ERREUR FATALE … !!! – 12/31

Dans l’appartement des Rodriguez Une sacrée surprise !

Un homme avec une barbe, une petite calotte sur l’arrière du crâne et un châle sur les épaules, attendait patiemment dans le noir.

Interloqués, ils le regardèrent tous les deux. Au bout de quelques instants, le quidam déguisé portant un costume de juif pratiquant, leur demanda :

– «Auriez-vous l’obligeance d’ouvrir la porte ? S’il vous plaît. »

– «Vous ne pouvez pas…»

– «Nous sommes vendredi soir, le Shabbat est commencé, je ne peux. Je n’ai pas le droit d’actionner la serrure électrique.» (Torah-Exode 20:10 – Six jours tu travailleras et le septième jour tu chômeras ).

– «Vous avez un dieu à coucher dehors.» Répliquait Jacky. «Je vous aiderais bien mais…»

– «Mais ?»

– «Mais je ne connais pas le code !»

– «C’est le : – 62 A 80 -».

Il composa la formule magique et la porte s’ouvrit dans un chuintement crispant. Le fils de Yahvé les salua, puis, délaissant l’ascenseur, disparu vers les hauteurs. Tandis qu’il maintenait la porte entrouverte, Meg examinait les boîtes aux lettres.

– «Manuel Rodriguez, c’est au rez-de-chaussée,» conclut-elle.

– «C’est ici.» Dit-il, en désignant une carte de visite punaisée au-dessus d’un bouton de sonnette, et en actionnant la clarine.

– «Glong… Glong…» Rien pas de réponse.

– «Recommence Eddy !»

– «Glong … Glong … Glong …»

Toujours macache, personne. Meg prit le trousseau trouvé sur son locataire caverneux, et introduit une clef dans la serrure de sûreté. Sans bruit, la porte s’écarta et ils entrèrent dans un couloir.

– «Il y a quelqu’un,» demanda Jacky à haute voix.

– «Les locataires sont absents.» Chuchota Meg.

Ils visitèrent l’appartement. A gauche du couloir, les W-C, puis la cuisine, au fond, la salle de bain, à droite, le séjour et puis la chambre.

Dans la chambre, devant la fenêtre, un secrétaire leur tendait les bras. Jacky ouvrit la lumière et commençait à fouiller le meuble. Meg regardait par-dessus son épaule.

Il ne voyait rien d’extraordinaire, que des papiers personnels aux noms de monsieur Manuel Rodriguez et madame Carmen Rogriguez. La main de sa coéquipière s’empara d’un bout de bristol, et le lui fourra sous le nez. Grossièrement, au crayon, quelqu’un avait écrit :

«Georges Tassart, mercredi huit novembre, vingt heures trente à la Coupole».

– «Merde ! Tassart !»

– «Oui ! Mais, Georges, pas Gaëtan ! » Triompha Meg.

– «Ouais ! Pas Gaëtan, mais le même nom, la même bobine … »

– «La même bobine ?»

– «Évidement ! Je suis certain que Georges Tassart est le type de la photo.»

– «Moi j’étais bien certaine que c’était Gaëtan !»

– «Oui, mais deux clones c’est déjà beaucoup ! Trois ou quatre on effleure l’improbable, on frise l’aléatoire, on chatouille l’invraisemblance, on accoste sur les rivages du déraisonnable !»

– «OK Eddy, tu as sans doute raison ! Je crois qu’il faut à tout prix faire parler Gaëtan.»

Ils entendirent la porte d’entrée s’ouvrir !

– «Et moi je crois que nous l’avons dans le fion !» Prédit-il en se retournant au moment où une petite bonne femme pénétrait dans la pièce en demandant :

– «C’est toi Manuel ?»

– «Non, ce n’est pas Manuel. Vous êtes madame Carmen Rodriguez, peut-être ?»

La nouvelle arrivante était menue, fine, avec un beau visage. Ses longs cheveux bruns, tombaient sur ses épaules. Elle ne répondit pas à sa question. A ses deux grands yeux sombres, sa mâchoire contractée et le super pétard qui, comme par enchantement, apparu dans sa main gauche, il comprit qu’elle était du même club que le défunt Manuel.

– «Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ? Comment êtes-vous entrés ?»

– «Oh là! Une question à la fois, belle ibère.» Dit-il.

Tout en les maintenant en respect avec sa pétoire, de sa main libre, elle saisit un téléphone et composa un numéro.

– «Allo ! Georges ? Bonsoir, c’est Carmen. J’ai ici, à la maison, les deux clowns dont Manuel s’occupe et …»

– «S’occupait !» Rectifiait bêtement Jacky pour frimer. «S’occupait car il ne s’occupe plus de rien le Manuel et pour longtemps !»

Les yeux de Carmen devinrent d’un noir de jais, ils exprimaient à la fois la haine et la tristesse. Elle reprit sa conversation avec le beau Georges, mais sa voix tremblait légèrement.

