Le week-end, un thème, un tableau – 04 Juillet 2026… !!!

LES CONSIGNES DE FARDOISE, CLIC.

Le thème : « Pique-niquer à l’ombre. »
Le mot de Fardoise : « La canicule ne semble pas reculer vraiment, enfin ici, dans la vallée du Rhône, alors, nous nous sommes allés nous baigner, nous promener en forêt, je vous propose à présent d’aller pique-niquer à l’ombre. »

Le déjeuner sur l’herbe – Édouard Manet

Huile sur toile – Dimension : 207 x 265 cm – Datation : 1863 – Localisation : Grand Palais (Musée d’Orsay)

Alors que les grands formats sont réservés à la peinture d’histoire, Manet décide de représenter une scène de pique-nique champêtre a priori banale, à un détail près : la présence d’une femme nue, en compagnie de deux hommes habillés, qui plante son regard dans celui du spectateur.
Nymphe des temps modernes
On ne voit qu’elle : l’impudique jeune femme regarde le spectateur d’un œil assuré et complice, comme pour l’inviter à prendre part à ce pique-nique.
Sa présence semble irréelle et sa nudité, un non-sujet. Pourtant, par un habile jeu de mise en scène, sa silhouette diaphane irradie de lumière, contrastant avec l’ombre du sous-bois.
Ce visage doux n’est autre que celui de Victorine Meurent, modèle récurrent du peintre qui a aussi prêté ses traits à la sulfureuse Olympia, achevée la même année.
Exit les poses lascives de nymphettes alanguies ou de déesses à la plastique idéalisée, qui peuplent l’histoire de l’art occidental depuis l’Antiquité, et la peinture académique des contemporains de Manet en particulier.
L’artiste représente ici un corps féminin non sexualisé, dans tout ce qu’il a de plus naturel, avec ses plis de chair en prime !…
Aux yeux des contemporains de Manet, la modernité des personnages rend obscène cette scène presque irréelle. Manet s’en amusait d’ailleurs, surnommant son tableau « La partie carrée ».
Rejetée par le jury du Salon de 1863, cette œuvre est exposée par Manet sous le titre « Le Bain » au Salon des Refusés accordé cette année-là par Napoléon III. Elle en constitua la principale attraction, objet de moqueries et source de scandale.
Pourtant, Manet revendique dans « Le déjeuner sur l’herbe » l’héritage des maîtres anciens et s’inspire de deux œuvres du Louvre. Le « Concert champêtre » du Titien, alors attribué à Giorgione, fournit le sujet, tandis que la disposition du groupe central s’inspire d’une gravure d’après Raphaël 
: « Le jugement de Pâris ».
Mais dans cette toile, la présence d’une femme nue au milieu d’hommes habillés n’est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique.
Une question de perspective

Les critiques reprochèrent à Manet son sens de la perspective peu conventionnel. En témoigne, à l’arrière-plan, cette baigneuse (qui, elle, est habillée), dont le corps brossé en quelques coups de pinceau paraît disproportionné. L’absence de profondeur renforce l’artificialité de cette mise scène, qui semble s’insérer dans un décor imaginé pour une scène de théâtre.

Mais ce qui m’a amusé, c’est aussi de comparer ce déjeuner sur l’herbe d’Édouard  Manet avec celui de Claude Monet.

Le Déjeuner sur l’herbe – Claude Monet

Huile sur toile – Dimension : 418 x 150 cm – Datation : 1865 ou 1866 – Localisation : Grand Palais (Musée d’Orsay)

En revanche, le « Déjeuner sur l’herbe » de Monet, peint en 1865 ou 1866, est moins connu car il est resté inachevé. Monet s’est influencé du travail de Manet dans la positions des personnages. Toutefois, il envisageait une scène différente, plus en harmonie avec son propre style impressionniste naissant.
Son tableau, beaucoup plus grand, devait représenter une scène de pique-nique en plein air, baignée de lumière naturelle.
L’approche de Monet met l’accent sur les effets de la lumière et de l’atmosphère, avec une palette de couleurs plus vibrante et des touches de pinceau visibles, caractéristiques de l’impressionnisme.

Ce que je conclurai :
Bien que leurs titres et thèmes soient similaires, ces deux tableaux présentent des différences significatives en termes de style, de composition et de contexte.
« Le Déjeuner sur l’herbe »
de Manet et celui de Monet représentent deux approches distinctes du réalisme et de l’impressionnisme.
Alors que Manet critique et provoque, Monet observe et capture, chacun contribuant à sa manière à l’évolution de l’art moderne

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

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