Le syndrome de la page blanche … !!! – 1/3

Le libraire qui devint écrivain !

Première partie

Chaque matin, quand il ouvrait les volets, son regard se portait là-bas, au fond de l’air du quartier Saint Germain de Rennes.

Son regard balayait les cultures endormies qui s’étalaient plus bas, jusqu’au lit de la Vilaine. Les feuilles des chênes frissonnaient sur la place Saint Germain.

Le vent du matin courait dans les branches. Les premiers rayons de soleil illuminaient la ville, nichée à l’est de la Bretagne et à la confluence de l’Ille et de la Vilaine. L’église, qui lançait son clocher dans les hauteurs du ciel, comptait les heures qui s’installaient au point du jour. Il détourna son regard et ferma la fenêtre. Il était tôt, il faisait frais, en ce matin de fin de printemps. Il avala son café chaud, debout derrière la baie vitrée, l’œil vague, laissant son esprit doucement s’éveiller. Une longue journée de labeur s’ouvrait devant lui: il n’avait plus une minute à perdre, il fallait partir !

Il se secoua. Il rinça sa tasse sous le robinet d’eau froide, puis dévala l’escalier, agrippa la poignée de sa sacoche qui traînait dans l’entrée et claqua la porte derrière lui. L’air frais qui le surprit, le réveilla tout à fait. A grandes enjambées pressées, il descendit la petite rue qui menait tout droit au centre-ville. Certains commerçants s’affairaient déjà. Ils avaient levé le rideau de leur petite boutique et s’appliquaient à faire briller la devanture, à balayer le trottoir, en attendant les premiers clients.

– « Salut, Michel ! Tu peux me mettre le dernier « Pennac » de côté … pour ma mère… c’est bientôt son anniversaire !» Lui cria Albert depuis le seuil de sa boucherie.

– « Pas de problème, Albert ! Je te prépare même un paquet-cadeau » Répondit-il d’un signe amical.

«Il», s’appelait Michel.

MICHEL

Là, sur la place, il n’était plus anonyme… Il était Michel, le libraire du quartier. Michel salua d’autres personnes sur son passage, échangea des phrases courtes et pressées, tout en continuant à marcher d’un bon pas. Il apercevait déjà l’enseigne de sa boutique. Michel aimait sa librairie qui était toute sa vie et rien que sa vie !

Il ne vivait que pour sa boutique et les livres qui l’entouraient, il ne restait plus de temps pour autre chose ! Aussi, Michel était toujours célibataire, à quarante ans passés. Pourtant, il était plutôt bel homme et les présences féminines ne manquaient pas autour de lui.

La petite brune d’en face, Marie, qui tenait la boutique de prêt à porter, affichait pourtant une attirance évidente pour lui, lui décochant des sourires aguichants, l’invitant à boire des cafés, pour le sortir de ce qu’elle croyait être la solitude.

Mais Michel ne se sentait jamais seul !

Comment se sentir seul quand on vivait avec les mots, entouré de milliers de livres ? Non, non, Michel, au contraire, était très entouré, très heureux de vivre ainsi, au milieu de ses amis auteurs. Il était nourri de mots et vivre dans ces mondes imaginaires le comblait ! S’investir dans une relation amoureuse, le priverait de temps, le temps qu’il consacrait aux livres !

Michel arriva devant sa librairie. Il était fier de cette petite boutique ravalée sobrement mais dont l’intérieur avait conservé tout son côté rétro.

Il avait résisté à la mode des rénovations froides et impersonnelles des librairies, dites modernes, où le côté pratique et la rentabilité primait avant tout !

La librairie de Michel avait une âme !

Il y fleurait bon le vieux papier d’ouvrages défraîchis et la cire d’abeille qui faisait briller le parquet et les meubles anciens. Les livres y trouvaient refuge sur d’ancestrales étagères de bois qui escaladaient les murs jusqu’au plafond. Ils s’entassaient, dans un joyeux désordre, sur de vieux comptoirs de métier, d’anciennes tables au charme désuet, disposés çà et là.

Un joyeux désordre, mais un désordre savamment étudié par le propriétaire des lieux qui savait toujours retrouver le livre convoité par le client. Il régnait dans la petite librairie une atmosphère paisible, proche du recueillement. Les amoureux de livres aimaient à flâner entre les rayons, se perdre dans les recoins, butiner d’un livre à l’autre, jusqu’à découvrir le coup de cœur qu’ils emportaient pour mieux le dévorer des yeux, le soir au coin du feu. Ils appréciaient les conseils de Michel qui leur faisait partager ses passions.

