Le monde de l’entre-deux – 5/6 … !!!

A peine Gaël venait-il de finir sa phrase qu’un farfadet et deux fées avaient jailli des sous-bois pour les entourer.


Ils s’agrippèrent violemment à eux, les forcèrent à s’allonger par terre, la face contre le sol.

Ils les attachèrent solidement et les portèrent à l’aide de troncs d’arbres prélevés dans une coupe sur lesquels ils les avaient ligotés.
Malgré leur très frêle aspect, ils étaient dotés d’une force exceptionnelle. Le farfadet arriva sans problème à porter seul, Anne, ligotée la tête en bas.
Les deux fées empoignèrent le tronc sur lequel se trouvait ficelé Gaël, la tête face contre terre également.
Elles suivaient allègrement leur compagnon farfadet. Ils prirent la direction du Nord.
– « Tu disais ? » Lança Anne, la tête en bas, en s’adressant à Gaël.
– « Euh… ce que je disais ???… euh… qu’importe !

Le principal c’est que nous continuions à cheminer vers le Nord !! Ces petits êtres nous font prendre le Nord sans que nous le perdions !
Tout va bien ! Hé, Hé, Hé !! »
– « Et tout ça, ça te fait rire ??!!!
Je me demande vraiment ce qui peut te déstabiliser, toi !!

On est là, saucissonnés sur des troncs, kidnappés, emportés, on ne sait où, par des fées et farfadet à la force surdimensionnée, des petits êtres de la forêt qui baragouinent une langue incompréhensible et avec qui on ne peut même pas communiquer et toi, t’es écroulé de rire !
Mais moi, Gaël, je suis morte de trouille !!
Où nous emmènent-ils ???!!!! »
– «  Chut! Calme-toi ! Fais confiance à mon instinct: il ne nous arrivera rien de bien terrible !

Positive !
Tu te rends compte de la chance que tu as de vivre une aventure pareille ???!!! On se croirait dans un rêve ! »
– « Pfft ! Ton instinct, parlons-en !

Quant à ton rêve, j’ai l’impression de vivre un cauchemar, oui !!! »

Ils cheminaient, bringuebalés et toujours ficelés comme du gibier prêt à rôtir, au travers une épaisse forêt d’arbres géants, dont on ne pouvait pas même apercevoir la cime.

Les branches noueuses des arbres étaient torturées et ressemblaient aux membres décharnés de quelques spectres égarés dans une nuit d’outre-tombe…
Les racines sortaient de terre en d’énormes monticules enchevêtrés. Elles semblaient grouiller comme de hideux serpents lovés, entrelacés en un tas répugnant.
Anne avait beau se tordre le cou pour apercevoir un coin de ciel, elle ne voyait que racines, branches et troncs à l’allure effroyable !
– « Gaaaëëëllllll !!!! J’ai peur !!!!

C’est sinistre ici ! Je n’ai jamais vu une forêt pareille ! Ces arbres… on dirait des fantômes !!! »
– « C’est beau, non ? On dirait un tableau surréaliste !

Oh ! Regarde… nous arrivons près d’une grotte, enfin une grotte et qui n’est pas creusée dans le roc ! Une grotte dans le tronc d’un arbre énoooooorme ! Jamais vu ça !… »
Les porteurs les laissèrent choir sur le sol sans beaucoup de ménagement, juste à l’entrée de la grotte…

– «  Notre folle équipée semble s’arrêter là, ma petite Anne !!… »
– « Du balai !! » Crièrent l’une des fées et le farfadet en les jetant dans le tronc de l’arbre !! « Allez ouste ! »
– « Être une particule…, juste une particule… » Pensa Anne, « Être le si -Rien du Tout-. »
Fées et farfadet avaient disparus comme ils étaient venus.

