L’histoire de Marion du Faouët – 2/2 … !!!

Marion n’amasse rien, le produit de ses rapines est dilapidé au jour le jour.

rapine

Au demeurant, la maréchaussée n’est guère pressée de se mettre en travers de son chemin. La belle a plus d’un tour dans son sac. Si les représentants de l’ordre sont personnellement à l’abri de ses représailles, du moins ont-ils tout à craindre  pour les plaignants.

Un malheur est si vite arrivé par les temps qui courent. Hélas pour Marion toute chose a une fin. A peine a-t-elle touché la trentaine que déjà le vent commence à tourner.

Arrêtée avec quatre de ses complices, elle comparaît devant les juges d’Hennebont qui la condamnent à être fouettée et marquée au fer rouge.

La sentence sera exécutée à Rennes sur la place publique en 1746. Après quoi, elle recouvre la liberté.

Encore s’agit-il d’une liberté relative puisque assortie d’une interdiction de séjour dans son pays. En prenant un bain dans l’étang de Priziac proche de chez elle.

Étang de Priziacétang de Piziac

Marion fit la connaissance d’un certain Henri Pezron, dit Hangiven, qui devint le favori de son équipe.

Ils scellèrent leur pacte d’union en mélangeant leurs sangs devant la chapelle Saint-Fiacre un jour de pardon.

chapelle St Fiacre Le Faouët

Mais la brigande n’en a cure. Elle détient d’une bohémienne des pouvoirs surnaturels. Bravant l’interdit, elle retourne donc au Faouët, comme si de rien n’était.

Erreur fatale !

Car si elle peut toujours compter sur la fidélité de ses compagnons, en haut lieu ses protecteurs, soucieux de leur avenir, vont désormais lui tourner le dos. Se sentant suivie, enceinte une deuxième fois elle se réfugie dans une maison d’Auray un soir de juin 1748. Informée de sa présence, la maréchaussée la surprend en compagnie de sa fille et d’une autre jeune femme.

Transportée dans une auberge voisine, on découvre sur elle huit écus de six livres de provenance douteuse. Un seul lui est laissé et elle accouche dans la nuit.

Écrouée à Vannes le lendemain, elle saura toutefois trouver devant ses juges les mots qu’il faut pour être aussitôt libérée.

Quatre nouvelles années vont s’écouler avant qu’elle ne retourne en prison. A Carhaix d’abord, à Quimper ensuite.

Mais ce bel oiseau n’est pas du genre à vivre en cage.

Marion en prison

Elle s’en évade avec un de ses comparses, dans la nuit du 9 au 10 septembre 1752, après avoir scié les barreaux de sa cellule. Puis elle repart à l’aventure. Cependant l’ombre du bras séculier de la Justice plane sur elle.

Marion se cache à Saint-Thois, Laz, Châteauneuf-du-Faou. Finalement elle est arrêtée à Nantes comme vagabonde.

C’est le commencement de la fin.

Transférée à Quimper, la Finefont réintègre le cachot de la rue Obscure.

Prison de QUIMPERPRISON DE QUIMPER

Une sorte de caveau aménagé dans le sous-sol d’une prison construite à l’angle de la rue Verdelet.

17 mai 1755, Marion n’a plus que quelques heures à vivre.

Interrogée et soumise à la question par le sénéchal de Silguy dans la Chambre criminelle située au premier étage de la prison, elle nie tous les faits qui lui sont reprochés. Une bonne vingtaine au total, sans compter ceux dont le magistrat n’a pas connaissance.

Dès lors, la sentence est inévitable.

Marie Tromel est condamnée à être pendue et étranglée jusqu’à ce que mort s’ensuive. On la fait monter dans une charrette pour la conduire aux lieux du supplice, place Saint Corentin à Quimper.

charrette

Il est six heures du soir. La foule se presse pour la voir. Elle est en chemise et porte trois cordes autour du cou. Aucun signe de compassion sur tous ces regards qui la dévisagent. Puis, la potence se dresse devant elle. Le bourreau est là qui attend, un nommé Jacques Gloaêr. Marion descend de la charrette. Une cloche tinte au couvent voisin. Un frère Cordelier se précipite, crucifix à la main, pour l’exhorter à la prière. Elle ne l’entend pas.