– «Il semblerait que ces deux enfoirés aient rectifié mon Manuel. D’accord Georges, J’attends ! Ange et Léon, dans cinq minutes !»

Elle raccrocha le combiné, puis s’adressant à eux.

– «Vous allez être bien sage mes salauds. Asseyez-vous par terre les mains sur la tête.»

– «On peut savoir ce que BIG Georges a prévu pour nous ?» Demanda-t-il.

– «Fais pas le mariole, sale crétin, tu le sauras bien assez tôt. Cependant, si tu veux que je te mette sur la voie, Georges m’a laissé entendre que toi et ton brancard, vous êtes polluants ! Mais il pense que ça peut s’arranger car vous êtes biodégradables.»

Sans le faire vraiment exprès, il faisait parler notre matonne, ce qui relâchait son attention. Meg en profita. Elle plongea dans les jambes de Carmen qui tomba à la renverse.

Au moment où les deux jeunes femmes roulaient à terre simultanément, un coup de feu claqua, et une douleur fulgurante irradia l’épaule de Jacky. Il s’affaissa sur les rotules, blessé ? Mourant ? Inquiet ! Mais à part un élancement vers le haut de son bras gauche, ça allait à peu près. Sa vue ne se brouillait pas, et il vit le combat unissant les guerrières. L’arme de poing crachat de nouveau.

Les deux adversaires enlacées se figèrent. Mentalement, chacune des deux femmes parcourait son corps en cherchant la blessure. Carmen la trouva, aidée par la douleur. Son regard devint lointain, sa main se crispa sur son ventre rougi, sa tête s’inclina sur le côté et dans un dernier soubresaut la vie quitta son habit de chair et d’os. Meg, à genoux, les yeux remplis de larmes, contemplait son œuvre !

– «Je ne voulais pas la tuer.» Sanglota-t-elle en se serrant contre lui.

– «Aie ! Tu me fais mal à l’épaule.» Se plaignit-il.

En se reculant, elle l’examina.

– «Mais tu es blessé ! C’est l’autre garce qui t’a fait ça ?»

– «Oui ! C’est l’autre … Allez ! Viens ! Il ne faut pas moisir ici, ses potes ne vont pas tarder à rappliquer, et ils doivent être d’un autre gabarit.»

– «Appuie-toi sur moi, je vais t’aider à marcher.»

– «Tu sais Meg, ce n’est pas aux jambes que j’ai morflé !»

Ils quittèrent l’appartement.

Une fois dans la rue, la fatigue ? Sa blessure ? Il se sentit «tout chose». Sa tête tournait et ses guiboles tremblotaient. Meg s’aperçut de sa défaillance et tout en le soutenant, murmura :

– «Tu fais le fier à bras Jacky, mais tu n’es qu’une petite poule mouillée. Un minuscule trou dans l’épaule et la terreur de la butte aux Cailles tombe en pâmoison !»

– «Arrête de cancaner, je voudrais bien t’y voir !»

Elle n’avait pas tout à fait tort, la sarcelle, il était bien heureux de s’en servir de canne !

Tout à coup, Meg le poussa entre deux voitures en stationnement. Il s’affala, elle s’accroupit à côté de lui en l’incitant au silence. D’où ils étaient tapis, ils apercevaient la safrane. Deux mecs, sortis d’une grosse Mercedes noire, examinaient la caisse. Sans doute Léon et Ange, le duo de «nettoyeurs» dépêché par l’ami Georges ! L’un des exterminateurs réintégra la voiture teutonne, et l’autre, se dirigea vers la crèche de Manuel. Il ne put entrer par la porte. Et pour cause, personne pour lui ouvrir ! Alors, il s’intéressa à la fenêtre du rez-de-chaussée. Les volets étaient justes tirés. D’un coup de coude sec et précis, il brisa un carreau et ouvrit la croisée. Il enjamba la barre d’appuis et pénétra dans la pièce. Le faisceau lumineux d’une lampe de poche vacillait, fouillant l’obscurité. Il se figea brusquement en direction du plancher, illuminant d’une blanche aura la tête de l’ex-madone canonisée, mais certainement pas prête de devenir sainte.

Soudain, des deux extrémités de la rue d’Oslo, quatre bagnoles de flics débouchèrent sirènes hurlantes.

La Mercedes qui était dans une rue transversale, démarra discrètement et partit sans demander son reste, abandonnant à la vindicte policière, l’explorateur qui venait de découvrir Carmen.

Celui-ci apparut dans l’encadrement de la fenêtre, éclairé par les phares d’un fourgon d’argousins. Comme au théâtre, inondé de lumière, l’Apache joua son dernier rôle. Il s’est jugé flambé, puisqu’il était surpris, sa retraite coupée et sa calèche envolée. Alors, en vrai julot qui se gausse de l’embûche, d’une main ferme, sans trembler, il a sorti son feu et a défouraillé !