Après un long silence inquiétant, un pas lourd se fit entendre, raisonnant dans toute la grotte taillée dans ce tronc d’arbre aux dimensions titanesques.
Le pas se faisait de plus en plus lourd, de plus en plus présent.
Anne n’était guère rassurée, une coulée de sueur lui inonda sa colonne vertébrale, malgré sa position plus qu’inconfortable ses genoux se mirent à s’entrechoquer.
Sa peur était telle qu’elle était sûre maintenant qu’elle n’allait pas pouvoir s’empêcher de faire « pipi » dans sa culotte.
Elle jeta un œil en direction de Gaël. Le visage de ce dernier n’était pas fait pour la réconforter d’avantage. Le pas se rapprochait encore, son bruit raisonnait dans sa tête. Il lui semblait qu’on martelait ses tempes. Elle n’était pourtant pas au bout de ses surprises. Soudain, une voix se fit entendre dans la cavité.
– « Ah quand même ! Vous voilà ! Je commençais à désespérer ! »
– « Vous m’aviez bien dit de ne rien lui dire ! » Répondit Gaël.

– « Toi ! » Fit Anne. « Mais ????? Ce n’est pas possible ????? Tu… tu es mort !!!!!! »
– « Ai-je vraiment l’air d’un mort ? »
– «  Papa !!!! »
Anne ferma les yeux. Pourquoi ne suis-je pas une particule ? Mon père est mort, je l’ai vu mort, froid et raide comme un cierge éteint. Elle ferma les yeux, encore plus fort, pour se concentrer sur l’image de ce corps.
– « Tu es dans le monde de l’entre-deux, ma fille. »
– « Le monde de l’entre-deux ? » Répéta Anne interrogative.
– «  Ce n’est ni le paradis, ni le purgatoire, ni l’enfer. Ce n’est que l’attente. Oui, juste l’attente. »
– « L’attente ? Mais l’attente de quoi ? »
– « Ça, si je le savais ma fille je ne serais sans doute plus dans l’attente. A vrai dire, je comptais bien sur toi pour m’aider. »
– « En parlant d’aide, tu ne pourrais pas nous ôter nos liens à Gaël et à moi tant que tu es là. »
– « Non! »
– « Comment ça non ! »
– « Tu peux me voir, tu peux m’entendre, mais en réalité je ne suis qu’un ectoplasme. Tu ne peux me toucher et je ne peux saisir aucune chose. »
Gaël ne disait rien, mais ne quittait pas des yeux le père d’Anne. Cette dernière croisa son regard.
– « Au fait Gaël ! Tu n’as pas l’air très surpris de rencontrer le fantôme de mon père. »
– « Euh… dans ce monde, rien ne me surprend vraiment tu sais. »
– « Moi je crois surtout que tu sais tout depuis le début, que tu m’as attirée ici comme dans un piège. La toile était bien tissée. Je ne risquais pas de m’en échapper. »
Gaël ne savait plus quoi répondre.
– « C’est cela, n’est-ce pas ! Pas de problème Gaël, nous réglerons cela plus tard, tu peux me croire ! »
Anne planta à nouveau ses yeux dans ceux de l’ectoplasme.
– « Mon père ne m’a pas habitué à ce type de discours; toute sa vie il fut un scientifique et même s’il respecta les religions dans ce qu’elles peuvent avoir de respectables, les propos que vous venez de tenir sur « l’entre-deux » ne peuvent pas être de mon géniteur. Je le connais doublement, pour l’avoir eu comme modèle et parce que je suis issue de « LUI ».
L’ectoplasme fondit quelque peu, et commença à s’effacer tout doucement.
Anne regarda Gaël et demanda :
– « Cela ne s’est pas déroulé comme mon père le prévoyait pour nous deux, n’est-ce pas ? »
– « … Oui, enfin, pfft, bon, heu… »
– « C’est très clair ! Écoute, je veux être, l’espace d’un instant, la particule de mon essence. »
– « Non, c’est trop dangereux… »
– « Tu fais « chier », Gaël ! »
– « Je sais que je « t’emmerde » mais je dois veiller sur toi…, c’est indispensable. »
– « Pourquoi ? Parce que tu ne peux pas revenir sans moi, c’est ça, hein ? »
– « Pas que ça… En fait, Anne… ton père est un savant. Un savant ça fait des expériences. Les résultats restent aléatoires. Les mystères de la mort l’ont toujours intéressé ! Il a toujours été persuadé que l’on pouvait être plus fort que la mort !… Alors, il a tenté quelque chose ! Il est mort, sans être vraiment mort ! Euh, c’est un peu compliqué, hein ?! »
– «  Compliqué ??? C’est surtout n’importe quoi, oui ! Il n’est pas tout à fait mort, mais pas tout à fait vivant non plus !!! Pfft !

