Le monde de l’entre-deux – 4/6 … !!!

Anne et Gaël étaient sortis de chez le notaire. Gaël donna sa clef à Anne.

Ils allèrent prendre un café au bistrot le plus proche et ouvrirent la cassette qui se trouvait dans la grande enveloppe. Il y avait bien une clef et une lettre. Les trois clefs étaient maintenant réunies.

Anne se mit à lire la lettre.
– «  Les clefs portent un numéro gravé : 1, 2 et 3. Si l’une d’entre elles ne porte pas de numéro, c’est une copie. Il est primordial que vous possédiez les originaux. » 
Anne regarda les trois clefs numérotées, son double ne servait plus à rien d’autant qu’elle ne savait plus à laquelle des clefs il correspondait. Elle reprit la lecture.
– « Rendez-vous aux Forges, près du pont des secrets, où l’oncle Léopold a vécu. C’est un lieu mythique près de Paimpont en Forêt de Brocéliande. »

Les deux jeunes gens firent le plein de la voiture et filèrent à toute vitesse sur Paimpont. « Pin-pon, pin-pon, pin-pon » …. !!!
Il leur tardait de descendre dans la cave. Les Forges tombaient en ruines. Il fallait vraiment le vouloir pour oser y entrer.
Nos deux amis descendirent dans la cave. Anne reprit la lecture de la lettre.
– « Derrière la vielle armoire normande de ton grand-père tu trouveras une porte à trois serrures. Sert toi des clefs en mettant dans l’ordre la N°1, la N°2 et la N°3. Ouvre les serrures en respectant l’ordre croissant des numéros de clefs. » 

Anne et Gaël déplacèrent l’armoire. La porte était bien là. Une porte étrange, une lourde porte en bois.
– « Brrrrrr ! On serait dans un film on l’appellerait la porte des enfers ! » Dit Gaël tout bas.
Anne engagea les trois clefs. et ouvrit la lourde porte. A l’intérieur ils découvrirent une chose incroyable, impensable, inimaginable en ce lieu. Il y avait une sorte de piscine de quatre mètres sur quatre. L’eau était d’une couleur vert transparent, une lumière illuminait le fond. Et dans ce fond il y avait escalier…

Anne reprit la lettre.
– « Ce puits donne accès à un nouveau monde. Un monde étrange et mystérieux. Un monde aux milles richesses. Voilà ton héritage ma fille. Tu peux aller trouver fortune dans ce nouveau monde. Il te suffit pour ça, endosser les tenues de plongée présentes près du bassin. Les bouteilles, une fois pleines, permettent un aller. Mais une fois de l’autre côté, fait attention au vieux roi déchu et à son monstre de frère. Je t’aime ma fille. Adieu. Ton père chéri. »

Anne et Gaël enfilèrent les combinaisons et s’engagèrent dans l’eau glacée.
Le liquide avait une étrange densité, Anne et Gaël semblaient flotter entre deux eaux, portés par un mouvement imaginaire.
D’un coup de rein ondulé, Anne remonta à la surface et fit signe à Gaël d’en faire autant. Elle s’assit au bord du bassin.
– « Fluide électromagnétique, n’est-ce pas ? »
– « Oui, polarisation de l’espace-temps en synergie : dématérialisation. »
– « Mais je n’aime pas, moi !!! Et tu voudrais que je plonge, là, comme ça sans un petit temps de réflexion et pourquoi tu n’irais pas tout seul… »
– « Parce que j’ai besoin de ta charge ionique ! »
– « Et pour en faire quoi ? »
– « T’es « chiante et archi-chiante », il faut toujours que tu changes tout en question. Tu as là, le fruit de cinquante années de recherches, et tu pinailles ! »
– « Je m’informe, c’est tout ! D’ailleurs, je ne pars pas sans les clefs… »
Elle les saisit d’un geste vif, ajusta son masque et plongea, Gaël la suivit.

Lorsqu’ils touchèrent le fond, un courant les attira vers l’escalier, puis ils suivirent un long couloir en naviguant dans un courant inconnu les entraînant dans un paysage incroyable.
Des arbres dont le feuillage ondulait au gré du courant, sous eux, de l’herbe et un sentier.

