Le week-end, un thème, un tableau – 07 février 2026… !!!

LES CONSIGNES DE LILOU, ICI.

Son thème : « Éclats de Givre & Silences. »       
Le mot de Lilou : « On l’a tous vu, il ne fait pas chaud, mais alors pas du tout. Février qui débute risque de bien encore quelques morsures.
Et si le froid nous faisait la promesse d’une grande pureté.
À travers une palette de blancs boréaux, de bleus abyssaux et de gris argentés, effleurez du regard la poésie de l’hiver en ajoutant quelques touches d’émeraude ou de mauve et redonnez vie sous la glace. »

De quoi être compétemment givré !

Atlantide – Eyllylliae

Huile sur toile – Dimensions : 92 x 73 cm –  Date de création : 2022

Une œuvre inspirée par les grottes, le mystère, le silence, les trésors cachés, protégés.
J’avoue que cette représentation me glace !
Voici comment l’artiste parle d’elle… Un extrait croustillant de son livre : Libertad. Autobiographie d’Eylliae.
« Le pas mal assuré de mon roi dans l’escalier, le bruit de la tasse tremblotante dans la soucoupe m’annonce le glas du lever. Vive le lit et la grâce matinée ! Les artistes se couchent à l’aube, c’est connu ! Ils ne peuvent prétendre se lever au chant du coq. Quel jour sommes-nous ?
C’est la première énigme que ma cervelle encore noyée dans les brumes nocturnes doit élucider rapidement. La douce torpeur de la nuit ayant stoppé le grand sablier du temps, l’horloge crânienne reprend sa course folle, dans le sens inverse et remonte le temps. Alors que la roue du temps tourne, je savoure le doux nectar qui me sort avec douceur de mon précieux sommeil. La dernière gorgée a le même effet sur moi qu’un lever du drapeau dans une caserne militaire.« Bon sang ! Mardi, aujourd’hui j’ai un rendez-vous important » le lit m’expulse. Les pantoufles se cachent comme d’habitude. Je ne les cherche pas, tant pis ! La nuit a cousu les manches de ma robe de chambre, je renonce… La douche achève le réveil. Les yeux bien ouverts, je parcours chaque millimètre de ma petite personne, passant en revue le moindre détail. J’opte pour le camouflage d’urgence, fond de teint, anticerne. La garde-robe se défile comme à l’accoutumée. Traitresse, elle fait rebondir ce qui devrait paraître plat et elle efface ce qui devrait me servir d’offrande. Je souffle… Je dois convaincre par mon travail, mais… dans certains cas une arme supplémentaire n’est pas inutile. La crinière blonde lâchée sur une robe moulante en velours noir, des talons aiguille, l’image est flatteuse. J’observe, je doute… trop tard ! Je pars. J’adore certains bâtiments administratifs. Ils exhibent un luxe qui renvoie immédiatement le peuple à son rang de manant. Je suis en extase face à tant de luxe déployé, que de trésors restaurés, je souffle ravie comme un chien devant un chapelet de saucisses ; je me sens à ma place. Les artistes adorent la magnificence dans tous ces états, quand ils ne la possèdent pas. Dans l’attente que l’on daigne me recevoir, je me plus à habiller ces décors de rêves avec mes toiles, et la transformation magique s’opère, je suis rassurée sur mon talent. La porte s’ouvre, je sursaute. Je souris.  Zut ! C’est une femme. Je constate à chaque fois avec amusement que les femmes ont ce regard rapide qui vous donne l’indice tout de suite sur ce qui cloche dans votre apparence. Je penche la tête en direction de sa fixation. Ha ! Un cheveu, cela fait désordre ; je l’attrape délicatement, tout en la regardant, je lui souris bêtement. Comme si l’agonie d’un long cheveu blond sur une robe noire pouvait remettre en cause mon talent et mon charme naturel. Vous avez rendez-vous avec ? Tiens, elle parle ! Le directeur. Il est en retard ! Vous allez devoir patienter ! Cela n’a pas d’importance, j’ai tout mon temps. Elle m’observe. Quel est l’objet de votre visite ? Une exposition. Je suis peintre ! Le regard devient vif et perçant !Bien !Elle disparait. Son pas résonne dans le vaste couloir. Une porte claque. Le silence s’installe à nouveau. Mes yeux s’égarent, mon esprit se promène. La porte s’ouvre à nouveau. L’homme est charmant, ce n’est pas gagné pour autant. Je souris timidement. Je me lève offrant une main tendue. La femme revient, cherche à détourner son regard en lui parlant d’un dossier. Il s’en fiche ! Elle rumine. Ce premier contact est toujours important pour moi, le regard et le contact de la main sont les premiers signes qui m’aident à choisir la stratégie à adopter pour repartir comblée. 
Asseyez-vous, je vous en prie ! Merci. Il s’assoit, découvre une page vierge de son calepin, toujours neuf ? Prends un stylo, le tourne dans tous les sens en le triturant. Baisse les yeux dans sa direction, découvre le mécanisme,
Euréka, ça marche ! Il lève un regard de chaton timide vers moi, fronce les sourcils et articule se rendant compte que c’est moi qui viens faire requête. Je vous écoute ! Il m’arrive parfois d’avoir envie de me lever et de fuir immédiatement, mais mon sang chaud glace l’envie. J’expose la requête avec le même aplomb que Marie-Antoinette face à l’échafaud pour garder sa tête. Il s’en aperçoit et me rassure avec son adorable sourire et un regard inquisiteur que seuls ont les hommes !  La vie d’un peintre passe inévitablement par ces entretiens parfois sympathiques, amusants ou décevants. Nous allons à la rencontre d’une horde d’individus emplis d’une intelligence malicieuse, de charme et de classe ou son panache de crétins idiots prétentieux. Nous recevons chaque jour des tas de demandes pour des expositions et par de très grands noms vous savez ! « Bien sûr que je sais abruti, mais je suis moi ! » Dans un tel endroit, j’imagine ! Je réponds en agrandissant les yeux. Vous connaissez monsieur X, Y, Z ! Ce sont des peintres très connus en Charente-Maritime. « OK trésors ! Si tu commences avec ce registre, je vais te sortir la grande artillerie. » Non, je suis désolée, ces noms ne me disent rien. Je mens bien sûr que je les connais, même les taupes ont entendu parler d’eux. Je n’expose pas beaucoup dans la région. J’ai exposé aux États-Unis… Et je lui sors tout mon CV. Bing !
La tronche qu’il tire, qu’est-ce qu’il croyait cet idiot que je sortais tout droit de mon village ! Eh bien non ! tu as devant toi une nana qui a trainé sa bosse un peu partout. 
Montrez-moi votre travail. Mon état de service l’a convaincu que je n’étais pas une débutante. Je lui tends mon press-book. Instant fatidique. Là plus de stratégie à adopter, car tout va dépendre de l’individu. Dans le premier cas, il s’y connaît et juge avec des termes appropriés. Si le travail lui plait, c’est OK, si l’œuvre ne rentre pas dans ces critères, c’est fichu, aucun argument ne le fera infléchir. Si c’est un gentil qui n’y connaît rien et qui l’avoue humblement, il faut sortir la grande parade et le convaincre. Par contre, si c’est le crétin qui n’y connaît strictement rien, mais qui croit tout savoir, c’est fichu. Il me faudra adopter l’attitude de l’artiste méconnue. Je ne suis pas un grand spécialiste, quelle est votre technique ? C’est de l’huile ? C’est surprenant ! Très bien, trois questions d’entrée, c’est super. C’est de l’huile. Je monte mes couches aux couteaux, je lisse et j’intègre parfois des collages. C’est du verre. C’est magnifique !
« Ouf ! » Bon ! Il tend le bras vers un meuble qui menace de s’effondrer. Le bureau est petit, simple, je dirai même modeste. Il saisit un agenda. Tout va dépendre du planning, et de vos exigences. Je n’en ai pas. Ha ! C’est le genre de réponse qui surprend toujours. Un artiste et en plus une femme sans exigence là généralement ça fait sourire un homme. Le départ se déroule comme l’arrivée. L’homme me raccompagne. Si vous avez un souci, appelez-moi ! La secrétaire arrive au galop, cherchant à rattraper son étalon de patron. Il lui sourit. J’arrive ! Elle exulte de bonheur, me regarde comme un doberman bave devant sa gamelle. Au revoir Madame, lui dis-je en souriant tout en déviant mon regard vers l’homme. Je repars, comblée.  (Extrait du livre Libertad. Autobiographie d’Eylliae)
Eyiliae  a exposé de 1993 à 2008 à New York, Las Vegas, Taos, Rome, Palo Alto, Corse à Calvi, Sarrebourg, Vittel, Nancy, Marseille, Paris. 
Et si vous voulez en savoir un peu plus sur cette artiste, CLIC.

