1er poème du jeudi pour les croqueurs de Môts … !!!

Pour cette quinzaine, celle du Défi n° 253, Jill Bill reprend la barre.
L’ensemble de ses consignes, ICI

Pour ce premier jeudi, un poème dans un patois, et pour moi ce sera en langue bretonne, encore bien vivante…

AR MOR
LA MER

(Kan eun emzivad)
(Chanson d’orphelin)

Me da gar, o môr don,
Je t’aime, ô mer profonde,

A iud evel eul lon

Qui hurle comme une bête,
Pa c’houez ar gorventen !
Quand souffle l’ouragan
Pa welan da c’hoummou
Quand je vois tes vagues,
0 tired a dammou
Courir, par tronçons,
Warzu d’am énézen !
Du côté de mon île.

Me gar da c’huannaden
J’aime ta plainte,

0 tont war an aezen
Qui vient, sur la brise,

Beteg va wele-kloz,
Jusqu’à mon lit clos ;

Hag ar soniou seder

Et les joyeuses sônes,

A gannez er pellder,

Que tu chantes dans le lointain,

En sioulder kun an noz. .
Dans la douce paix de la nuit.

Hag ivez, d’ar c’hreiste,
Et aussi, à midi,

Me wel gant karanté.
Je vois avec amour,

An heol sklerijennus,

Le soleil étincelant,

Euz an oabren ledan,

Du haut du large firmament

0 tol e sklerder-tan.

Verser sa lumière de feu,

War da zour didrouzus.
Sur ton onde silencieuse.

Me da gar, o môr glas !
Je t’aime, ô mer bleue !
Koulskoude, anken bras.
Et pourtant dans mon cœur,

Teuz lakeet em c’halon :

Tu mis un grand chagrin :

Meur a va zud karet.
Beaucoup parmi mes parents chéris,

Ganiz zo bet skrapet.

Ont été emportés par toi,

Hag a hun ‘na zour don.
Et dorment dans tes flots profonds.
..

Pe leac’h maont, holl va zud.
Où sont-ils, tous les miens,

Teuz-te lonket heb brud.
Que tu avalas obscurément,

Gand da veg didrue ? .
De ta gueule sans pitié ?…

Siwaz ! Du-ze, er mez,
Hélas ! Là-bas, au large,

Baleet heb divez, .
Promenés sans fin par les vagues,

Maont é leac’h oar Doue ! ,
Ils sont Dieu sait où !

Ha me gleffe brema,
Et je devrais, à présent,

Gant va mouez ar c’hrenva.

En grossissant ma voix,

Da viliga bepred ! .
Te maudire sans cesse,

Hogen n’ellan, da vad, .

Mais, tout de bon, je ne puis,

P’ha welan o lipat.

Quand je te vois lécher,

Réier m’énez karet. .
Les rochers de mon île chérie.

Me da gar, me da gar !
Je t’aime, je t’aime !

Goaz z’é vid ma glac’har,

Tant pis, ma douleur,
Ma c’hreiz, tav da c’hirvoud !  
J’étoufferai ton gémissement !

D’id ma c’halon, o môr !
 
A toi mon cœur, ô mer,

Ha, mar kwitan Arvor,

Et si je quitte l’Armor,

Mervel a rinn heb out ! ,

Je mourrai sans toi !

1903.- Yann-Ber Kalloc’h, dit « Bleimor » – Un barde breton. Jean-Pierre Calloc’h – Bleimor. Sa vie et ses œuvres inédites, 1888-1917,

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

24 réflexions sur « 1er poème du jeudi pour les croqueurs de Môts … !!! »

  1. Ce poème reflète si bien cette vie de par chez toi…je me souviens de l’immensité de cette mer qui fait violence contre les rochers….puis se calme quelques secondes comme pour se reposer….
    Ah ce patois, ne jamais l’oublier, il a une âme!
    Bises du jour
    Mireille du sablon

  2. Bonjour Zaza, heureusement tu as traduit ce beau poème car le breton est une langue à part entière à mon avis et il faut l’avoir apprise pour comprendre. Bisous bonne journée MTH

  3. Ah oui c’est magique la mer quand elle ne fait pas de mal mais là on ressent l’amour et la souffrance d’un enfant ayant perdu ses parents pendant la tempête mais rien n’y pouvait contre elle si puissante est-elle ! On comprend à travers ce poème raconté et écrit dans sa langue natale que cette immensité est dangereuse mais très belle et que malgré tout on l’aime. J’ai cru comprendre les côtes d’Armor donc le 22 pour moi très bientôt, projet en cours, mais je garderai saint Malo aussi pour un certain temps car je ne peux pas le lâcher tellement je l’aime et pourtant il a changé cet endroit si magique d’enfance, comme tout autour de nous. Tu disais privilégier ton île mais il me semble que tu es dans le 35 aussi non ? tout au moins très proche. La Bretagne est belle comme je te répondais avec ses 4 départements quels qu’ils soient, on s’y sent vivre et on respire le bonheur même si on souffre de douleurs. Bonne journée ma bretonne, prends soin de toi et gros câlins à tes boules de poils.

  4. Enfin je pense pouvoir te mettre un commentaire je suis encore et toujours dans la galère avec SFR, ma ligne ici à Toulouse est perturbée! J’ai pu voir tes article et lire ton poème : superbe! Passe une bonne journée. Cordiales amitiés & à +

  5. Merci pour la traduction car je n’y aurai comme beaucoup de tes lecteurs, rien compris , je pratique plus volontiers le créole.
    Bises et belle journée

  6. Un tres beau poème dédié à la mer , merci beaucoup de l’avoir partagé pour ce jeudi poésie .
    Une langue bien vivante que le breton .
    Bonne journée Zaza
    Bises

  7. Bonjour Zaza
    Bon, moi je ne comprends que le patois limousin donc heureusement que tu as traduit ce joli mais triste poème
    Merci pour le partage
    Bises, bonne journée

  8. Quelle beau langage… Vous avez ô combien raison de la perpétuer alors que dans notre Franche Comté, nous sommes bien peu nombreux à nous en souvenir, je fais partie de cette dernière génération qui l’a connue vivante…
    Les Cabardouche vous remercient pour cette belle ode à votre île Zaza !

  9. magnifique poeme en hommage à la mer, en langue bretonne, je te fais confiance, je ne comprends pas un traitre mot ! porte toi bien amities et bises

  10. C’est tout à fait super, Zaza. Cependant, merci pour la traduction aidante 😃. Quel merveilleux choix !!!
    Bon après-midi de ce jeudi suivi d’une douce soirée. Bises 😘

  11. Beau poème, bien que d’origine Bretonne, je ne connais pas la langue, il faut dire que dans l’enfance de mon grand-père, pour réussir, il fallait parler français ! Bonne soirée, bisous.

  12. Bien vivante la langue bretonne mais bien vivace ? Combien de jeunes savent la parler couramment ? On fait encore des misères à l’enseignement des langues régionales. Pourquoi ?
    Merci zaza pour ce beau poème que je n’aurais pas pu comprendre évidemment sans la traduction. Normande, je connais quelques expressions de patois normand mais très très peu en vérité. bises

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