Anne fit signe à Gaël que l’endroit semblait se rétrécir au-dessus du pont, et pourtant, ils y passèrent et ce, dans un flot de lumières aveuglantes.

Finalement l’oncle Léo n’était pas si barge !! Quelle famille !!!

Pendant un moment Anne considéra les trois clefs qu’elle tenait dans une main griffue, mais avec deux doigts opposables…
L’ailleurs semblait bucolique, une forêt sous l’eau.

Espace-temps, raté de l’évolution, mythologie ou réincarnation ?
Elle toucha son visage avec une sensation inconnue, de sa bouche pointaient de grands crocs.
Elle regarda ce qu’elle pouvait apercevoir de son corps : de la laine bouclée et blanche, une collection de mamelles, des pattes postérieures musclées et longues… Elle accrocha ses clefs à une longue boucle de cette laine et demanda :
– « Ohé, Gaël, t’es par-là ?» Elle inspecta les alentours. « Suis-je seule, ici ? »
Vers l’ouest une énorme statue chevelue avec une tête humaine bougea et avança doucement.

– « C’est du délire, ici !! Les statues se déplacent maintenant, originalité de la matière… »
– « C’est moi, Anne, c’est moi !! Là, oui… »
– « Tu ne pouvais pas choisir autre chose, je t’ai toujours dit qu’il fallait que tu … »
Anne contourna la statue et y trouva une grotte.
Tout à coup la statue se transforma en un oiseau de feu.

On se serait cru dans un bestiaire du moyen-âge.
– « Me préfères-tu ainsi ? » demanda Gaël.
– « Euh… guère rassurant ! » Répondit Anne en faisant un pas en arrière.
– « Ou alors ainsi ! » 
Gaël se transforma cette fois en un gigantesque mammouth à trois pattes, une trompe et quatre défenses.
– « Non plus ! » Cria Anne en reculant de trois pas.
– « Le mieux c’est peut-être que je reprenne ma vrai forme. » Lui dit Gaël en redevenant lui-même.
– « Comment ? Comment fais-tu ça ? » Demanda Anne.
– « Penses profondément à ton apparence! » Lui répondit Gaël.
Dans la seconde qui suivi Anne redevint Anne pour sa plus grande joie.
– « Dans ce monde nous sommes polymorphes. » Lui expliqua Gaël. « Nous pouvons prendre l’apparence que nous voulons. Ne l’oublie pas car cela peut nous être utile en cas de danger. Pour changer d’apparence, il suffit de se concentrer sur la forme que l’on désire prendre. »
– « Pratique » lui répondit Anne sous l’apparence de Marilyne Monroe.

– « Arrête de jouer ! Reprends ton apparence ! »
– « Dis-moi ! Comment sais-tu tout ça Gaël ? » Demanda Anne redevenue Anne.
– « N’oublie pas que j’ai été l’assistant de ton père… » Répondit Gaël en s’engageant sur le chemin.
– « Hum ! Bizarre ! » Pensa Anne.
– « Tu sais, souvent j’ai eu l’impression que tu avais plus d’importance à ses yeux que moi, sa fille. » 
– « Une impression n’est pas vraiment la réalité, Anne. Les hommes sont souvent pudiques, question sentiment, ton père était de ceux-là… La plus belle preuve de son amour est cette connaissance du temps qu’il t’offre, tu ne crois pas ? »
– « Je ne sais pas… » 
Anne et Gaël en entrant dans la grotte se retrouvèrent à l’air libre et se débarrassèrent de leurs tenues de plongée.

Ils s’engagèrent sur un sentier sans une épaisse forêt.
En discutant machinalement, s’en s’être concertés, ils avaient pris la direction du Nord, comme si une force mystérieuse les y attirait, comme si une volonté inconnue leur avait soufflé dans le creux de l’oreille la route à suivre.

