ERREUR FATALE … !!! – 8/31

Meg aurait-elle caché des indices à Tarlouse ?

Il cessa de parler un long moment puis repris sa bouffarde en bouche. Il prit Meg par le bras et l’emmena devant la gisante.

– «Regardez Meg, ce n’est pas du cinéma, elle n’aura plus jamais de migraines. Pour elle, c’est fini ! Mais j’y pense, vous êtes témoin ? Vous étiez là lorsque cette pauvre fille a rendu l’âme ?»

– «Oui, j’étais ici, à cette table, avec un ami.»

– «Un ami !» Répéta-t-il songeur. «C’est vous le bipède en question ?» Demanda-t-il en se tournant dans la direction de Jacky !

– «Effectivement, c’est bien moi.»

– «Nom ? Prénom ? Qualité ?»

– «Gobé, Jacky, enseignant.»

– «Vous connaissez Miss Marple depuis longtemps ?»

– «Depuis moins longtemps que vous ! Apparemment.»

– «Mais encore ?»

– «Depuis environ six mois.»

– «J’espère que vous aimez les sensations fortes, parce que si vous lui collez aux fesses, à notre poulette amateur, la prochaine praline sera peut-être pour vous !»

– «Comment-ça, pour moi ?»

– «Ben, d’après ce que raconte Mademoiselle Duchemain, vous étiez à cette table ?»

– «Certes, j’étais assis sur cette chaise et Meg sur celle-ci.»

Il se dirigea vers la vitrine, examina l’impact, pivota de cent quatre-vingt degrés, pointa son index en direction de l’emplacement qu’occupait la bobine de la trépassée. Puis avança, tiré par son doigt placé droit devant lui, il stoppa son guide ongulé, juste au-dessus du dossier de la chaise qu’avait occupé Meg.

– «Elle était où votre caboche, quand l’Ankou est passé, ma gracieuse collègue ?» (Tarlouse, connaissait les contes de l’Ankou, narrés par sa grand-mère, quand il était petit … )

Meg raconta à Tarlouse, la dispute, le verre. Le commissaire appela un inspecteur, lui demanda d’appliquer la procédure habituelle :

  • noms adresses des clients,
  • photos des lieux,
  • carte blanche aux gus du labo,
  • questionner les témoins,
  • évacuer le corps,
  • demander une autopsie…

– «Ça ne servira à rien », nous déclara-t-il. «Le tueur était dehors, il a fait fissa et c’est vous ma drôlesse, qu’il voulait occire.»

– «Que vous dites !» Rétorqua Meg

– «Que j’affirme ! Miss finaude, j’en donnerais mon doigt à couper. Je peux même vous narrer l’historiette. Vous avez fouiné dans l’affaire «de Maragne» et vous avez ferré une touche ! Maligne ! Miss laborieuse a voulu faire sa pelote et elle a bobiné. Et que je te tire sur la ficelle ! Et que je te l’enroule ! Et que, attaché au bout, il y avait un gros chardon plein de piquants. Une belle ronce avec un pétard dans chaque main. Un «gratte cul» qui défouraille à tout va ! Alors ? Qu’est-ce qu’elle en dit, la reine des fourmis ? Il a vu juste le père Tarlouse et elle va tout lui raconter au commissaire ! Tout de suite, et depuis le début !»

– «La reine des fourmis n’a rien à débagouler au père Tarlouse. Il se fait des idées le commissaire Fabien Tarlouse. C’est sans doute l’âge. Les synapses qui battent de l’aile. Les neurones qui se nécrosent.»

– «Elle a peut-être raison, la petite ouvrière, mais elle devrait diluer son acide formique, ou alors, la nuit pourrait bien se terminer au ballon !»

Puis, en s’adressant à Jacky :

– «Vous savez Monsieur Gobé, c’est une cabocharde notre Meg et si vous voulez le fond de ma pensée, elle est dans la merde et vous, vous marchez sur ses traces. Enfilez des bottes et réfléchissez à tout cela. Tenez, voici mon numéro de téléphone à la P.J. ! Faites-la changer d’avis et appelez-moi, ça urge !»

