NID DES MOTS de janvier 2019 … !!!

Atelier d’Annick nous propose comme thème : « Vie, Amour, Mort ».

J’ai tout de suite pensé à ce poème de Paul
Éluard.

La mort, l’amour, la vie !

J’ai cru pouvoir briser la profondeur l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison
absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vitre ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du vœu de vivre qui s’annule.

Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoile
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
Là vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.

Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une boule énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes

Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.

Paul Éluard

Ce poème nous présente une conception toute faite et trop souvent utilisée du sentiment amoureux et de la femme, conception qui relève d’une idéalisation.  
En trois étapes, sur trois strophes, il nous décrit comment il a retrouvé goût à la vie après le deuil de Nusch, sa seconde épouse.

Éluard cherche à nous démontrer que l’absence d’amour est synonyme de mort et que l’amour c’est la beauté, la fraternité du monde. L’amour qu’il nous décrit est fortement idéalisé, grand, fort, beau, il doit être bien difficile à trouver. Le poète nous chante un amour que chacun rêve de connaître et qui correspond à l’image que nous nous faisons de la relation amoureuse avant de la confronter à la réalité. Cet amour utopique risque cependant de mener au désenchantement et à la désillusion, comme l’a connu Éluard avec Gala lorsqu’elle le quitta pour Salvador Dali. L’amour reste donc pour Éluard, comme pour tous les amoureux du monde, un phénomène complexe et bien mystérieux fait d’admiration, et d’une foule de petites choses….

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

19 réflexions sur « NID DES MOTS de janvier 2019 … !!! »

  1. Un seul être vous manque etc… un veuvage, une rupture et on se perd entre vivre et mourir alors… le vide qui vous dévore, le manque d’affection, ce besoin inné, merci Zaza, bises

  2. Amour… Energie matricielle, intense au pure, comme de la lave en fusion dans le coeur minéral de notre terre…
    Un choix magnifique, un poète qui représente beaucoup pour moi
    Je t’embrasse bien affectueusement ma Zaza
    Cendrine

  3. Voilà un poème de Paul Eluard que je ne connaissais pas et que j’aurais eu beaucoup de difficulté à commenter si je l’avais eu en devoir de français !!! Excellent choix. Mais l’amour se limite-t-il au sentiment amoureux entre deux humains ? bises et belle fin de semaine

  4. Je ne connaissais pas ce poème… merci pour la découverte et pour les mots explicatifs.
    Que de blessures quand on aime ! Mais que de joies aussi…
    Bisous et douce journée Zaza.

  5. j’aimerai bien un jour rencontrer une de ces sculptures…..mais comme beaucoup je ne les trouver pas toutes à mon goûts…..je te souhaite un agréable dimanche, ici ce sera sous la neige, car ce matin elle tombe avec ferveur…

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