Ils aimaient échanger leurs impressions avec le libraire, en qui ils vouaient une confiance inconditionnelle, car Michel était un vrai libraire, de ceux qui se font de plus en plus rares de nos jours … ceux qui ne remplaceront jamais la mémoire de l’écrit par ces espèces de machines informatiques qui font le travail à votre place.

Non, non ! Michel ne considérerait jamais le livre comme un produit ordinaire !

Il lui était inconcevable que l’on traite les livres, comme on les maltraitait dans certaines grandes surfaces, où relégués entre un baril de lessive et le papier-toilette, on les vendait comme l’on vendait une vulgaire boîte de petits pois !

Non ! Michel avait trop de respect pour les mots, ceux qui embellissaient sa vie au quotidien… Les livres avaient tous une âme… il faisait vivre ces livres, avec amour et passion !

A suivre …

 

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

39 réflexions sur « Le syndrome de la page blanche … !!! – 1/3 »

  1. Bravo pour ce texte. Michel le libraire est très attachant. J’attends la suite avec impatience. Je m’absente deux jours, nous avons nos petites filles avec nous jusqu’à Mercredi soir. Belle semaine. Bisous

  2. Très beau début.. on veut la suite.. de suite! Tu nous laisses sur notre faim .. avant le mot fin.
    Il est très beau Michel j’espère qu’il ne va rien lui arriver de fâcheux!
    Bravo ZAZA

  3. Bonjour Zaza .
    J’espère que comme nous , tu as passé un bon week-end et que tu vas bien ou du moins pas plus mal et ton petit monde aussi .
    Ce matin , il fait toujours beau et il faut espérer qu ça dure encore un peu car l’automne sera vite la et après c’est long pour revoir les beaux jours .
    Je cte souhaite une bonne semaine .
    Bisous de nous deux .

  4. Coucou Zaza
    Je commence avec plaisir cette nouvelle histoire que je suivrais avec mon telephone en route
    Si je peux je commenterais , ce sera plus facile via Facebook je pense
    Souvent par manque de connexion le telephone reste le mieux pour voir les amis
    Bises et à très bientôt

  5. ….elle est drôlement mignonne MARIE pourtant!!
    Il va se passer qql chose avec elle, c’est pas possible autrement!!
    Biz et bonne semaine ZAZA.

  6. Que de plus agréable qu’une petite librairie, avec un vendeur plein de gentillesse, à l’écoute, hélas je n’ai pas cela dans mon canton et je me contente de la médiathèque…
    Gros bisous Zaza

  7. …j’aime les mots que tu partages, on a envie d’en savoir encore plus, là tout de suite…
    Libraire, c’est bien le métier que j’aurais voulu faire, la magie des livres, le voyage….
    Bisous du jour de Mireille du sablon

  8. Bonjour ma Zaza,
    quoi? tu t’arrêtes là, sans nous prévenir?… Mais tu nous ôte le pain de la bouche, toi, avec ton récit. Que va t-il se passer? Rien de grave pour lui, j’espère? allez, va, on attend ta suite. Gros bisous, ma belle, et superbe journée

  9. Coucou ma Zaza. J’espère que tu vas mieux et que ta santé évolue positivement.
    J’adore les histoires de livres, de librairies. J’en ai lu, des romans sur le sujet !!!
    J’avale les livres, je les dévore ! Une chance que j’ai une super bibliothèque publique tout près.
    C’est super que tu racontes une histoire sur ce thème.
    Prends bien soin de toi !!!!! Je t’embrasse très fort **** Clio.

  10. Un texte de Zaza, je suis arrivée pour le déguster!
    Très belle évocation de ce libraire, un rêveur parmi les livres qui nous emmène en voyage et nous verrons briller l’âme de sa librairie.
    Bravo pour ton récit et plein de bisous
    Bonne soirée
    Cendrine

  11. Chouette une belle histoire qui commence , libraire un beau métier de partage . C’est vai que certaines librairies ont une âme . J’attends avec impatience la suite
    Bonne soirée
    bisous

  12. Bonsoir Zaza……
    merci pour cette belle histoire toute pleine d’âmes …….,
    en attente de la suite
    bonne soirée
    amitiés

  13. Le décor est planté j’ai lu le deuxième avant ce n’est pas grave cela n’enlève rien à l’histoire cela la situe et ne nuie en rien.

    Mais je l’impatience je veux la suite .

    Belle journée et bises d’EvaJoe

  14. Curieusement, j’ai l’impression d’avoir déjà lu cette histoire, je l’ai cherchée vainement dans ton ancien blog sur ekla, alors, j’ai peut-être rêvé.
    M’en fiche, j’adore ! J’attends impatiemment de retrouver la suite du rêve du libraire.
    Tu écris merveilleusement bien. :)
    Bisous et douce journée.

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