
DICTONS
« S’il fait beau temps pendant la lune de Saint-Louis, tout le monde s’en réjouit. »
Ou
« À la Saint-Louis le foin non rentré, est à moitié gâté. »
À vous de choisir

On a rentré les foins. Ce soir la grange est pleine
De la chaude senteur des herbes de nos prés :
L’anneau d’or du soleil a glissé sur la plaine,
Mais l’air est pur, ici, sur les monts empourprés.
Je pense à toi qui, seul, dans la ville embrasée,
Portes le lourd fardeau du labeur et du jour ;
Je te vois, travaillant sous la haute croisée,
Ou cherchant l’ombre fraîche et le repas d’amour.
Peut-être cette nuit quelque fille superbe
Dénouant ses cheveux te verse un peu d’oubli ;
Peut-être qu’en tes bras, comme une lourde gerbe,
Pèse son corps, ployé, près de ton front pâli.
Lorsqu’elle partira, te laissant l’amertume
De ses baisers vendus et de son rire faux,
Tes yeux se voileront d’une légère brume,
Car le plaisir n’est pas le bonheur qu’il te faut.
Si tu venais ici ! Cette maison est tienne,
Ces sauvages rochers, cette montagne en fleur,
Cette ferme, ces prés, cette terre ancienne,
Je te les ai donnés en te donnant mon cœur.
Ici tu trouverais une pure tendresse,
Une pensée amie, un être tout à toi ;
L’air t’envelopperait de sa fraîche caresse,
Tu te reposerais à l’ombre de mon toit.
Tu saurais la douceur d’être aimé pour toi-même,
D’avoir sur ta poitrine un cœur tout plein du tien ;
Tu connaîtrais enfin cette fierté suprême,
D’enchaîner à ton sort l’âme qui t’appartient.
Mais tu ne viendras pas, et ma porte fermée
Ne s’ouvrira jamais sous ta main bien-aimée…
Moi, nourrie âprement du pain de la douleur,
Je mourrai sans goûter le pain blanc du bonheur.
Car je n’ai pas le droit de dire que je t’aime !
Je suis femme, je dois toujours me taire, et, même,
Si tu me devinais je dirais encor : non !
Alors que tout mon sang brûle au feu de ton nom.
Il faudrait, pour briser le sceau qui clôt ma bouche,
Que, jetée à ton cou dans un élan farouche,
Je puisse te crier le secret de mon cœur,
Et que de mon orgueil ton regard fût vainqueur.
Mais je ne dirai pas la parole qui lie,
Parce que j’ai souci du bonheur de ta vie,
Et que je ne sais pas si je peux apaiser
Ta soif de volupté par mon chaste baiser.
Je renonce à l’espoir, à ses divines fêtes,
Car je ne pourrai pas souffrir que tu regrettes
Dans mes bras confiants tes maîtresses d’un jour,
Et qu’ivre de plaisir tu méprises l’amour.
Si tu ne choisis pas toi-même ma tendresse,
Je ne parlerai pas ; je tairai ma détresse ;
Et, comme un grain d’encens au creux de l’encensoir,
Brûlera tout mon être au feu clair du devoir.
Émilie Arna – La Maison de Granit

Ce nom ne me dit rien, et pourtant quel texte, tout comme est beau ce tableau saisonnier, merci Zaza, bises jill
Tout à fait magnifique que ce tableau et ses mots, Zaza.
Bises
Que voici des mots d’amour bien « chauds »en cette canicule….
Bises du jour
Mireille du sablon
et oui ça sent aussi la fin de l’été, dommage, le soleil me plait mieux que l’hiver, douce journée à toi
bonjour
Texte et tableau c’est superbe
bon mardi ( on espére de la pluie mais comme hier rien )
bises kénavo ZAZA
Je ne connaissais pas cet auteur, son poème est très joli, merci pour la découverte.
Bises et belle journée
Superbe partage Zaza
Merci à toi
Bisous
Bonjour Zaza, beau poème d’amour et beau tableau pour l’illustrer. Je ne connaissais pas la poétesse. Bon mardi bisous.
quelle formidable découverte ma Zaza je note le nom de cette poète
Bonjour Zaza, je ne connais pas cette auteure mais j’ai été touchée par sa poésie, bon choix et belle illustration bisous bonne journée MTH
Coucou Zaza ton billet est magnifique et ton poème superbe bon Mardi bises
Coucou ma Zaza,
Je note le nom de ce poète et dit donc l’illustration est purement magnifique, merci ma Zaza pour ton commentaire, je te souhaite un bon mardi, gros gros bisous
Floralie
Un beau poème d’amour…
Et un superbe tableau « La récolte des foins » de Julien Dupré pour l’illustrer
Bisous du mardi ma Zaza
Une belle et agréable découverte le contenu de ton billet
Merci beaucoup ZAzA
Rose
Un grand merci chère Zaza pour ce partage, je ne connaissais pas du tout cette autrice (Émilie Arna) et c’est une très belle découverte.
La délicatesse et la pudeur de ses vers m’ont beaucoup touchée.
Le rapprochement avec la peinture de Julien Dupré et le travail des foins est sublime !
Douce journée.
Pensées amicales, Marie Sylvie