Atelier d’écriture N°124 … !!!

Les consignes de Ghislaine, ICI.
où aux choix
L’utilisation des 8 mots : « Congratuler, lumineux, fusain, automne, papillonner, bois, furieux, crème »

Il y a très longtemps, à l’aube d’un dimanche d’automne alors que je buvais mon café crème, tranquillement installée dans ma véranda, je fus très surprise par une scène pour le moins insolite.
Le jour se levait à peine, la lumière encore tamisée conservait l’endroit dans la pénombre.
Les fenêtres coulissantes étaient ouvertes, je pouvais admirer certains insectes papillonner dans la rosée, tel ce superbe Azuré de Champan.

À quelques mètres de là, se trouvait devant le tas de bois, la petite table de jardin supportant un récipient de graines enduites de graisse, un autre contenant des morceaux de pain et le dernier rempli d’eau.
Ainsi, les oiseaux pouvaient se régaler et s’abreuver.
Soudainement, portée par un vol silencieux, une pie vint se poser sur le bord de la petite table.
Elle ne me vit pas, le demi-jour et mon immobilité me rendant invisible.
Une sorte de prestance émanait de cette créature.
Malgré la lumière diaphane, on la devinait presque habillée de plumes légères dont certaines avaient la couleur d’un métal fin étincelant et lumineux.
Elle tournait la tête de droite à gauche avec une allure majestueuse.
Se sentant rassurée, la pie s’empara d’un morceau de pain qu’elle avala prestement.
Je trouvais ce spectacle déjà très beau, mais le hasard me gratifia d’une valeur ajoutée.
Une mésange, subitement, sortie de nulle part prit place face à la pie qui d’ailleurs ne montra aucun geste de surprise.
Le corvidé d’habitude dit-on très bavard, ne jacassa guère et continua sereinement son grignotage.
La mésange charbonnière par contre, paraissait moins sûre d’elle. Son plumage, l’air mal-en-point, avait dû subir quelques furieuses rencontres. La pauvre petite bête semblait triste et fatiguée.
Timidement, à petits sauts chassés, elle entama un déplacement sur le bord de la table, se rapprochant forcément de la pie.
Arrivée à hauteur de cette dernière, la mésange, en zinzinulant de façon presque inaudible, s’adressa à sa congénère qui baissa la tête pour mieux l’entendre.
Je ne sais toujours pas aujourd’hui ce que la mésange avait bien pu lui narrer, mais la pie l’écouta attentivement pendant un bon moment, puis du bout de ses rémiges, caressa la casquette noire fusain de la mésange qui reprit un peu de vivacité. Cette dernière semblait congratuler la pie.
Et l’instant d’après, les deux oiseaux s’envolaient ensemble très haut dans le ciel. 
Plus jamais je ne les revis… 
– « Dis-moi Mère-Grand, elle est vraie cette histoire ? »
– « Bien, évidemment que c’est vrai, allons… ! Maintenant, il faut dormir mon chéri, bonne nuit. Demain je te raconterai l’histoire d’une carpe amoureuse d’un espadon….. »

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

22 réflexions sur « Atelier d’écriture N°124 … !!! »

  1. ..c’est un beau roman, c’est une belle histoire..comme le chantait Michel Fugain…
    Bises du jour
    Mireille du sablon

  2. Bonjour Zaza.
    Un bel article.
    Depuis hier le beau temps semble revenir, pourvu que ça dure…
    J’espère que tu vas bien et qu’il fait beau chez toi aussi.
    je te souhaite une bonne semaine avec un peu de retard, hier j’étais absent.
    Bisous de nous deux.

  3. tres belle histoire, chère Zaza, mais je doute un peu des bons sentiments que peut avoir une pie pour une autre oiseau ! les miennes sont surtout arrogantes ! bonne journée, bises

  4. Bonjour Zaza,
    Ah que voilà un joli conte, qui ne nous dit pas, par contre, si la pie et la mésange ont eu beaucoup d’enfants… Mais quelle imagination chez cette grand-mère ! Et chez toi, Zaza ! Non, tu ne vas pas me dire, toi aussi, qu’elle est vraie, cette histoire ! Hahaha…
    Bises.
    Fabrice

  5. Comme dans un rêve j’ai bu chaque mot de ton histoire
    J’ai vu la pie qui ne t’avait pas vue prendre le morceau de pain puis la mésange en mal d câlin un peu chamboulée s’approcher furtivement de la pie puis ayant écouté avec attention la pie congratula le mésange. Et quand de concert elles sont parties loin dans le ciel j’ai pensé à Jonathan le Goéland. Et je me suis évadée avec lui …
    Quand le petit garçon a interpelé la grand mère j’ai sursauté … et suis redescendue sur terre.
    La force des mots qui stimule l’imaginaire …
    Beau texte sous contrainte.
    Bisous câlinou ta copine coquine a découvert le panier où Ondine dormait quand elle sortait bien qu’il ait toujours été là

  6. tout le long j’ai vraiment cru que c’était un vécu réel puis la fin me laisse penser que non mais après tout c’est pas impossible en tous cas c’est joli….le cliché est sublime. Bisous Zaza

  7. Une excellente histoire que tu racontes à merveille qui nous ferait apprécier cette pie protectrice à sa juste valeur , malheureusement souvent la réalité est tout autre car madame la pie a une fâcheuse tendance à s’en prendre aux plus petits . J’ai déjà assisté impuissante à un vrai carnage dans un nid .
    Bon mardi Zaza
    Bises

  8. Bonsoir mon amie poétesse
    Juste un petit mot pour te saluer ..
    Tendresse ……. douceur …..au menu de cette soirée ….
    Pour qu’ elle te soit belle et agréable … @demain
    Journée ☁️☔ a quand un rayon de ☀️

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