Regarde ! Il ne peut même pas me prendre dans ses bras ! C’est, c’est un ectoplasme !
A quoi ça rime tout ça, hein ?! On est bien avancé ! Et nous, maintenant, on est censés faire quoi ?? »  
– « Nous sommes censés faire quoi ? Réfléchir ? »

LA FIN POUR DEMAIN …

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

28 réflexions sur « Le monde de l’entre-deux – 5/6 … !!! »

  1. Quelle aventure! Ficelés comme des rôtis tes personnages et emportés dans le monde dans l’Entre-Deux, j’adore!
    Une telle rencontre avec des êtres de la forêt est des plus fascinantes et les relations entre Anne et Gaël sont pleines de peps! Leurs prises de becs sont trop rigolotes, bravo ma Zaza pour ce récit haut en couleurs qui sont réjouit chaque jour…
    Repose toi bien surtout, je suis désolée de ce que tu as ressenti en faisant le lit, je pense à toi et j’espère que ça va aller
    Gros bisous et plein de jolies pensées pour toi et ton cher et tendre
    Cendrine

  2. Le monde de l’entre deux ! il y a de quoi flipper, je trouve qu’Anne a beaucoup de sang froid!! J’ai bien fait d’ouvrir l’ordi, je reviens demain.
    Bonne journée, bises

  3. Coucou ma Zaza.
    J’espère pouvoir lire demain la fin de cette aventure qui pose pas mal de vraies questions également.
    Mes « loulous » arrivent ici pour les vacances.
    Si je n’écris pas pendant un moment ne te fais pas de soucis néanmoins avec mon portable, je suis joignable …
    Gros bisous et tiens bon la barre et le cap 💙💙.

  4. J’adore ces histoires vivement demain ,
    Hier délicieuse journée passée avec un couple de copinautes, de passage , un soleil magnifique pour visiter coins et recoins de Ceret, déjeuner en terrasse, puis assister à un concert en Catalan ( avec quelque standards français que nous avons repris en chœur ),on a bien rigolé , puis nous avons repris la visite et la journée est passée trop vite !!! Bon lundi bisous ZAZA

  5. Pouvoir parler aux morts, qui n’en a pas rêvé ? Ils ont de la chance . C’est un monde étrange mais je pense qu’ils vont s’en sortir car elle a les pieds sur tette cette fille .
    J’ai été lire les épisodes précédents pour suivre leurs aventures .
    BIsous

  6. Je crois que je claquerais des dents aussi si une telle aventure m’arrivait mais quel plaisir de retrouver ses disparus dans le monde de l’entre – deux , j’ai hâte de connaitre la dernière étape
    Bonne journée
    Bisous

  7. Oh Zaza j’adore ton récit, c’est palpitant, la suite demain vite, le suspens est entier. Bravo Bisous et bon après-midi MTH

  8. C’est un monde à dormir debout ton truc… Aïe je ne sais pas si j’aurai gardé mon sang froid, moi. Ouf! Qu’est-ce que tu nous réserve pour demain? Gros bisous, ma Zaza et bel après-midi

  9. Je n’aurai pas aimé rencontrer l’ectoplasme de mon père! BRRR! J’attends la fin avec impatience car je sais que ton imagination est intarissable…
    Bises et belle après midi

  10. que d’émotions- je serais morte de peur—
    mais non nos deux jeunes vivent ça assez bien—
    tu parles d’une aventure !!
    affaire à suivre— je vais patienter-
    bisous du lundi-

  11. Décidément, j’ai tant de retard qu’il faudra que je relise le tout.
    J’avoue être un peu perdue et surprise de ce rebondissement.

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