Le roi de Dalmar … !!! 1/3

Extraits des Contes Populaires de Basse Bretagne

9782737340895
Rèd ê ma ouefac’h
Penaoz eur veach.

Il faut que vous sachiez
Comment une fois.

Il y avait un roi de petite Bretagne qui avait un fils.

Celui-ci était parvenu à l’âge où l’on est jeune homme, et il dit un jour à son père qu’il voulait se marier.

— « A qui donc, mon fils ? »
— « A la fille du roi Dalmar. »
— « Hélas! Mon enfant, quant à celle-là, tu ne l’auras pas. Depuis l’âge de ses douze ans, elle est enfermée dans une tour. Personne ne la visite, excepté la femme qui lui porte à manger, tous les jours. »
— « Peu m’importe, j’irai toujours la demander à son père, et si je n’ai celle-là pour femme, je n’en aurai aucune autre au monde. Je ne sais quelle direction prendre, ni par où me rendre à la cour du roi Dalmar; mais, à force de marcher, je finirai bien par y arriver, tôt ou tard. »
— « Si ta résolution est bien prise, je n’y ferai pas d’opposition; mais, au bout d’un an et un jour, il faudra que tu sois de retour à la maison. »
— « Je vous promets d’être de retour, au bout d’un an et un jour. »

Et il partit, dans un beau carrosse, accompagné d’un valet de chambre seulement. Ils allaient au hasard, ne sachant quelle direction ils devaient prendre. Ils ne cessaient d’aller, d’aller toujours devant eux, sans jamais s’arrêter. Un jour, la nuit les surprit, au milieu d’une grande forêt.

Les chevaux étaient fatigués, et le valet proposa à son maître de les dételer, pour leur donner un peu de repos, et de passer la nuit dans la forêt. Le prince y consentit.
Il coucha, comme à l’ordinaire, dans sa voiture, et le valet s’étendit sur la mousse et la fougère, au pied d’un vieux chêne, pendant que les chevaux paissaient tranquillement, non loin de là.

Vers minuit, le valet, qui ne dormait pas encore, entendit du bruit dans l’arbre, au-dessus de sa tête, comme celui d’un grand oiseau qui viendrait y percher, pour passer la nuit.
Il leva la tête, et vit (car il faisait clair de lune) quelqu’un assis dans un fauteuil posé en équilibre sur les branches de l’arbre.

Cela l’étonna fort. Un instant après, le même bruit se renouvela, et un second personnage arriva, et s’assit dans un second fauteuil. Puis, un troisième…

Le premier prit alors la parole, et dit :

— « Eh bien ! Mes enfants, la journée a-t-elle été bonne ? Savez-vous quelque chose de nouveau ? »
— « Mauvaise journée ! » Répondirent les deux autres, « et nous ne savons rien de nouveau. »
— « Eh bien ! J’en sais, moi, du nouveau. Le fils du roi de petite Bretagne est dans le bois. »
— « Ah ! Vraiment ? La bonne aubaine, si nous pouvions mettre la main dessus ! »
— « Il va demander en mariage la fille du roi Dalmar. Mais, il n’est pas encore au bout de ses peines; il n’est pas aussi facile qu’il se l’imagine, sans doute, d’aller à la cour du roi Dalmar. En sortant de la forêt, il rencontrera un fleuve, qui a soixante lieues de largeur. Comment pourrait-il le passer ? Car il ne trouvera ni passeur, ni bateau. Il y a cependant un moyen, et s’il avait été ici, j’aurais pu le lui enseigner. »

Le valet du prince prêtait ses deux oreilles, je vous prie de le croire !

