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Expression :
« Langue de bois »
Signification :
- Langage coupé de la réalité.
- Message intentionnellement truqué.
- Parole qui ne répond pas à la question posée.
- Manipulation par un message truqué.
- Discours vague et imprécis qui vise à travestir la réalité.
Origine et définition :
La « langue de bois » est un langage à part entière dont on se demande s’il n’est pas enseigné à l’ENA (1).
Parmi ses nombreuses utilités, il permet de cacher la vérité, de répondre à côté de la question ou de noyer une absence de pensée ou de connaissance d’un sujet sous un déluge de paroles creuses.
La « langue de bois » peut aussi servir à faire croire à quelqu’un qu’on ne lui est pas hostile alors qu’on le manipule pour l’amener à ses propres fins.
Ce langage est un outil qui confirme parfaitement ce qu’a cité Stendhal en le mettant dans la bouche d’un Jésuite : « la parole a été donnée à l’homme pour cacher sa pensée ».
Cette expression est récente en France puisqu’elle n’y est apparue qu’au cours des années 70.
À l’origine, ce sont les Russes qui, avant leur révolution, utilisent l’expression « langue de chêne » pour se moquer du style administratif employé dans leur bureaucratie tsariste étouffante.
L’ère bolcheviste n’améliore pas véritablement ce style ; les manières de parler et d’écrire y sont codifiées et pleines de clichés ; la locution continue donc à être utilisée mais le « chêne » se fait progressivement remplacer par le « bois », tout simplement.
L’expression aurait transité par la Pologne avant d’arriver chez nous.
(1) Pour les nombreux de mes lecteurs qui ne sont pas familiers avec les institutions françaises, l’ENA, École Nationale d’Administration, est l’établissement duquel sortent la plupart des hommes politiques français.
Complément :
Parmi les choses bizarres de la nature, il est intéressant de savoir que les bovidés peuvent attraper un champignon qui provoque la formation d’une tumeur dure sensible soit sur les maxillaires, soit sur la langue, qui devient alors rigide, d’où le nom de « langue de bois » lorsque c’est cet organe qui est touché.
Mais aussi, pour ceux qui connaissent la politique française, surtout depuis ces trente dernières années, et notamment en ce moment, en période pré-électorale, il ne faut pas confondre la « langue de bois » avec le Lang de Blois qui, par ailleurs, en a une excellente maîtrise, sans toutefois arriver à la cheville de certains maîtres de tous ces hommes ou femmes politiques.
Questionnés par des journalistes, ils empruntent parfois des chemins détournés pour éviter de répondre ou donnent des réponses si consensuelles qu’elles sont vidées de leur sens.
Exemples :
Les journalistes reprochent aux chercheurs leur langue de bois et les chercheurs reprochent aux journalistes de déformer leurs propos. En bref, bien que tous deux soient gens de plume et de langue, tout les sépare.
Jacques Fijalkow – Sur la lecture: perspectives sociocognitives dans le champ de la lecture
Ouuuuuh que ça fait du bien de les voir écrits, de temps en temps, ces « gros mots », dans une société ravagée par le politiquement correct et la langue de bois.
Libération – 21 mai 2007
Dernier exemple en date : ce matin j’ai entendu un blablateur institutionnel qualifier de « surdoué de la politique » celui que je considère comme le courtisan le plus « platventriste » et le plus servile, l’adepte du « moi je » perpétuel, le plus grand spécialiste de la langue de bois à laquelle il a d’ailleurs consacré un livre insignifiant qui lui a bien entendu valu d’être invité sur tous les plateaux !
Émile Madeleine – Le Petit monde de Sidoine
Le pape François n’est guère adepte de la « langue de buis », équivalent ecclésiastique de la langue de bois habilement maniée par des personnalités désireuses de ne pas en dire trop.
Dominique Quinio – Le pape et les lapins Nous avons eu, parmi les malheurs de la France, la création par le général de Gaulle de l’École Nationale d’Administration qui détient le monopole de la formation des hommes politiques. On est obligé de passer par là. On y apprend la langue de bois.
Emmanuel Legeard – « Une Conversation avec Michel Butor » – Le Monde

Expression bien connue, et nous la reprochons souvent à certains, élus…… merci Zaza, bises jill