Le troisième œil – 1/8 … !!!

La vie est-elle toujours un long fleuve tranquille ?  Elle nous réserve quelques fois de sacrées surprises !

Quand cela arrivent, beaucoup de personnes se disent :  

  • C’est le hasard, juste une pure coïncidence.
  • D’autres s’imaginent avoir rêvé ou cauchemardé.
  • Certains vont jusqu’à penser qu’ils se racontent des histoires.
  • J’ai même parfois entendu des gens prétendre qu’ils avaient eu un grain de folie, un moment d’égarement.
  • Et puis, et puis vous avez les inconditionnels du tout écrit qui vous lancent en pleine figure un : « C’est le destin, on n’y peut rien ».
  • Sans compter les mystiques qui ne peuvent rien vivre sans y voir l’intervention d’une main divine.
  • Seulement moi, aujourd’hui, je sais !

Je sais que rien n’arrive par hasard et que rien n’est écrit d’avance.
Je sais que les coïncidences n’existent pas et que nos rêves ne sont pas que des histoires.
Aujourd’hui, je sais …
Et ce que je sais, je vais vous le raconter, si toutefois, on me laisse suffisamment de temps pour écrire la fin de mon histoire. 

Pour tout vous avouer, tout a commencé alors que je faisais de l’auto-stop sur une petite route sèche et aride croisant la célèbre route 66 dans l’Arizona.

L’Arizona … vaste contrée à perte de vue, sous une chaleur implacable !
Sur cette petite route déserte, j’attendais, bien chaussé, sac au dos accroché aux épaules, l’éventuelle arrivée d’un truck qui déboucherait, selon la légende, dans un grand nuage de poussière et de bruit !
Vous savez, l’un de ces camions mythiques qui sillonnent les routes américaines ! Rien de mieux pour visiter le pays en auto-stop … ! Et puis côté « typique », il paraît que ça vaut le coup. Les conducteurs de trucks étant réputés pour être des routiers très, très sympas, ils n’hésitent pas à s’arrêter pour prendre les voyageurs sur la route !
Tout résidait dans ma patience, car cette route n’avait pas la réputation d’être très fréquentée. Il passait environ UN camion par heure !

Je n’étais nullement pressé, et m’étais assis sur mon sac, scrutant l’horizon. Je buvais la gorgée d’eau tiède qui restait au fond de ma gourde, quand j’entendis un bruit d’enfer qui venait de l’Est, puis un nuage de poussière …
Sans nul doute, là-bas, se dessinait l’ébauche d’un de ces trucks légendaires !
Je me remis debout, bien campé sur mes jambes, et j’agitais les bras dans tous les sens à l’image d’un sémaphore !

Un énorme monstre d’acier, d’un rouge rutilant sous le soleil brusquement ! Savamment décoré de mille couleurs, c’était à coup sûr, la Rolls des trucks ! Une « dream machine » soufflait, éjectant ses gaz puants d’échappement, sous le nez !
Le camion mythique de mes rêves d’enfant, admiré dans tous les albums et qui avaient sillonné tous mes films américains préférés, se tenait là, devant mes yeux !

Une bien belle bête … puissante et sublime !

Ébahi, j’attrapais mon sac à l’arraché et bondis dans l’habitacle qui s’ouvrait à moi si chaleureusement !
– « Hi ! »

Je levais la tête, hilare, pour répondre à la voix amicale qui m’accueillait dans son antre.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, non pas l’un de ces routiers baraqués et tatoués… mais UNE
« woman driving trucking » au sourire « Hollywood-chewing-gum » !!

– « Hi, boy ! welcome for a paradise tour ! »
Et elle m’offrit, en signe de bienvenue, une bourrade d’une telle force qu’elle m’envoya valdinguer, sans ménagement, contre la portière refermée.

A peine remis de ma surprise et du choc violent, le truck s’arrachait déjà de la chaussée surchauffée dans un bruit tonitruant qui me força à crier pour répondre à mon interlocutrice.
Cette
« woman driving trucking » se mit à me faire la conversation.
– « D’où viens-tu comme ça ? »
– « Cedar City ! »
– « Jamais entendu parler ! »
– « C’est dans l’Utah ! »
– « Ah, tu m’en diras tant ! »
– « Tout de même, 29.000 habitants ! »
– « Il n’doit pas s’y passer grand-chose ! »
– « William Shakespeare avait une maison extravagante à Cedar City. Un festival shakespearien s’y déroule chaque été. Les visiteurs affluent de tous les coins de participer à cet événement spectaculaire ! »
– « Ah bon ! Et tu vas où comme ça ? »
– « Je n’sais pas, j’ai fait un rêve l’autre nuit ! »
– « Un rêve ? »
– « Oui et… tenez-vous bien, vous y étiez dans mon rêve. »
– « Moi ? Pas possible ! » Me dit-elle en donnant un coup de volant qui faillit nous faire valser dans le décor.
– « Si ! J’vous assure ! C’était bien vous ! Il faisait encore jour, et au-dessus de vous, il y avait une enseigne qui indiquait deux mots : ARIZONA DREAM. »

