
« Vous connaissez des expressions anciennes ? Vous en connaissez des rigolotes, des savoureuses, des savantes fleurant bon notre France ? N’hésitez pas, joignez-vous à nous et publiez… »

Expression :
« C’est plus fort que de jouer au bouchon »
Signification :
- C’est très difficile à réaliser.
- C’est trop fort.
- C’est surprenant.
- C’est incroyable.
- C’est très surprenant.
- C’est extraordinaire.
- Impressionnant !
Origine et définition :
De quel « bouchon » s’agit-il ici ? Parce qu’en français, le mot « bouchon » a plusieurs significations :
Parmi celles-ci, on trouve :
– la paille qui sert à panser un cheval,
– le ballot de linge,
– la poignée de paille autrefois suspendue au-dessus de la porte des cabarets pour servir d’enseigne et qui, par extension, a servi à désigner les auberges, ce qui, pour certains, explique le nom des « bouchons lyonnais »,
– le flotteur de liège qui permet au pêcheur de savoir si un poisson a mordu,
– le cochonnet des joueurs de pétanque,
– le bouchon qui permet de boucher les bouteilles de ce jus de raisin fermenté qu’on appelle du vin.
Il est assez probable qu’on ait affaire ici à ce jeu ancien qui consistait à abattre avec un palet et de loin, des pièces de monnaie placées sur un bouchon vertical en liège ou en bois.
Dans l’Ouest, on l’appelle le jeu de la « galine » ou de la « galoche » et dont on trouve la description en 1856, assortie d’un savoureux commentaire moralisateur, dans un ouvrage de Guillaume Louis et Gustave Belèze :
« Jeux des adolescents.
Le jeu du Bouchon n’est peut-être plus de bien bonne compagnie, depuis qu’il est devenu le jeu de prédilection de tous les gamins des rues. Nous n’en dirons qu’un mot. Un bouchon est mis debout sur le sol et on le recouvre d’un enjeu, soit de petite monnaie, soit de boutons, de menus morceaux de cuivre.
À une distance convenable, on trace une raie qui sert de but, et c’est là que se placent les joueurs.
Chacun d’eux est ordinairement muni de deux palets, de deux gros sous : celui qui joue d’abord lance son premier palet, et met tous ses soins à le placer le plus près possible du bouchon ; de son second palet, il cherche, par un coup adroit et vigoureux, à renverser le bouchon, à le pousser au loin, de manière que l’enjeu, en tombant à terre, reste plus rapproché de l’un ou de l’autre des deux palets que du bouchon.
S’il réussit, l’enjeu lui appartient. »

Mais si l’expression est bien un renforcement de « c’est fort ! » ou « c’est un peu fort (de café) ! », il n’y a pas d’explication satisfaisante sur la comparaison avec le jeu du bouchon.
Complément :
On a constaté l’existence de variantes diverses de cette expression à laquelle on a parfois rajouté des compléments farfelus comme « avec des pains à cacheter dans six pieds de neige » ou « avec des boules de gomme dans un plat d’épinards ».
D’après Duneton, on a également trouvé « c’est plus fort que de jouer au bouchon avec un noyau de cerise » dans une chanson d’Alexis Dalès en 1859.
Exemples :
C’est plus fort que de jouer au bouchon ! Ladoux ferme les poings. Il s’en donne à pleins tuyaux. Il agonit ses collaborateurs. Il convoque Poitroneau. En l’absence de résultats, il menace son adjoint de l’envoyer au front.
Jean Vautrin – La femme au gant rouge
J’entends souvent cette expression populaire pour signifier une chose très – difficile à faire : « Cela, c’est plus fort que de jouer au bouchon. » Pourquoi BOUCHON dans cette phrase comparative ? Ce jeu n’est pas tellement difficile que l’on doive regarder comme très habile celui qui sait faire un plus grand tour d’adresse.
Article anonyme – Courrier de Vaugelas – n°16 du 15 mai 1870

Ah non je ne connaissais pas celle-là…. Merci Zaza, bon jeudi, bises jill