Le commissaire Tarlouse prit les coordonnées du couple et leur souhaita de beaux rêves en les laissant partir.

Ils rentrèrent. L’épicier arabe avait fermé son souk miniature, mais une lumière vacillante signalait la présence du commerçant. Une odeur de thé, aux pignons, embaumait l’atmosphère. Les rues sombres semblaient désertes.

Les muscles du dos de Jacky et ses sens aux aguets attendaient une charge, un coup de feu. Meg, serrée contre lui, ne semblait guère plus fière. Son bras ceignit sa taille. Ils restèrent, sans parler, jusque devant chez elle. Une fois rentrés, Jacky visitait les pièces, Meg tourna les verrous et s’assit sur le sol, le dos contre la porte. Il vint poser ses fesses, sur le tapis, près d’elle, l’interrogeant du regard.

– «Tarlouse a vu juste,» murmura Meg.

– «Tout ce qu’il a raconté est vrai ?»

– «Oui, à peu de choses près.»

– «Tu peux développer ?»

– «OK, viens t’asseoir sur le canapé.»

Elle se leva, prit sa main et l’entraîna dans la salle de séjour.

– «Je t’écoute.»

– «Eh bien voilà ! Quand nous sommes allés chez Ghislaine, avant d’appeler les perdreaux, Jean voulu fouiller le studio. Il ne trouva rien de particulier, mais moi, dans une corbeille à papiers, je découvris des cendres. En les examinant, je me rendis compte que c’était les restes d’une photographie, un coin n’avait pas complètement brûlé.»

– «Tu as vu quelque chose, sur ce petit bout de papier ?»

– «Non, mais j’ai pensé que quelqu’un avait détruit le cliché, parce qu’il était compromettant.»

– « Hum … pas forcément ! On peut brûler un portrait qui nous indiffère. »

– «Oui, bien sûr, cependant j’ai continué ma quête dans cette direction et j’ai mis la main sur une pochette contenant dix-neuf tirages, mais aucun négatif. Je les ai cherchés en vain, pas de trace dans la poubelle, ni ailleurs.»

– «Celui qui avait détruit la photo, les avait sûrement subtilisés.»

– «Il aurait tout emporté ! Pourquoi brûler une photo, laisser les autres et mettre les négatifs dans sa poche ?»

-«Oui, tu as raison. Alors ?»

– «Alors j’ai poussé mes investigations et dans un tiroir, du bureau, je suis tombée sur une contremarque permettant de retirer une commande de clichés, dès le quatre mai. Nous étions le six. Nous ne trouvâmes rien d’autre et Jean appela la police. Le commissaire Tarlouse arriva avec ses sbires, il nous tint la jambe pendant deux heures, mais nous ne parlâmes pas du ticket. Dès qu’il nous libéra, nous fonçâmes chez le photographe. Lorsqu’en prenant une pochette, le garçon qui tenait la boutique dit :           

– «Vingt clichés, c’est cela !»

Mon cœur sauta dans ma poitrine. Lorsqu’il nous présenta les petits cartons glacés, je reconnus ceux qui étaient chez Ghislaine et il y avait la photo manquante.»

– «Et cette vingtième photo, elle représentait quoi ?»

Meg prit sa veste, sortit son portefeuille, l’ouvrit, en retira une photo et la lui tendit en commentant :

– «La porte cochère est celle de l’immeuble où habitait Ghislaine. Devant, légèrement à gauche, c’est elle … »

– «Et sur la droite, un peu en retrait, c’est ?»

– «Regarde bien !»

– «Merde ! On dirait Gaëtan Tassart !»

– «Oui mon drôle, le beau Gaëtan, enfin, lui ou un sosie.»