A-t-elle au moins quelque chose à dire ? Oui ! Elle se repent publiquement.

Tout est consommé ! Ne reste plus qu’un corps pantelant qui se balance entre ciel et terre.

Celui de Marion du Faouët. Elle venait d’avoir trente huit ans.

Le sort de ses complices. Deux membres de sa bande, exécutés à Vannes en mai 1748, furent pendus et laissés pourrir à un carrefour de l’ancienne route royale qui reliait Quimperlé à Gourin, à quelques centaines de mètres au nord du village de Saint-Urlo, en Lanvénegen. La plupart des autres membres de sa bande continuèrent leurs larcins pendant plusieurs années avant d’être finalement arrêtés à leur tour. Le plus connu Guillaume Hémery en 1763 et les autres, dont plusieurs membres de sa famille (Joseph Tromel, Guilaume Tromel, …) les années suivantes et emprisonnés à Château-Neuf-du-Faou. Guillaume Hémery y fut jugé par la sénéchaussée locale, torturé (soumis à la question ordinaire et extraordinaire) et exécuté le 7 décembre 1763 en subissant le supplice de la roue devant l’église de Châteauneuf-du-Faou. D’autres membres furent jugés à Rennes en 1765 et exécutés dans cette même ville, d’autres condamnés aux galères à vie ou pour une longue période.

Cette histoire a été chantée par Try Yann et mar Martine et Serge RIVES.

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

22 réflexions sur « L’histoire de Marion du Faouët – 2/2 … !!! »

  1. Impressionnant personnage!
    Elle a vécu sa vie jusqu’au bout, à fond, sans rien lâcher!
    Une héroïne picaresque, une femme au sacré tempérament, avec du feu dans les veines…
    Je me suis régalée de la suite de ses aventures, bien dommage pour sa fin…
    Gros bisous ma Zaza en espérant que vous alliez tous bien
    Cendrine

  2. c’était son destin, ça devait finir comme ça ! une héroine chantée en Bretagne, une fille haute en couleurs, mais qui n’avait pas pris le bon chemin !! merci Zaza pour cette histoire, bonne journée bises

  3. Coucou Zaza,
    Merci beaucoup pour cette suite que j’ai beaucoup aimé, mais dont la fin est bien triste
    Douce journée avec du soleil pour l’instant
    Bisous

  4. HOOOOOOOOOOOOOOO pauvrette , mais elle n’a eut que ce qu’elle méritait finalement , il est sûr que maintenant elle ne serait pas pendue et peut-être que même elle ne serait même pas en prison , mais c’était une sacré bonne femme ha ha ha .

    Bon mardi à toi ma Zaza , j’aime bien tes histoires bretonnes et même les chants ici on en entend pas beaucoup de chants provençaux , dommage .

    Gros bisous marseillais sous le soleil , qui à l’air de durer malgré les petits moutons présents dans le ciel .
    Renée (mamiekéké).

    https://i.pinimg.com/564x/a4/90/89/a49089a45a7854105b09a4b10d26bc23.jpg

  5. Terrible histoire !
    Moi, je plains ses enfants.
    Merci en tout cas pour cette page Zaza.
    Bises et douce journée

  6. Terrible fin que ce soit pour elle ou pour les autres membres de sa bande . Je me suis toujours demandée comment on pouvait trouver du plaisir à assister à des exécutions capitales , les comportements des homes sont vraiment insondables .
    Merci pour les vidéos je ne connaissais pas la mise en musique de cette histoire
    Bon mardi
    Bisous

  7. Je viens de lire et donc de découvrir une histoire très intéressante : merci beaucoup pour cet agréable partage. Mais je dois ajouter que malade je suis en ce moment, je soigne mon angine ! De plus, je regarde le ciel nuageux et je vois tomber la pluie un peu tous les jours ! Passe une bonne soirée … Cordiales amitiés & à +

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