Le week-end, un thème, un tableau – 25 Juillet 2026… !!!

LES CONSIGNES DE FARDOISE, CLIC.

Le thème : « Portraits ressemblants, et souvent peu flatteurs. »
Le mot de Fardoise : « Et oui, j’ai choisi d’oublier un peu cette canicule qui nous confine à l’intérieur, et de vous permettre d’aller du côté de l’histoire de la peinture avec l’art du portrait.
La légende veut que l’origine du portrait en peinture soit due à Pline l’Ancien qui relate l’histoire de la fille de Dibutade, un potier de Corinthe, qui aurait repassé les contours de l’ombre que faisait son amant sur le mur, pour en conserver une trace après son départ.
Longtemps les portraits ont été peints de profil, comme sur les monnaies, mais ce qui prédominait c’était la recherche de ***ressemblance exactement saisie et vérifiable***. Jusqu’à ce que Hegel dans son « Esthétique » déclare ces « portraits ressemblants jusqu’à l’écœurement » et impose l’idéalisme allemand.   L’Art du Portrait – Norbert Schneider – Éditions Taschen 2002. »

L’art du portrait c’est aussi la caricature, n’est-ce pas …

Apparue pour la première fois en français en 1740, la caricature est une image qui charge, exagère, déforme pour donner à rire et dénoncer. Si la pratique peut être retracée jusqu’en Egypte antique, elle se développe surtout à la période moderne, avec l’apparition de l’imprimerie, puis de la presse.

Émile Zola par Charles Lucien Léandre

Caricature – Dimensions 30.5 cm × 42.0 cm : – Datation : 20 novembre 1897 – Localisation : Collection Joinville –  Archives de la BNF.

Cette caricature d’Émile Zola en Une du journal humoristique N°159, « Le Rire » (Le Gotha du Rire).
En 1897, cette caricature de Léandre nous montre un vieux Zola, la tête écroulée sur un tas de livres, faisant un énorme pâté d’encre au bas du rouleau de papier, annonçant ironiquement la fin du cycle des « Trois villes » :
« Enfin ! M. Zola arrive au bout de son rouleau en mettant au monde Paris ! Le père et l’enfant se portent bien tout de même ».
Émile Zola paraissait visiblement en manque d’inspiration…
Entre 1893 et 1898, « Les Trois Villes » sont trois œuvres de Zola. Elles correspondent à un cycle romanesque directement écrites après le cycle précédent du romancier : « Les Rougon-Macquart ».
Dans cette saga, l’abbé Pierre Froment, sert de fil rouge aux trois romans, « Lourdes », « Rome » et « Paris », dans lesquels Zola s’interroge sur la place de la religion dans la société moderne, mais aussi sur la confrontation entre une bourgeoisie rayonnante face à un monde ouvrier misérable.
L’idée d’écrire « Paris », le troisième roman de la saga, est venue à Zola en septembre 1892. Le contexte en France est particulièrement tendu avec l’affaire des attentats anarchistes des années 1892-1894 et du scandale de Panamá, mettant en cause une part du monde politique républicain et la sphère financière. Ces évènements  inspirent l’écrivain et Pierre Froment reste donc toujours le personnage principal de la saga.
Rédigé de janvier à août 1897, le roman est d’abord publié dans « Le Journal » d’octobre 1897 au 9 février 1898.
Cette période correspond aux dates de création de cette caricature.
Il faut aussi souligner que la parution de l’ouvrage « Paris » tombe en pleine affaire Dreyfus.
Tout ceci reflétant l’atmosphère générale des caricaturistes de cette époque, presque tous les dessins de presse sont hostiles à la cause dreyfusarde. Ils exaltent les valeurs du patriotisme et ne voient en Zola qu’un agent de l’étranger, heureux de saisir l’occasion de l’affaire Dreyfus pour saillir, une fois de plus, l’image de la France. Les caricatures rassemblées ici se divisent en deux groupes.
On trouvera d’abord une série de dessins parus entre janvier et juillet 1898 : ils évoquent les différents événements se succédant entre la publication de « J’Accuse… ! », dans « L’Aurore », le 13 janvier 1898, et le départ du romancier pour l’exil en Angleterre, consécutif à sa condamnation par la cour d’assises de Versailles, le 18 juillet 1898.

