ?»

– «T’es gonflée ! J’allais chez le chinois du coin, lorsque je t’ai trouvée dans les poubelles et depuis je n’ai pas chômé.»

– «T’as d’ces expressions !» lui reprocha-t-elle, un peu pincée.

– «Excuse-moi Meg. J’ai dit ça comme ça. Tiens, viens, je t’emmène au restaurant. Choisis celui que tu préfères.»

– «OK, j’en connais un sympa, à un petit quart d’heure d’ici. On y mange bien, c’est tranquille, on pourra discuter de …»

– «De ce mec qui nous a esquintés ?»

– «Entre autres ! Tu sais Eddy, pour cette affaire …»

– «Oui ? Tu veux laisser tomber ?»

– «Certainement pas !»

– «Tu as besoin d’aide ?»

– «C’est dangereux, tu sais.»

– «Ça ! Pour savoir, je sais ! Écoute Meg, maintenant, je ne peux plus te laisser te débrouiller toute seule.»

– «Pourquoi ? Parce qu’on a fait l’amour ?»

– «Non, parce que je suis trop inquiet. Je ne me le pardonnerais jamais, s’il t’arrivait quelque chose.»

– «J’ai besoin que tu m’aides Eddy. Mais je ne voudrais pas que tu penses, que c’est pour ça que j’ai fait des galipettes avec toi.»

– «Quelle nigaude ! Tu as, tu t’es enflammée, simplement, parce que, tu es raide dingue du beau Jacky. Et moi, moi je ne remercierai jamais assez, cet enfoiré de truand qui nous a estourbis. Sans lui, peut-être que jamais nous ne nous serions douchés avec tant de passion.»

– «Moi, je suis raide dingue ? Tu remercies ce salaud ? Fais ta prière Eddy, ça va saigner.» Menaça-t-elle en se précipitant sur lui.

Ses mains se refermèrent sur son cou, mais elle n’eut pas le cœur de serrer. Elle perdit l’équilibre et roula sur le tapis, en bousculant la table de salon et l’entraînant dans sa chute. Ils arrivèrent bien plus tard au restaurant. Bien plus tard avec une faim de loup !

Vingt-trois heures. Les soirées sont souvent fraîches, en ce début d’automne. Meg a passé une veste, sur une chemisette et un jean’s propre. Il a également mis un blouson, un vieux, car le neuf s’ennuie dans le coffre à linge et espère, dans les plus brefs délais, une visite au pressing.

Malgré l’heure tardive, quelques passants déambulent. Une vieille mobylette, chevauchée par un gamin casqué, la mentonnière dans le guidon, fonce dans la nuit avec un bruit d’enfer. Ils laissèrent passer ce cavalier de l’Apocalypse, et poursuivirent leur chemin.

L’herbe pousse entre les petits cubes de granit disjoints. Sur le trottoir de gauche, de jeunes pommiers fructifient, plutôt mal que bien. La récolte sera mauvaise cette année. Tant pis, ils achèteront le cidre chez l’arabe du coin. Après tout, le but premier d’un arbre Parisien, n’est-il pas de servir d’urinoir aux chiens, voire d’antivol pour cycles et scooters.

Dommage que çà et là, de modernes bâtisses trahissent le paysage. Deux fêtards, s’étayant mutuellement, les bousculent en les croisant. Ils s’excusent d’une voix pâteuse, puis repartent en chantant. La pente de la rue les entraîne, en zigzag, vers un bistrot.

Les deux compères négocient, avec maestria, un dernier virage et franchissent, non sans heurt, le seuil du bar à vins. Apparemment, les anarchistes éméchés ne sont guère appréciés dans cet estaminet. Le tenancier les raccompagne, brutalement, au-dehors. L’un des pochards s’affale dans l’humide caniveau. L’autre suspend sa course, in-extremis, juste au bord du trottoir. Cherchant son équilibre, sur la pointe des pieds, bras en croix, moulinant, tentant de s’agripper à d’invisibles appuis.

Va-t-il s’envoler ? S’arracher à la terre ? Vaincre la pesanteur ? Il décolle, esquissant un pied de nez à l’endroit des pisse-froids qui refusent de comprendre, n’aiment pas les abus, haïssent les faubourgs, les aimables contrées enchantées par l’alcool, les mondes où l’on existe, car on s’invente une place.

Que le geste était beau, magnifique, régalien. C’était bien essayé, mais un peu téméraire, car le visage hilare, le pouce soudé au blair, il amorce un piqué et choit sur son complice.

L’adresse n’était pas bonne. Qu’importe ! Les compères se relèvent refusant toutes les aides, et c’est d’un regard fier arborant une tête haute, qu’ils saluent l’assemblée et partent sur leurs chimères.