– « Pas possible ! » Me dit-elle en donnant un second coup de volant.
Cette fois-ci, nous étions bien dans le décor. Plus de peur que de mal, en définitive, mais impossible d’imaginer remettre, à deux, l’énorme machine en état de marche !

Nous n’avions plus qu’à espérer le passage éventuel d’un camion qui accepterait de remorquer le truck afin de le sortir de sa fâcheuse position. Après avoir constaté les dégâts, nous décidâmes d’attendre, assis dans l’habitacle surchauffé.

– « Arizona Dream, dis-tu ??!! »

Malgré les émotions, Peg, puisque tel était son prénom, n’avait nullement perdu le fil de notre discussion.

– « Arizona Dream, comme c’est étrange ! C’est l’enseigne du motel où je travaillais, il y a deux ans.
Tu connais ce motel pour y avoir déjà été, n’est-ce pas ? Cette enseigne ne t’est pas apparue en rêve, comme tu sembles vouloir me le faire croire. Ce n’est pas un hasard si tu l’évoques devant moi. Tu voulais me tester, eh bien tu es servi ! On a atterri dans le décor par ta faute ! »
Peg me regardait d’un œil noir, cherchant une réponse prompte et précise. Ses joues étaient écarlates, et de grosses gouttes de sueur dégoulinaient le long de son visage. L’air dans la cabine était irrespirable. On se serait cru dans une véritable fournaise !

– « Alors, p’titgars, sache qu’à moi, on n’la fait pas ! Que me-veux-tu ? Que cherches-tu à savoir et qui
t’envoie ?! Dépêche-toi d’en venir aux faits ! Presto ! »
Elle avait pris un air menaçant qui ne me disait rien qui vaille !
Je devais avoir l’air ahuri, et je réfléchissais à toute vitesse à ce que je pourrais répondre de cohérent, sachant que, de toute façon, elle n’en croirait pas un mot…
En même temps, inutile de vous dire, que vue sa corpulence imposante par rapport à la mienne toute frêle, je n’en menais pas large, sachant que, perdu sur une route déserte de l’Arizona, personne ne viendrait à mon secours, si les choses venaient à dégénérer !

– « Bordel ! Mais je n’ai rien à voir avec l’histoire qui s’est
passée là-bas ! Qu’on me foute la paix à la fin !! » Maugréa mon interlocutrice, en agitant sous mon nez, les battoirs qui lui servaient de mains.
– « L’histoire ? Quelle histoire? » Avais-je répondu machinalement.

– « Houai c’est ça ! Fait l’malin ! J’te vois venir de loin ! T’es encore un d’ces foutus « fouille merde » du F.B.I. ! Pas mal le coup du stop ! Pour un peu je m’y serais laissé prendre ! Mais quand est-ce que vous allez me foutre la paix à la fin ! »

– « Mais, je vous assure madame, je ne suis pas du F.B.I. ! J’ai juste fait un rêve. »

– « Hé, dis donc ! Arrête un peu ton p’tit jeu ou je t’en colle une. C’est pas parce que j’suis blonde et que je conduis un camion que je n’ai rien dans la caboche ! »

Peg s’énervait de plus en plus, je me suis résolu à rentrer dans son jeu. La curiosité me tenaillait. J’étais désireux d’en apprendre un peu plus !
Aujourd’hui, j’ai un peu honte de ce moment, je l’avoue ! Je me suis mis à mentir comme un arracheur de dents pour lui faire cracher le morceau.
– « Ok ! Ok ! Ça va ! Vous m’avez percé à jour ! Agent spécial James Carson ! Mes collègues m’avaient pourtant bien dit que vous étiez une coriace! » Improvisai-je pour paraître plus crédible …
– « Ah bon ? Tes collègues t’ont dit ça ! » Reprit Peg l’air déçue.

Je compris à cette petite voix soudaine, que sous cette gigantesque poitrine, se trouvait un tout petit cœur de femme qui était bien triste à l’idée de penser que beaucoup pouvaient croire plus robuste qu’un bulldozer.

