C’est notre Amirale Dômi , CLIC, qui s’y colle.

Le mot de Dômi : « Me voici pour vous présenter mon thème pour le défi 334. Je devais passer quelques jours en Bretagne, mais la tempête Austen qui a balayé nos régions m’a poussée à annuler mon voyage. Pour couronner le tout, mon virus fait de la résistance et reste bien accroché à mes bronches 🤒
Venons-en maintenant au défi, je vais faire court !
Vous regardez l’image ci-dessus… et on en parle tous ensemble 😉
Aucune contrainte, pas de mots imposés, laissez vagabonder votre imagination et ça, je sais que vous n’en manquez pas 😍
Je vous donne donc rendez-vous lundi prochain !!!
Ça tombe bien, le 2 novembre 1986 je fêtais mes 27 ans 🎂. »
Le retour vers le futur… à reculons !

Lorsque Ginette découvrit sur son téléphone que, le week-end prochain, il faudrait reculer les montres d’une heure, elle poussa un soupir à fendre une horloge comtoise.
— « Encore une heure de gagnée ? Quelle plaisanterie ! Moi, ce que je voudrais, c’est qu’on me rende quarante ans ! »
Installée confortablement dans son canapé, les pieds en éventail, ses lunettes rondes sur le nez et son bandeau multicolore entourant ses cheveux blancs en bataille, elle avait déjà une idée derrière la tête.
Ginette avait toujours été une femme pleine de ressources.
Dans les années soixante-dix, elle avait connu Woodstock, les pantalons pattes d’éléphant, les cheveux longs, les nuits blanches et les lendemains qui déchantent. Elle avait même tenté le yoga, la méditation transcendantale et la macrobiotique, avant de conclure que le meilleur moyen d’atteindre la sérénité était de ne pas se lever de son canapé.
Mais cette fois, elle était décidée à remonter le temps.
Elle consulta son vieux grimoire, déniché dans une brocante, et tomba sur une formule mystérieuse :
***Pour rajeunir, il faut tourner trois fois les aiguilles, avaler une tisane de jouvence et prononcer le mot magique : ABRACADABRA !***, qu’elle incanta.
Déçue, rien ne s’était produit, aucune transformation !
Alors qu’elle s’apprêtait à retourner à ses occupations favorites, son vieux smartphone se mit à vibrer.
Un message venait d’arriver :
***Votre demande de retour dans le passé a bien été prise en compte. Veuillez patienter…***
— « Ah ! Enfin une administration qui fonctionne ! »
Soudain, un éclair traversa le salon. Ginette ferma les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle découvrit avec stupeur que son appartement était métamorphosé. Le vieux canapé avait disparu, remplacé par un pouf orange. Sa télévision était devenue un poste en noir et blanc et, sur la table, trônait un transistor.
Elle se précipita devant le miroir.
Elle avait retrouvé ses vingt-cinq ans, son pantalon en patte d’éléphant orange et son chemisier à fleurs noué sur le ventre !

Ginette resta pétrifiée quelques secondes, puis se pinça vigoureusement le bras.
— « Aïe ! Bon, je ne rêve donc pas ! »
Elle s’approcha du transistor. Une voix nasillarde annonçait les résultats du tiercé, avant d’enchaîner sur les dernières nouvelles de Georges Pompidou.
— « Mais enfin ! Nous sommes en quelle année ? » Cria-t-elle.
Elle se précipita vers le calendrier accroché au mur. Nous étions en 1970 !
—« Nom d’une pipe ! Plus de cinquante ans en moins sur le calendrier, et, seulement quelques rides en moins sur mon visage ! »
Soudain, le téléphone sonna. Elle décrocha machinalement.
— « Allô ? »
— « Ginette ? C’est Robert ! Je t’attends au café depuis vingt minutes. Tu as oublié notre rendez-vous ? »
Ginette reconnut aussitôt cette voix. Robert ! Son premier grand amour, celui qui lui avait brisé le cœur en partant avec une certaine Brigitte !
— « Robert ? Mais tu es mort dans un accident de voiture depuis plus de trente ans ! »
Un silence glacial suivit.
Ginette raccrocha, blême.
Elle se rassit sur son pouf orange et soupira :
— « Pourvu que le prochain éclair me ramène bien au XXI ème siècle… J’ai déjà assez de problèmes avec les vivants pour m’en créer d’autres avec les morts ! »
Elle décida de sortir et d’aller se promener dans la rue.
Elle poussa la porte de l’immeuble et resta bouche bée.
Les voitures avaient changé, les façades semblaient plus pimpantes et les passants arboraient des coiffures qui auraient fait fuir un coiffeur contemporain. Les hommes portaient des cheveux longs, des moustaches généreuses et des chemises bariolées. Les filles, quant à elles, semblaient avoir dévalisé les boutiques de vêtements psychédéliques.
Au coin de la rue, une affiche annonçait un concert de rock. Elle reconnut aussitôt l’ambiance de Woodstock, les slogans pacifistes et les appels à faire l’amour plutôt que la guerre.
— « Ça alors ! Peace and Love ! »
Elle se mit à marcher d’un pas décidé, lorsqu’un jeune homme à la chevelure abondante l’aborda :
— « Salut ! Ça te dirait de venir écouter les Pink Floyd ce soir ? »
Ginette esquissa un sourire. À vingt-cinq ans, elle n’allait tout de même pas refuser une invitation pareille !
Mais, le bonheur fut de courte durée.
Elle découvrit qu’il fallait désormais téléphoner en extérieur depuis une cabine, que les distributeurs de billets n’existaient pas, que les GPS étaient remplacés par des cartes routières et qu’il fallait attendre trois semaines pour récupérer des photos argentiques développées.
Pire encore, son médecin lui prescrivit de marcher davantage, son banquier lui demanda de passer à l’agence et le jeune homme à la chevelure abondante rencontré un peu plus tôt lui proposa un rendez-vous… en mobylette !
Ginette réfléchit.
Finalement, ses cinquante-six années supplémentaires avaient quelques avantages : les livraisons à domicile, les cartes bancaires sans contact, les sièges chauffants et surtout… les télécommandes !
Assise sur son pouf orange, elle décida de repartir dans le XXI ème siècle.
Elle tourna trois fois les aiguilles, lança un dernier regard au calendrier, avala une tisane de jus de crapaud et prononça le mot magique : « ABRACADABRA ! »
Soudain, un éclair illumina le salon. Ginette sursauta, ferma les yeux et attendit le pire.
Lorsqu’elle les rouvrit, tout était redevenu normal.
Elle contempla son vieux canapé, sa télévision grand écran en couleur et sa télécommande.
— « Ouf ! De retour à la maison ! »
Elle attrapa son smartphone, consulta l’heure et ajouta :
— « Et dire qu’en 1970, j’aurais dû attendre le lendemain pour raconter tout ça à ma voisine ! »
Puis, confortablement installée en se disant :
— « Finalement, je préfère encore vieillir dans mon époque. À mon âge, j’ai acquis une chose essentielle : le droit de ne plus pourchasser le temps. Et, si quelqu’un pouvait me faire reculer seulement de quarante ans… mais uniquement au niveau de mes articulations, je serai preneuse !?!… »
Elle éclata de rire, leva son verre et porta un toast à sa nouvelle philosophie :
*** La jeunesse, c’est dans la tête… mais les rhumatismes, eux, ravagent les articulations !😄 ***

;-) salut Zaza, oui rien que cela, ça serait super !!! Bon ne cherchons pas ce retour en arrière, mais gardons en les bons souvenirs de cette jeunesse… bon lundi croqueurs, bises jill