La quintessence de la sapience du Jeudi 04 Juin 2026… !!!

Message de Lilou Soleil : « Vous connaissez des expressions anciennes ? Vous en connaissez des rigolotes, des savoureuses, des savantes fleurant bon notre France ? N’hésitez pas, joignez-vous à nous et publiez… »

Expression :

« Mettre du beurre dans les épinards »

Signification :

  • Améliorer ses conditions de vie.
  • Gagner plus d’argent.
  • Améliorer sa situation financière.
  • Arrondir ses revenus.

Origine et définition :

Le « beurre » est souvent associé à la richesse (« Faire son beurre », par exemple, ou bien « avoir le cul dans le beurre » chez nos amis Wallons). Probablement parce que c’est un aliment riche en calories et lipides ou une bonne sauce  qui fut, en certaines périodes troublées, réservé aux riches ou aux champions du marché noir.
La métaphore de cette expression est parfaitement compréhensible : les épinards sans beurre, c’est diététique mais nettement moins bon pour nos palais actuels qu’avec du beurre, de la crème fraîche ou une bonne sauce béchamel.
Donc, pour améliorer le goût de ses épinards (ses conditions de vie) mieux vaut y ajouter une bonne dose de beurre (d’argent).

Cette expression, sous sa forme argotique, s’emploie surtout  pour une femme qui se prostitue occasionnellement pour ajouter « un peu de fromage dans le gratin ».
Aujourd’hui, bien sûr, cette connotation n’est plus d’actualité et l’expression a pris son sens de complément de revenu en général.

Complément :

Jean-Louis Flandrin, spécialiste de l’histoire des pratiques alimentaires, a fouiné dans les recettes de cuisine publiées depuis le Moyen Âge pour y découvrir des choses intéressantes sur l’usage du beurre au fil du temps (qui n’est pas le fil à couper le beurre)
Au Moyen Âge, en effet, le beurre n’était pas du tout une graisse aristocratique. Il était bien plus utilisé par les pauvres que par les riches.
Il était d’un usage plutôt rare dans les livres de cuisine des XIV et XV ème siècles qui évoquent la cuisine des classes aisées ; mais la prédilection pour le beurre augmente aux XVII et XVIII ème siècles, et il devient un symbole de distinction sociale aux XIX et XXI ème siècles.
L’auteur présente d’ailleurs un tableau qui montre que la proportion de beurre dans les recettes augmente au fil des siècles au détriment des graisses animales et de l’huile : de 1% de beurre utilisé au XIV ème
 siècle, on passe très progressivement à 62% au milieu du XVIII ème siècle.
Enfin, Flandrin constate également que l’essor du beurre en France coïncide avec le statut que lui accorde l’Église. Étant un produit d’origine animale, jusqu’au XV ème
siècle le beurre était interdit au moment du Carême.
Suite à la multiplication de dispenses dès la fin du XV ème
siècle, au cours du XVI ème on commence à utiliser du beurre dans les plats de légumes et de poissons (qui étaient autorisés en Carême), alors qu’au Moyen Âge il était utilisé presque exclusivement avec les œufs, les pâtes alimentaires et les pâtisseries.
[Informations extraites à cette page du document intitulé « du beurre dans les épinards » de Philip et Mary Hyman]

Exemples :

Espérons qu’il sera généreux et que je n’aurai pas trop de peine à le faire arriver à un prix raisonnable, qui mettra pas mal de beurre dans nos épinards.
Mie d’Aghonne –  Une faiseuse d’anges

Vous avez pu légitimement user des dépôts qu’il vous avait faits, ça a mis du beurre dans vos épinards.
Jules Beaujoint – La Malle sanglante

Cela mettra ce soir un peu de beurre dans les épinards de Nitza et de Macovei qui depuis deux jours, n’ont même pas de quoi s’acheter du tabac.
Panait Istrati – Le Bureau de placement

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

23 réflexions sur « La quintessence de la sapience du Jeudi 04 Juin 2026… !!! »

  1. voilà quelques unes que maman disait : donner de la confiture aux cochons _ donner de la confiture aux cochons – une vie de patachon – travailler pour le roi de Prusse, jamais entendu – de la gnognotte – chanter ramona pas entendu – cracher au bassinet pas entendu – ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval –
    étant donner que le sommeil de vient pas je profite pour ouvrir plus quelques citations, mais je pense que tu dois toutes les connaitre, mais c’est drôle de les relire, je m’aperçois que Maman en disait beaucoup mais Papa non….bonne journée en ce jeudi

  2. Bonjour Zaza !
    Quand on en a les moyens, c’est très bien ! Un peu d’Astra pour les moins fortunés, ce n’est pas mal non plus !
    Bon jeudi avec ou sans épinards mais avec un peu de pinard quand même ! 🍷🍷🍷🍷🍷🍷🍷🍷
    Pierre

  3. bonjour
    ah celle -la je la connait
    merci pour les origines

    (j’ ai rit du com au dessuS du mien )
    kénavo ZAZA

    ( encore du vent en vue chez nous )

  4. Je la connais mais je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de l’utiliser… par contre , la mettre en pratique, ça oui alors!
    Bises du jour
    Mireille du sablon

  5. Bonjour Zaza, expression que je dis encore, merci pour les origines ,car on emploie souvent ces expressions courantes mais sans savoir d’où elles viennent, certaines parfois de loin. Bisous tout gris et pluvieux ce matin MTH

  6. Quelle chance , chez toi je peux commenter !
    A oui mettre du beurre dans les épinards bien connu mais le beurre devient de + en + cher hélasssssss
    Bises
    Bonne journée
    Rose

  7. Une expression encore bien répandue . Merci pour les explications en complément , j’étais loin de penser que le beurre avait cette place dans les foyers pauvres.
    Bon jeudi
    Bises

  8. Un peu de fromage dans le gratin. Je ne connaissais pas. Trivial peut-être mais ça veut dire ce que cela veut dire.
    Bises

  9. Une très belle et riche explication, ma chère Zaza !

    C’est vrai que les épinards sans beurre, c’est bien plus diététique mais tellement moins gourmand pour nos palais…
    J’ai beaucoup aimé découvrir l’évolution de cette métaphore à travers les siècles et les citations littéraires que tu as dénichées.

    Merci pour ce joli moment de lecture !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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