Anne s’en rendit compte la première. Elle questionna Gaël pour savoir s’il ressentait au fond de lui la même impression.
– « Gaël ? »
– « Oui ! »
– « Sais-tu où tu vas ? »
– « Vers le Nord ! »
– « Vers le nord, tiens ! Et pourquoi ? »
– « Je ne sais pas ! Comme ça ! L’instinct, c’est comme si je savais que je devais aller par-là ! »
– « C’est étrange, mais j’ai eu cette même impression moi aussi ! »
– « Que veux-tu dire Anne ? »
– « J’ai l’impression que quelque chose me pousse à aller vers le Nord. J’ai peur de ne pas pouvoir résister à cet appel. C’est comme si j’étais sous l’emprise d’un maléfice ! »
– « C’est ridicule voyons ! Nous sommes seuls, personne ne peut nous forcer à faire ce que nous ne voulons pas. »

À SUIVRE

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

31 réflexions sur « Le monde de l’entre-deux – 4/6 … !!! »

  1. Palpitant et chimérique à souhait!
    Moi qui adore les histoires avec des clefs, des serrures, des passages secrets, des mondes mystérieux, des contrées cachées sous les eaux, des créatures féeriques… je suis ravie!
    Tes personnages ont beaucoup de charme, on prend un grand plaisir à les suivre dans leurs pérégrinations et je me réjouis de les retrouver pour la suite de l’histoire
    Merci ma Zaza, gros bisous et bravo
    Bon week-end à tous les deux
    Cendrine

  2. comme une certaine chanson on peut dire « c’est un beau roman, c’est une belle histoire », mais elle n’est pas terminée, alors je te dis à demain et passe un agréable samedi

  3. Coucou ma Zaza.
    J’adore l’atmosphère, j’adore les histoires fantastiques avec des « espaces temporels  » et des clés magiques , c’est du rêve, ton histoire.
    Ça me rappelle les feuilletons de mon enfance dans les journaux où il fallait attendre l’exemplaire suivant…. dur dur parfois 😊.
    Les photos sont superbes !
    À demain.
    En attendant, ce soir c’est du rêve aussi : je vais voir et surtout écouter Francis Cabrel à Lille.
    Gros bisous et merci pour l’aventure.
    Francine.

  4. Excellent je continue à me régaler . Polarisation de l’espace temps en synergie et dématérialisation il fallait y penser , remarque en forêt de Brocéliande tout peut arriver .
    Je suis en train de penser que ça peut être tres pratique de se transformer à la manière de Merlin en ce à quoi on pense .
    Bonne journée et merci pour tes billets fantastiques
    Bisous

  5. Coucou Zaza, oh quelle histoire captivante et plus je lisais plus je me voyais nager dans cette eau limpide et translucide, un peu comme ma vert émeraude de st Malo. J’aime ce genre d’histoire avec les clefs magiques, disons que mon mari est friand de ce genre d’endroits mais sur terre, sous l’eau pas soulot hein ? lol ! il n’irait pas, je me sacrifierai donc pour trouver ce fameux chemin puisse t-il m’emmener loin dans mes rêves.
    Il fait très beau encore ce jour mais le monde afflue de par les vacances qui débutent et la fameuse course de la Route du Rhum st Malo-Guadeloupe en bateaux. Alors dur dur pour se frayer un chemin en voiture, à pied, en bateau… Tout est bien sécurisé mais pour nous de trop. On fera avec pas le choix mais c’est stressant, un peu comme toi sur l’île quand les touristes prennent d’assaut ce merveilleux endroit.
    Je te souhaite un bon week-end, à bientôt bisous

  6. Ah! ah! ah! nos deux lascars, qui peuvent changer de forme comme de chemise, chic! si je pouvais faire pareil; vont droit vers…. On le saura demain, non? Bisous ma douce. Captivante ton histoire.

  7. Bonjour Zaza.
    C’est encore une belle journée qui s’annonce et c’est avec elle que je te souhaite un bon Dimanche.
    Bisous de nous deux.

  8. Changer de forme par la pensée…. Dis-moi vite comment on fait !!! J’y cours, j’y vole…. j’y nage … quoique là, je suis moins chaude… qqs probs avec l’eau…
    Captivant..
    Je continue pour la suite !
    Bisous

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