
RAPPEL DES RÈGLES :
- Une définition.
- Un mot à trouver.
- Faire des anagrammes avec 5 lettres minimum, pas utile de faire beaucoup de mots, 5 ou 6 sont largement suffisants pour un texte passionnant.
- Vous faites un texte avec les mots.
- Cerise sur le gâteau, un texte en rapport avec le mot mystère.
AAOEENCHRT – ANACHORETE – Nom féminin en 10 lettres
Les anagrammes imposées par Lilou : « Archonte – Arcane – Acanthe »
Définitions : « Une personne qui se retire de la société pour mener une vie solitaire, religieuse et contemplative.
Personne qui décide de tout plaquer pour vivre isolée du monde… ce qui est extrêmement pratique pour être enfin sûre de n’avoir aucun voisin pour lui emprunter sa tondeuse ou râler contre le bruit.
En résumé : Le seul être humain capable de dire qu’il a « beaucoup de monde dans sa tête » tout en vivant totalement seul au fond d’une grotte… »
Consigne supplémentaire : Les anagrammes commencent par un A.
À vos dictionnaires ! – 😂 – Les anagrammes utilisées !
« Les anagrammes : Acharne, antre, anachorète, acatène, arénacé, aneth, arcane, ancêtre, achante, archonte, ahane, archet, athée. »
« Pas plus de 12 mots, ceux de la consigne comprise… »
« Le compte est bon ma Lilou, y compris le mot Mystère, ce qui fera 13 à la douzaine. » 😂 😂 😂
Ma petite île et moi !

Comme vous le savez, je vis sur une île pendant plus de six mois dans l’année.
Dit comme ça, cela peut sembler très poétique. Et ça l’est, à condition de supporter les mouches quand il fait trop chaud, le vent qui s’acharne sur les volets et frappe dans le pignon de mon antre quand il souffle d’ouest, et cette fichue bouteille de gaz qui choisit toujours le dimanche matin pour rendre l’âme.
Je ne suis pourtant ni naufragée, ni Robinson Crusoé, ni anachorète.
Je n’ai pas fait vœu de silence, et je ne me suis pas retirée du monde pour méditer sur les grandes questions de l’existence. D’ailleurs, je parle volontiers aux gens, souvent de trop au point d’avoir une de mes amies qui m’a surnommé ***Débranche*** !
Je suis plutôt une solitaire, une solitaire acatène. Une solitaire heureuse de l’être !
Ma grande ambition quotidienne est assez simple : contempler.
Contempler la mer lorsqu’elle est calme, lorsqu’elle se fâche, lorsqu’elle devient grise, bleue, verte ou presque violette au coucher du soleil.
Contempler le littoral arénacé entre plage et dune.
Contempler le ciel, les nuages qui passent sans jamais demander la permission, les oiseaux qui semblent connaître par cœur toutes les destinations du monde, la végétation exotique de l’île et de mon jardin…
Humer les émanations d’aneth sauvage, et de goémon d’épave sur les grèves.
Ma seule prière serait donc celle-ci : me laisser contempler la nature encore quelques années.
Encore cinq minutes, puis encore cinq… et si personne ne proteste, toute la journée…
J’ai parfois l’impression que la mer possède un arcane, une sorte de secret bien gardé. Elle ne parle jamais vraiment, mais elle raconte tout de même quelque chose à qui sait l’écouter. Il suffit de s’asseoir, de la regarder, d’écouter son ressac. Au bout d’un moment, on se demande si l’on contemple la mer ou si c’est elle qui nous contemple…
C’est probablement à ce moment-là que je deviens philosophe.
Heureusement, cela ne dure pas.
Il y a toujours une casserole qui déborde pour me rappeler que je suis un être humain du XXIème siècle et non un sage ancêtre datant de Mathusalem.
J’aime aussi observer les détails minuscules : une branche d’achante qui pousse avec l’assurance d’une plante persuadée d’être décorative, un lézard immobile au soleil, un crapaud sorti un jour de pluie, le passage furtif d’un crabe qui semble avoir un rendez-vous extrêmement important.
Je regarde tout cela avec le sérieux d’un archonte chargé de surveiller les affaires de l’île.
La différence, c’est que mes décisions sont beaucoup moins importantes.
« Aujourd’hui, vent du sud, aussi chaud que le sirocco. »
« Coucher du soleil disparaissant en mer. »
« Il faudrait peut-être aussi rentrer le linge resté sur la ligne de séchage. »
Voilà à peu près l’étendue de mes responsabilités.
Et puis il y a les jours de grands vents et de tempêtes.
Ces jours-là, même si j’ahane, les éléments me rappellent gentiment que je ne suis pas propriétaire de l’île. Je suis seulement propriétaire de mon havre de paix, avec un bail reconduit tacitement par la nature dans le souvenir de mes parents. La mer cogne, les trois derniers pins du jardin penchent, les portes claquent et moi, je fais semblant d’avoir prévu tout cela.
Je ne cherche donc pas à fuir le monde.
Je cherche seulement à en être un peu moins encombrée.
Ici, la solitude n’est pas une punition. Elle est une compagnie discrète. Elle laisse de la place aux pensées, aux silences, aux bruits du vent et aux conversations improbables avec soi-même.
Et si parfois quelqu’un me demande :
– « Mais tu ne t’ennuies jamais, toute seule ? »
Je regarde la mer, le ciel et les nuages. J’écoute le sifflement du vent sorti d’entre les rochers, tel le son du violon émis par son archet.
Et que fait la pie entrée dans la véranda pour voler des croquettes dans la gamelle de Pupuce ???
Alors, je réponds :
– « Non. Mais la pie, visiblement, ne s’ennuie pas non plus. »
Après tout, je n’ai pas besoin de grand-chose.
Mon île de Batz, la mer dans le chenal qui me sépare du continent, le vent, un peu de soleil, de quoi se sustenter et suffisamment de temps pour regarder tout cela le plus longtemps possible.
Si c’est cela vivre en ermite, alors je veux bien continuer.
Mais hors de question de vivre en anachorète. Je suis athée, les prières au bon Dieu, je les laisse aux grenouilles de bénitier…
Il ne faut tout de même pas exagérer !?!… 🤣.

;-) un choix de vie 6 mois durant, eh non pas en vrai ermite, l’île est habitée, tu côtoies des gens…. et comme chantait Bécaud, la solitude….. ;-) belle journée Zaza, bises jill