Enquête à rebondissement – 5/15

Gueule de bois !

Le lendemain, Meg s’est réveillée avec une sacrée gueule de bois et quelques cauchemars, en prime !

Autant dire que la nuit fut plus que tourmentée, mais pas des plus courtes, le radio réveil indiquait dix heures trente.

– « Damned, je vais être bonne pour un bon savon en arrivant au boulot. »

Coup de chance, le Capitaine était absent et Harold n’avait pas réussi à émerger non plus. Le café du distributeur de boisson était infect, mais il avait le mérite d’être chaud. La journée du six mars était bien entamée et le thermomètre avoisinait le zéro.

J’étais assise à mon bureau, le rapport du médecin légiste était tombé dans la matinée. Il confirmait nos premières constatations et nos impressions de la soirée.

Les deux enfants étaient morts égorgés, la mère tailladée de six coups de couteaux et le père s’était ouvert les veines à l’aide de la lame de rasoir qu’on retrouva dans sa main. L’affaire serait vite classée.

J’avais commencé à éplucher machinalement le dossier qui contenait les diverses dépositions de la nuit et de la matinée. J’appris que Madame O’llbrian avait une sœur qui vivait aussi à La Nouvelle-Orléans, sa déposition ne relevait aucune remarque particulière.

– « Meg ? » questionna Monica, une de ses collègues de bureau, les plus pulpeuses de la brigade.

– « Oui qu’y-a-t-il pour ton service ? »

– « Dis-moi, c’est bien toi et Harold qui êtes chargés du dossier O’llbrian ? J’ai ici une certaine Madame Brown qui prétend être la sœur de Madame O’llbrian, elle aurait quelque chose à dire à l’un ou à l’autre. »

– « OK, Monica, fais la rentrer. »

– « Sergent ? »

– « Madame Brown » !

Je m’étais levée machinalement et lui proposais une chaise.

– « Asseyez-vous, euh … je vous prie d’accepter mes sincères condoléances. »

– « Merci Sergent »

– « Ma collègue m’a laissé entendre que vous désiriez me parler ? »

– « Oui, enfin non, je ne sais plus… »

Elle éclata en sanglots.

Meg lui tendit la boite de mouchoirs jetables qu’elle avait toujours à portée de main.

– « Merci Sergent, vous voyez depuis que j’ai appris la nouvelle je suis effondrée, je ne sais plus quoi faire, où aller. Je ne sais plus si je veux parler à quelqu’un ou me taire. Je voudrai rester seule tout en étant accompagnée. Je ne sais même pas pourquoi je vous dis tout cela. »

– « Peut-être tout simplement parce que vous éprouvez le besoin de vous confier à quelqu’un et que si je suis là, c’est justement pour vous écouter.  La chose dont vous vouliez me parler doit être d’importance je présume.»

– « Il y a une heure, je le pensais en effet, mais maintenant je ne sais plus, je crois que je deviens folle ! »

– « Je ne le pense pas, sincèrement, et quand à l’importance de votre révélation si vous me laissiez en juger par moi-même. » 

Elle se moucha de nouveau, puis prit deux ou trois secondes avant de me répondre.

– « Voilà, ce matin un de vos collègues en uniforme m’a accompagné au domicile de ma sœur et m’a demandé de lui signifier s’il manquait quelque chose, un objet, n’importe quoi. Sur l’instant je lui ai répondu que tout était en place, mais … »

– « Mais ??? »

– « Non c’est ridicule, je dis n’importe quoi. »

– « S’il vous plait… »

– « C’est sans doute rien, je présume qu’ils ont dû la casser, comme cela peut arriver dans toutes les familles. »

– « Que manquait-il, Madame Brown ? »

– « Une petite pendulette. »

– « Une pendulette ???? »

– « Oui, une petite pendulette en porcelaine qui se trouvait sur la traverse en bois de la cheminée. Je me rends compte à présent combien ma démarche est ridicule, ils l’ont sûrement cassée par accident. »

– « Puis-je vous poser une dernière question ? »

– « Oui »

– « Quand aviez-vous rendu visite à votre sœur pour la dernière fois. »

– «  La semaine dernière, le lundi. »

– « Il y a environ un dizaine de jours donc, et la pendulette se trouvait-elle toujours sur la cheminée ? »

– « Je le suppose oui, je n’en suis pas certaine, mais en tout cas cela ne m’avait pas frappée comme aujourd’hui. »

– « Très bien, je vérifierai, laissez-moi vos coordonnées, si j’ai du nouveau je vous tiens au courant, tenez … ma carte, si un autre détail vous revenait n’hésitez pas à me rappeler. »

Madame Brown était partie comme elle était venue en me laissant à ma perplexité. Elle avait raison, il y avait de grandes chances pour que les O’llbrian  aient cassé malencontreusement cette petite pendulette. Je m’étais replongée dans le dossier.  J’en avais presque terminé la lecture quand Harold daigna enfin se montrer. Le Capitaine pointait toujours aux abonnés absents, il échappa aussi à l’engueulade, véritable calvaire des lendemains de cuite.

– « Salut Meg, bien dormi ? »

– « Salut Harold, pose la question au troupeau de kangourous qui font une course dans ta tête et tu auras ta réponse. »

 A suivre …

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

19 réflexions sur « Enquête à rebondissement – 5/15 »

  1. Bonjour ZAza .
    Voila un beau week-end qui s’annonce avec du beau temps .
    Je te souhaite de joyeuses Pâques .
    Et à toute ta famille .
    Bisous de nous deux .-

  2. Arf la pendulette nous plonge dans la perplexité . J’aime l’image des kangourous qui font la course dans la tête , je précise juste l’image …
    Bon samedi Zaza
    Bisous

  3. L’indice qui vient nous titiller les neurones et faire palpiter les pensées de Meg. En fine limière, elle va être accrochée!
    Bravo et merci pour ce partage, de gros bisous ma Zaza
    Cendrine

  4. Bon ben ça y est cette fois je suis a donf dedans, j’ai pris dès le début cette nouvelle enquête dans laquelle Meg mène la danse cette fois avec Harold son nouveau partenaire. Que cache cette pendulette! Je m’en vais voir la suite. Quel talent de romancière, c’est super! Bisous Zaza

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