Souvent sensible à la critique littéraire, Émile Zola était relativement indifférent à la critique par l’image.
Il ne prenait pas aux sérieux la presse satirique mais, ayant commencé sa carrière par le journalisme, il en avait retenu l’importance du portrait-charge comme moyen de mieux se faire connaître.
Écrivain reconnu et personnage public, il constitua une cible de choix pour les caricaturistes.
L’homme ne laissait pas indifférent et, passions et haines, s’exprimaient alors bien plus librement dans une presse satirique libérée par la législation de juillet 1881.
J’ai beaucoup parlé de Zola, et pour en savoir un peu plus sur ce caricaturiste, CLIC.

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

23 réflexions sur « Le week-end, un thème, un tableau – 25 Juillet 2026… !!! »

  1. Oui pour le portrait, la caricature en fait partie, j’adore ces dessinateurs aussi…. ;-) merci Zaza et bon W-E, bises jill

  2. comment te dire ce matin, que cet j’aurai bien aimé connaitre cet homme, tu lui rends un bel hommage, c’est mérité, je vais continuer ma lecture sur cet homme….merci et passe un bon samedi

  3. Bonjour Zaza !
    Excellente caricature ! En plus, j’adore Zola !
    Je viens de lire « Zola à bicyclette » de Jean-Paul Vespini : excellent !
    Bon samedi … à bicyclette ou pas ! 🚲 🚴 🚵‍♀️
    Pierre

  4. Bonjour Zaza
    Choix intéressant!
    Si tes pas te portent en Normandie, ne manque pas de visiter l’excellent musée Charles Léandre , à Condé-sur-Noireau:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Charles_L%C3%A9andre
    D’après un spécialiste venu à la médiathèque de Saint-Lô faire une belle exposition sur « Zola et la photographie », le cycle des Trois villes est pratiquement illisible de nos jours: d’un mysticisme confus, aux antipodes des Rougon-Macquart.

    Bon week-end
    Miss Yves

  5. Excellente caricature d’Emile Zola… Superbement commentée…
    La publication de « J’Accuse… ! », dans « L’Aurore », le 13 janvier 1898… Je revois mon regretté papa m’offrir son journal L’Humanité du 13 janvier 1998, jour de mes 40 ans, dans lequel était publié l’article J’accuse d’E.Zola… Il savait qu’il me ferait plaisir…
    J’admire l’oeuvre littéraire de ce grand écrivain… Découvert vers 12,13 ans… J’ai dans ma bibliothèque personnelle, les 20 romans « Les Rougon-Macquart »
    Excellent choix.
    Bisous ma Zaza et bon WE

  6. Coucou Zaza, voilà ce qui arrive quand on en fait trop on capitule lol ! Pauvre Zola il s’est noyé dans son écriture hiii ! Bon week-end bisous – Evelyne (il fait frais ce matin à st malo 22° on respire)

  7. Excellent choix et tres bonne idée d’avoir pensé à la caricature . Zola a l’air bien fatigué sur cette oeuvre mais avec tout ce qu’il a écrit on le serait à moins . Les trois livres que tu cites je ne les ai pas lus contrairement aux Rougon- Macquart .
    Bon week-end Zaza
    Bises

  8. Bonne idée d’avoir choisi une caricature .
    Celle-ci est amusante avec sa légende . Le  » parturient « est épuisé mais il se relèvera de couches , il « se porte bien »: chapeau pour son âge !- et il n’est pas dit qu’il ne mette plus au monde de nouveaux enfants …Et effectivement il y aura encore une autre série restée inachevée !Quelle énergie !
    Bon week-end !

  9. Pas mal du tout cette caricature, Emile a l’air bien fatigué en effet…
    Bises du jour
    Mireille du sablon

  10. Très drôle, cette caricature d’Emile Zola ! En cherchant un peu plus loin j’ai trouvé la caricature de Toulouse-Lautrec qui vaut son pesant d’or elle aussi ! Merci pour la découverte !

  11. Bravo chère Zaza pour cette sublime publication !
    La caricature est bien une forme de portrait à part entière et tu nous en donnes une brillante illustration avec Émile Zola.

    Merci pour tes explications toujours si précises et intéressantes à lire !
    Amitiés, Marie Sylvie

  12. Salut,
    Je l’aime bien cette caricature.
    Le temps est maussade et cela sent la pluie. Il était temps car la pelouse n’est pas belle.
    J’espère que tout va bien chez vous.
    Je vous souhaite une bonne journée et une bonne semaine.
    Les Tiot

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