En souvenir de notre Lady – Mardi 28 Juillet 2026… !!!

DICTONS

« À la Saint-Samson, le temps est bon. »
Ou 

« Si, au jour de Saint-Samson, le pinson est au buisson, pour le vigneron c’est vin bon. »
À vous de choisir

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Le polar du Lundi – Chapitre III

Un petit polar sans prétentions de mon cru pour remplacer le mot mystère de Lilou et les défis des crôqueurs de môts qui sont partis en vacances…

La nuit sur la métropole est un maillage de néons bleutés et de capteurs thermiques…

La faille dans l’orgueil

Le lendemain soir, la métropole était drapée dans un brouillard poisseux qui étouffait les bruits de la rue.
Julien était en place. Il observait la tour du groupe Aethelgard, la cible suivante, depuis le toit de l’immeuble voisin.

 

Tout était prêt. Il avait intégré la faille transmise par Camille, ce décalage de quelques millisecondes qu’elle lui avait « généreusement » offert.
Dans son oreillette, le silence était total. C’était la règle : pas de communication pendant l’acte.
Pourtant, pour la première fois, Julien ressentit une hésitation. Ce n’était pas de la peur, mais une sensation étrange d’être observé, non pas par des caméras, mais par une présence humaine.

Il activa son « Rossignol »…

 

Les lasers, d’ordinaire infranchissables, semblèrent danser au rythme de la faille logicielle qu’il venait d’injecter. Il se faufila entre les faisceaux avec une grâce chorégraphiée. Il était dans la salle des serveurs, le cœur battant, prêt à extraire les données.
Mais au moment où il connecta son interface, une alerte rouge, violente et inattendue, inonda la pièce.
Ce n’était pas une alerte de sécurité classique ; c’était un message qui s’affichait sur tous les terminaux :

« Le Rossignol chante en cage. »

 

Julien se figea. Son propre matériel était piraté. Il comprit en une fraction de seconde que le « décalage » de Camille n’était pas une aide, mais un tunnel qui lui avait été imposé. Elle ne l’avait pas laissé passer ; elle l’avait guidé vers une souricière numérique.
À des kilomètres de là, dans son appartement plongé dans l’obscurité, Camille fixait un écran sur lequel la silhouette de Julien apparaissait, piégée dans le secteur 4 de la tour.

 

Elle tenait le Codex entre ses mains, le feuilletant avec une avidité nouvelle.
Ce n’était pas seulement une preuve contre Valmont ; c’était un manuel, une généalogie de toutes les malversations de la ville, et elle venait de comprendre que Julien n’était pas le premier à avoir tenté de l’utiliser.
Elle saisit son téléphone, composa un numéro inconnu, et sa voix, d’ordinaire si neutre, se teinta d’une autorité glaciale :
– « Il est dedans. Vous pouvez boucler le périmètre. Ne le touchez pas. Je veux être celle qui l’accueillera. »
Elle raccrocha et cacha le Codex dans un compartiment secret sous le parquet.

 

Elle savait que, dans quelques minutes, Julien serait soit en fuite, soit acculé. Mais peu importe l’issue, elle avait réussi l’impossible : elle avait transformé le prédateur en proie, et le justicier en pion.
Julien, lui, débrancha violemment son interface, le visage livide. Il n’avait plus qu’une issue : la fenêtre, et une chute libre de trente étages dans le brouillard.
Il regarda une dernière fois l’écran, là où le message ironique de Camille continuait de clignoter.
– « Tu joues un jeu dangereux, Camille », murmura-t-il dans le vide de la pièce. « Mais les ombres savent toujours comment s’effacer. »
Il se rua vers la baie vitrée, prêt à sauter…

La traque de « L’Ombre »

La baie vitrée vola en éclats sous l’impact de la charge explosive silencieuse de Julien. Il se projeta dans le vide, le vent glacial de la nuit le giflant aussitôt. Dans une manœuvre désespérée, il déploya sa toile en fibre de carbone, un parachute directionnel de haute précision qui, en quelques secondes, le fit planer entre deux gratte-ciels, loin des projecteurs de sécurité qui balayaient déjà le toit de la tour Aethelgard.

 

Il atterrit, souple mais essoufflé, sur le toit d’un immeuble d’habitation vétuste, à trois pâtés de maisons de là. Il défit ses sangles d’un geste sec. Son cœur cognait contre ses côtes, mais son esprit, lui, s’était transformé en une machine à calculer froide, et il venait de comprendre.
Le message sur l’écran ***Le Rossignol chante en cage***  n’était pas une insulte, c’était une signature. Une fréquence de codage.
Il avait reconnu le style : c’était du pur Camille.
Il n’était pas seulement suivi ; il était guidé.
Chaque mouvement qu’il avait fait depuis le penthouse de Valmont s’inscrivait dans une chorégraphie dont il n’était pas l’auteur.
Soudain, une vibration sourde dans sa poche le fit sursauter. Il sortit son téléphone sécurisé.
Un message s’affichait, une simple ligne :

« Le Rossignol a volé trop près du soleil. Rendez-vous au vieux port, entrepôt 12. Seul. Si vous tenez à votre liberté… et à la vérité. »

 

La colère monta en lui, brutale.
Camille ne se contentait pas de l’arrêter, elle l’invitait à une reddition.
Mais alors qu’il s’apprêtait à détruire la carte SIM, une pièce jointe s’ouvrit sur son écran. Ce n’était pas une menace. C’était une photo du Codex, ouvert à une page spécifique.

 

Ses yeux se fixèrent sur le document. Ce qu’il lisait le glaça.
Le nom de Valmont n’était qu’une tête de chapitre. Le vrai responsable du système de corruption n’était pas le magnat de l’immobilier, mais une organisation occulte nichée au cœur même de la préfecture, là où Camille travaillait chaque jour.
Il comprit alors son erreur : Camille ne cherchait pas à l’arrêter pour le livrer à la police. Elle cherchait un complice parce qu’elle était, elle aussi, en sursit.
Il rangea son téléphone, remit sa capuche, et disparut dans les escaliers de secours. La nuit était loin d’être finie, et le rôle de « proie » ne lui allait décidément pas.

À suivre lundi prochain….

Rappel des chapitres précédents :
CHAPITRE II
CHAPITRE I

Le week-end, un thème, un tableau – 25 Juillet 2026… !!!

LES CONSIGNES DE FARDOISE, CLIC.

Le thème : « Portraits ressemblants, et souvent peu flatteurs. »
Le mot de Fardoise : « Et oui, j’ai choisi d’oublier un peu cette canicule qui nous confine à l’intérieur, et de vous permettre d’aller du côté de l’histoire de la peinture avec l’art du portrait.
La légende veut que l’origine du portrait en peinture soit due à Pline l’Ancien qui relate l’histoire de la fille de Dibutade, un potier de Corinthe, qui aurait repassé les contours de l’ombre que faisait son amant sur le mur, pour en conserver une trace après son départ.
Longtemps les portraits ont été peints de profil, comme sur les monnaies, mais ce qui prédominait c’était la recherche de ***ressemblance exactement saisie et vérifiable***. Jusqu’à ce que Hegel dans son « Esthétique » déclare ces « portraits ressemblants jusqu’à l’écœurement » et impose l’idéalisme allemand.   L’Art du Portrait – Norbert Schneider – Éditions Taschen 2002. »

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