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— « Et quel est ce moyen ? Demandèrent les deux autres. »
— « Arrivé auprès du fleuve, il lui faudrait couper une baguette, dans la haie, du côté du levant, lui enlever l’écorce, puis en frapper trois coups sur l’eau. Aussitôt un beau pont s’élèverait sur le fleuve; il pourrait le traverser, et arriver ainsi facilement jusqu’à la capitale du roi Dalmar. Mais, ce n’est pas tout. En arrivant dans la ville, il lui faudrait encore s’habiller en princesse et se présenter au vieux roi comme une amie de sa fille, qu’elle aurait connue en Espagne, et qui serait venue lui faire visite. Il demanderait à coucher dans la même chambre que la fille du roi, et il l’enlèverait, la nuit, par la fenêtre. S’il avait été ici à m’écouter, il aurait pu mettre à profit ces conseils, et peut-être aurait-il réussi dans son entreprise. »

En ce moment, le jour commença à poindre, et nos trois personnages s’envolèrent. Le valet avait tout entendu, mais, il n’en dit rien à son maître. Il réveilla celui-ci, qui avait dormi toute la nuit, dans son carrosse, et n’avait rien entendu; il attela les chevaux, puis, ils se remirent en route. Ils arrivèrent sans tarder auprès du fleuve.

— « Hélas ! Ici, il nous faudra nous arrêter », dit le prince en voyant devant ses yeux une si grande étendue d’eau.
— « Peut-être, mon maître; ne désespérez de rien », dit le valet.
— « Et comment veux-tu que nous passions ? Ce ne sera pas à la nage, je pense; et point de passeur, pas le moindre bateau ! »

Le valet ne répondit rien; mais, il alla à la haie, du côté du levant, y coupa, avec son couteau, une baguette de coudrier et se mit à l’écorcher, tout en continuant sa route. Parvenu sur la rive du fleuve, il frappa trois coups de sa baguette sur l’eau, et à l’instant, ils en virent surgir un beau pont, qui allait d’une rive à l’autre.

A suivre …

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

37 réflexions sur « Le roi de Dalmar … !!! 1/3 »

  1. …pour l’instant c’est un « sans faute » mais te connaissant…ce n’est pas fini!
    Bisous du jour de Mireille du Sablon

  2. Et bien ces génies là, savaient parler sans blafouiller, pas comme celui de l’histoirre de la grosse « mite » … !!! Un beau pont, avec une simple baguette ……. !!!
    Une suite, certainement, je reviendrai. yann

  3. Et tu nous plantes là!!!!!! Vivement demain alors…J’adore, ma belle. J’espère que tu as passée un agréable dimanche. je t’embrasse et douce journée.

  4. J’ai hâte de lire la suite, mais, en attendant, j’imagine.
    Tu as choisis de beaux acteurs… j’aime !
    Bises et douce journée.

  5. Ah ha, à suivre ! Merci, Zaza, le début est prometteur, hé hé, et bien illustré ! Mais ce que j’ai le plus apprécié c’est l’introduction en breton ! Bizzz.

  6. Bonjour
    J’espère que ton week-end c’est bien passé et que tu vas bien et tes proches aussi .
    Aujourd’hui , c’est l’été et il fait beau chez nous .
    J’espère que ça va durer un peu .
    Je pense me faire un peu plus rare sur le blog car dès qu’il fait beau , nous avons bien l’intention d’en profiter pour aller balader .
    Je te souhaite un bon Lundi , une bonne semaine et surtout un bel été .
    Bisous de nous deux .

  7. Ah ah ah, le valet va-t-il rester aussi fidèle à son maître, ne va-t-il pas vouloir utiliser les bonnes solutions pour lui et lui ravir la femme qu’il veut épouser ?????
    A demain Zaza. Bisous

  8. Ah mais t’es pas rigolote toi :-) moi j’y étais dans l histoire …bon d’accord si c’est comme ça je reviendrai pour lire la suite :-)

    bisous

  9. C’est un onte donc en principe il va y avoir un gros bémol bientôt , je suis toute ouie et attend la suite avec impatience . Miracle mon clavier refonctionne , le A se tient tranquille pour l’instant
    Bonne soirée
    Bisous

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