A suivre …

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

30 réflexions sur « ERREUR FATALE … !!! – 4/31 »

  1. COUCOU,
    Il y a des mots que l’on écrit sur une feuille de papier,
    Comme enchantement la feuille se remplie,
    Il y a aussi des mots que l’on tape sur son clavier,
    Ces émotions que je tu fais partager,
    Car ils sont écrites pour notre plaisir et t’en remercie
    Passes une Bonne et agréable journée
    Bisous

  2. Désolée pour ce copier-coller étant en pause, je tenais à venir te souhaiter sur ton beau blog de joyeuses fêtes de Noël et te présenter mes meilleurs vœux pour 2017, tout le bonheur du monde et surtout la santé et je voulais également te dire que j’ai créé un tout nouveau blog dont je vais te mettre le lien un peu plus bas et te dire que j’arrête de mettre des articles sur mes deux autres blogs Allamanda sur Canalblog et Une Lorraine à la Réunion sur Blogger (dont je viens de désactiver les commentaires), je n’arrivais plus à suivre avec deux blogs, donc j’ai décidé d’en faire un tout nouveau et je voulais t’informer que j’ai programmé un nouvel article pour le lundi 23 janvier 2017 sur ce « bébé » blog dont voici le lien :
    http://beautirocher.canalblog.com/

    Je suis donc en pause jusqu’au 22 janvier 2017 au soir et j’espère te retrouver sur ce nouveau blog à partir du 23 janvier 2017 (pas avant car mon 1er article n’est programmé que le 23 janvier, merci de ta compréhension).
    Je profite bien de ma pause blogo, ce sont les grandes vacances ici et je pars également 8 jours en vacances après les fêtes de Noël.

    Merci pour tes gentils passages sur mes blogs durant ma pause.

    Je voulais profiter de cette période chaleureuse pour que tu saches que je suis vraiment chanceuse de t’avoir comme ami(e).
    C’est le coeur rempli de lumière et de chaleur que je te souhaite le plus merveilleux des Noëls. Que cette journée soit riche en douceur et qu’elle t’apporte l’amour et la paix. Joyeux Noël !

    Au menu cette année
    Voici le menu 2017 :
    Cocktail de joie et bouchées surprises,
    Velouté d’amitié et tartines de santé,
    Filet d’amour à la sauce folie douce,
    Bûche d’harmonie et mignardises 100% tendresse…
    Savoure chaque seconde de cette nouvelle année !

    Que le chemin de l’année 2017 soit parsemé d’éclats de joie, de pétales de plaisir, qu’il soit éclairé par la l’étincelle de l’amour et la lueur de l’amitié.
    Bonne et heureuse année !

    Gros bisous d’amitié de mon ti rocher.

    A l’année prochaine (23 janvier).

  3. Désolée pour ce copier-coller étant en pause, je tenais à venir te souhaiter sur ton beau blog de joyeuses fêtes de Noël et te présenter mes meilleurs vœux pour 2017, tout le bonheur du monde et surtout la santé et je voulais également te dire que j’ai créé un tout nouveau blog dont je vais te mettre le lien un peu plus bas et te dire que j’arrête de mettre des articles sur mes deux autres blogs Allamanda sur Canalblog et Une Lorraine à la Réunion sur Blogger (dont je viens de désactiver les commentaires), je n’arrivais plus à suivre avec deux blogs, donc j’ai décidé d’en faire un tout nouveau et je voulais t’informer que j’ai programmé un nouvel article pour le lundi 23 janvier 2017 sur ce « bébé » blog dont voici le lien :
    http://beautirocher.canalblog.com/

    Je suis donc en pause jusqu’au 22 janvier 2017 au soir et j’espère te retrouver sur ce nouveau blog à partir du 23 janvier 2017 (pas avant car mon 1er article n’est programmé que le 23 janvier, merci de ta compréhension).
    Je profite bien de ma pause blogo, ce sont les grandes vacances ici et je pars également 8 jours en vacances après les fêtes de Noël.

    Merci pour tes gentils passages sur mes blogs durant ma pause.

    Je voulais profiter de cette période chaleureuse pour que tu saches que je suis vraiment chanceuse de t’avoir comme ami(e).
    C’est le coeur rempli de lumière et de chaleur que je te souhaite le plus merveilleux des Noëls. Que cette journée soit riche en douceur et qu’elle t’apporte l’amour et la paix. Joyeux Noël !

    Au menu cette année
    Voici le menu 2017 :
    Cocktail de joie et bouchées surprises,
    Velouté d’amitié et tartines de santé,
    Filet d’amour à la sauce folie douce,
    Bûche d’harmonie et mignardises 100% tendresse…
    Savoure chaque seconde de cette nouvelle année !

    Que le chemin de l’année 2017 soit parsemé d’éclats de joie, de pétales de plaisir, qu’il soit éclairé par la l’étincelle de l’amour et la lueur de l’amitié.
    Bonne et heureuse année !

    Gros bisous d’amitié de mon ti rocher.

    A l’année prochaine (23 janvier).

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