Deux poulets sont tombés, victimes du devoir. Trois autres furent blessés. Quant à l’acteur d’un soir, sans condescendre à geindre sous l’impact des balles, et sans daigner savoir où se barraient ses tripes, tout en buvant le sang envahissant sa bouche, comme un loup indompté, il est mort sans moufter !

Après la tempête, l’espace d’une minute, ce fut le grand calme. Puis l’animation reprit. Des visages inquiets, ou endormis, s’affichèrent aux fenêtres. Des flics s’activaient autour des morts et des blessés. D’autres entrèrent chez les Rodriguez. Un brigadier réclamait des ambulances par radio. Meg et Jacky allèrent se relever, lorsque derrière eux, la voix de Fabien Tarlouse se fit entendre !

– «Alors les amoureux… On est toujours dans les bons coups ! Comment allez-vous depuis la nuit dernière ?»

– «Ça pourrait aller mieux ! » Se plaignit Jacky. «Mais, par quel prodige êtes-vous arrivé si vite ici ?»

– «Un locataire de l’immeuble a téléphoné pour signaler des coups de feu ! Vous avez une mine de papier mâché, monsieur Gobé» Reprit le commissaire. «Oh ! Mais on dirait que vous avez participé à la distribution. Vous avez gagné un lot ?»

Tarlouse l’entraîna dans une zone éclairée et tout en examinant son épaule :

– «Et vous Meg ? Vous êtes blessée ?»

– «Non, je n’ai rien …»

– «Vous tremblez comme une feuille ! Auriez-vous froid ?»

– «C’est l’émotion, et j’ai eu le trac pour Eddy.»

– «Eddy ?»

– «Jacky, si vous préférez.»

– «Ah! Jacky … Eddy pour les dames ! La balle a traversé le gras de son épaule. Je ne pense pas que l’os soit touché, mais …»

– «Mais ?»

– «Mais il a perdu pas mal de sang et il faut nettoyer la plaie. C’est dans la fusillade que vous avez ramassé ça monsieur … Jacky … Eddy ?»

– «Ben, oui !»

– «C’est curieux, de l’endroit où vous étiez, derrière une voiture ! J’aurais juré que c’était impossible. D’ailleurs, à aucun moment Billy the Kid n’a tiré dans votre direction ! Il a arrosé les agents situés juste devant lui.»

– «C’est peut-être un …»

– «Un flic ? Vous vous foutez de ma gueule ?»

– «Ou alors une balle qui a ricoché !»

– «Oui, c’est bien ce que je dis, vous vous foutez de ma gueule !»

A suivre …

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

26 réflexions sur « ERREUR FATALE … !!! – 12/31 »

  1. Bonjour Zaza .
    Je suis désolé de mon absence , mais avec ma Maman , je n’ai pas eu de temps a consacrer à mon blog .
    Mais je te remercie pour tes commentaires pendant pendant mon absence et tes bons souhaits de Noël qui j’espère c’est bien passé .
    Maria se joint à moi , pour te souhaiter une Bonne et Heureuse Année 2017 et à tous tes proches également .
    Bisous de nous deux .

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  2. Ah, cette Meg et ce Jacky, pas une seule minute de repos :))) ! Ni pour les personnages ahurissants qui croisent leur chemin et, ne leur voulant pas du bien, ne s’en tirent pas … bien. Gros bisous, Zaza, à bientôt pour les voeux de bonne année.

  3. Pauvre Eddy, Meg va jouer les infirmières?
    J’ai adoré le combat féminin et j’ai bien ri à l’évocation du voisin juif. Sarcelles étant la « petite Jérusalem », nous avons différents voisins qui demandent d’ouvrir la porte de la même façon. Ils ne peuvent allumer la lumière etc… Il y a eu bien des histoires cocasses avec ça!
    Toujours haletante et pleine de verve ton histoire, tu nous as bien ferrés dans tes filets d’écrivain, grosses bises ma Zaza, amicales pensées!
    Cendrine

  4. J’ai oublié: merci pour la chanson : cela m’a rappelé l’école de mon enfance ! trop bien!
    Bon réveillon et bonne et heureuse année :pace e salute !
    Bisous

  5. Eh bien!!! tu n’y vas pas avec le dos de la petite cuillère, toi. Ça sent le roussi chez les Rodriguez. Moi veut pas y’aller!!!! Gros bisous, ma Zaza et merveilleuse année 2017. Oui, c’est vrai, un peu en avance, mais quand on aime…On ne compte pas, hein? Gros bisous, ma bichette.

  6. Bonsoir Zaza,
    Cela sans le triller à plein nez …….on ni voit rouge.
    bonne fin de semaine et bon réveillon
    amitiés

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