– « Mais oui ! Ils sont persuadés que vous en savez beaucoup plus sur toute cette mystérieuse affaire mais que pour une raison inconnue, vous vous refusez à tout nous révéler. »
– « Mais je t’assure pourtant que j’ai dit toute la vérité. Je n’en sais pas plus. »
– « Je ne voudrais pas vous ennuyer mais … »
– « Dis donc … ! »
– « Non, non, je comprends très bien, Vous avez déjà été suffisamment dans l’embarras comme ça ! Allez ! Ne vous faites pas prier ! »
– « Bon d’accord ! Puisque tu insistes ! »


À SUIVRE

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

31 réflexions sur « Le troisième œil – 1/8 … !!! »

  1. Excellente cette rencontre entre Peg, la woman driving au sacré caractère et le « p’tit gars »…
    Moi non plus, comme Jill, je n’ai jamais fait de stop… Pas eu l’occasion et je crois que je me serais imaginé le pire! Moi qui pense toujours aux histoires de psychopathes et qui suis fan de films d’horreur, lol!!!
    Tu m’as alléchée d’entrée de jeu, je vais revenir lire la suite dès qu’elle vrombira sur ton blog
    Un grand merci ma Zaza pour ce récit plein de peps et très bien écrit
    Gros bisous et une belle journée
    Cendrine

  2. Lorsque j’étais jeune je voyageais en stop avec deux copines , intrépides nous l’étions
    Si c’était à refaire et à la même époque ce serait idem…
    Mais de nos jours il y a blabla car… et c’est payant hihi
    Merci pour ton histoire

  3. Bon je viens à peine de sauter de « L’entre-deux » que me voilà propulsée su la mytique route 66
    Alors que je crois à un banal récit de stop … un petit mec une super nana …
    Et bien vous me croirez si vous voulez mais la Zaza à le don de nous embarquer dans une de ces histoires qui dès la première accroche ne vous lachera plus. Alors autant se laisser porter …
    A suivre ~~~~~tu m’étonnes
    Bisous

  4. super Zaza nous amène sur la route 66, je l’ai croisé plusieurs fois ,j’ai roulé dessus, mais je n’ai jamais fait du stop, perdu dans cet immensité, il faut du courage pour faire du stop, ton histoire est bien engagée, bravo c’est deja le suspense, j’attends la suite avec impatience, bisous

  5. belle balade au bord d’ une route en Amérique
    je n ai pas non plus fait de stop

    ( bien ton image sur la route du rhum , j econnait bien trois engagés
    pas de chance pour l ‘un ( Armel ) qui à fait hier soir escale forcée à Roscoff
    les deux autres marchent bien , sur leurs monstres des mers
    çà vat de plus en plus vite ……
    la pluie est sur nous mais il fait doux ..

    ( j ai vu sur TBO hier soir un reportage sur l ‘ile j ai bien aimé )

    kénavo ZAZA
    BISES

  6. Bonjour Zaza, je n’ai jamais fait de stop de ma vie, trop trouillarde, moi, je crois au destin, le hasard n’existe pas pour moi. J’ai aimé ce beau texte. Bisous MTH

  7. … et nous voici partie pour de nouvelles aventures, j’attends la suite..vite..vite!
    Bises du jour
    Mireille du sablon

  8. Zaza elle a besoin d’un coup de main ? Parce qu’un voyage dans un tel engin sur les route des US moi ça me botte…mais après qu’il soit en état de rouler a nouveau OK….pense-y si jamais je l’aide volontiers ton ami du FBI, qui n’en est pas. Bisous

  9. Et voilà, on repart à grand renfort de klaxon. Jamais de la vie je ne serai monté dans ce camion, moi, même avec une nana. Je crains le pire avec ton histoire. Bisous du soir, ma Zaza

  10. Waouuh ! c’est reparti dans les histoires à suspens…. ça tombe bien, on en redemandait…. :) :) :)
    Avec un beau camion, une chauffeuse charpentée et un gringalet….
    En route pour où ?
    Bisous

  11. mais ou zaza trouve t’elle ces inspirations 🤣javoue navoir jamais fait de stop pour autant que je me souvienne maintenant c’est plus simple on a blabla car si on a besoin 😘as tu passe ton examen j’espère que tout va bien… je suis encore avec la douleur sans rien pouvoir faire mais j’arrive à marcher de la chambre au salon un progrès… bisous bonne soiree

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