– «Ce n’est pas possible ! Mais, depuis quand le sais-tu …»

– «Lorsque Jean est mort, l’homme sur cette photo était ma seule piste. Je l’ai cherché dans le quartier alentour, rien ! J’ai écumé tout le cinquième, que dalle, échec complet ! Pas la moindre trace de mon lascar à l’horizon. Découragée, j’ai presque laissé tomber. Et puis un jour, le miracle ! C’était un samedi après-midi vers quinze heures. Je rangeais des papiers, chez moi, quand je tombe sur une lettre urgente, que j’avais oubliée de poster. Il fallait absolument que ce courrier parte immédiatement. Je fis, ni une ni deux, je pris ma missive et me rendis rue du Louvre, à la grande poste.»

– «Celle qui est ouverte tous les jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?»

– «Exactement ! Arrivée là-bas, je confiai mon pli à un charmant postier et je ressortis aussitôt. Dehors, le coup de pot, la chance ! Sur le trottoir d’en face, sortant d’une Caisse d’Épargne, tu sais, l’écureuil, je suis tombée sur le guignol de la photo.»

– «Qu’as-tu fait ?»

– «Je l’ai suivi pardi ! Il m’a promenée dans les magasins, enfin, les FNAC. On en a visité deux: celle des halles et celle du boulevard des Italiens. Il a des passions dispendieuses, le diable ! Il est rentré chez lui avec deux grands sacs remplis de compact disques et de bouquins !»

– «Et après ?»

– «Après ? Il remonta le boulevard jusqu’à la rue de Richelieu, et nous prîmes le soixante-sept. C’est une ligne agréable, le bus passe devant le Louvre, la Seine, la Conciergerie, l’Hôtel de Ville. Il longe également la Fac de Sciences où étudiait Ghislaine. Assis près d’une fenêtre, ses colis sur les genoux, heureux du paysage, Tassart matait dehors. Nous descendîmes à la station «Bobillot-Tolbiac», et je l’ai suivi jusqu’ici. C’était fin Avril, juste avant qu’on se connaisse. »

– «Je comprends maintenant, pourquoi tu as choisi cet immeuble pour ouvrir une agence !»

– «Oui, c’était pour mieux avoir l’œil sur mon poisson.»

A suivre…

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

20 réflexions sur « ERREUR FATALE … !!! – 8/31 »

  1. tu as choisi une belle photo
    Du brouillard ce matin pfff de quoi donner envie de r’tourner sous la couette
    Bonne journée , j’ai la tête un peu lourde c’est rare chez moi !

  2. Kikou mon amiE

    J’aimerais avoir une télécommande pour la vie
    ► Play… Pour laisser tourner la vie
    ◄◄ Reculer… Pour modifier certaines choses
    ►► Avancer… Pour obtenir certaines choses plus rapidement
    ☻Effacer… Certaines erreurs ou certains mauvais moments
    ▌▌Pause… Pour profiter du moment présent
    La touche couper le son … Pour ne plus entendre les mauvaises choses
    Et la touche Enregistrer… Pour revivre tous les bons moments,
    BISOUS POUR CETTE DERNIÈRE SEMAINE A BIENTÔT

  3. Verve et truculence, deux maîtres mots qui te caractérisent. On est pris dans tes filets Zaza!
    Jolie photo de Jean Richard qui me rappelle des souvenirs de ma grand-mère qui était fan de lui.
    Belle journée à toi, grosses bises affectueuses
    Cendrine

  4. il me reste juste un petit peu de cervelle pour répondre aux commentaires, la grippe a pris le dessus….en attendant qu’elle passe, je te souhaite une bien agréable journée

  5. Bon, j’ai donc loupé un épisode, il faut que je me raccroche au dernier wagon … Je vais essayer de ne rien louper maintenant, c’est trop fatigant de courir !
    Bonne soirée.

  6. Bonjour, je n’ai jamais été très fan de Maigret, un peu mou; la tite parisienne alias fleur de paris recommence son plagiat de mes articles, je vais donc mettre un mot sur mon blog ce soir, preuves à l’appui, cette fois ce n’est pas toi qui me l’a signalé !! je te souhaite une bonne journée, bisous

  7. Bonjour zaza,j’espère que tout s’est bien passé pour ton réveillon.
    Je n’ai pas le temps de lire, je reviendrai, car je rentre à peine chez moi et je voulais juste prendre des nouvelles….
    bisous

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