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

27 réflexions sur « Le week-end, un thème, un tableau – 07 février 2026… !!! »

  1. ce texte plein de saveur, cette peinture me rappellent
    le lecture de l’historien en autre des couleurs « bleu  »
    de Patureau.
    Bon WE

    François

  2. J’avais que je préfère l’admirer ici avec ce beau texte que chez moi, il est glaçant en effet!
    Bon w-end!
    Bises de Mireille du sablon

  3. Une écrivaine et une peintre de talent !
    Une oeuvre glaçante mais belle avec tous ces tons de bleus
    Excellent choix
    Bisous ma Zaza et bon WE

  4. un tableau sublime
    on se noierais presque avec plaisir dans ce bleu glacier
    et le texte quelle plaisir
    bon samedi ZAZA kénavo

  5. Merci pour cette découverte , j’ai vraiment apprécié et l’oeuvre et le style d’écriture de cette artiste .
    Bon week- end
    Bises

  6. Très glacée mais très belle dans les profondeurs, et le réveil de l’artiste n’est pas de tout repos !
    Merci pour cette découverte.
    Bises et belle journée

  7. Coucou Zaza, j’ai souri en voyant ce tableau car la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est l’histoire de Cendrillon lol ! Viens habiter à st Malo depuis hier on a 14°. Ce matin il a plu pour aller au marché (heureusement en voiture) mais depuis fin de matinée le soleil arrive et il fait très doux. On en profite quand on voit les inondations dans le Finistère et Morbihan mais bon certains endroits sont en bord de rivière ça ne m’étonne guère du fait que plus personne n’entretient ces rivages. Je t’envoie du soleil et de la douceur pour ton week-end terrien ! Bisous malouins. Evelyne

  8. Je viens de me promener dans cette toile et j’ai froid !
    N’empêche que je le trouve très belle.
    Quelle plume a cette artiste !
    Bon après-midi Zaza.
    Je t’envoie du soleil.
    Bises

  9. Chère Zaza,

    Quel bleu absolument magnifique !
    Il est d’une profodeur incroyable.
    L’extrait de la biographie de Eylliae est un vrai régal, j’ai adoré son ton décalé et son « aplomb de Marie-Antoinette » face à l’administration.
    C’est une sélection pleine de caractère et de talent, une belle découverte.

    Un splendide univers de glace et de lumière !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

  10. Une trouvaille impressionnante avec ce tableau qui me fait penser au château de la Reine des Neiges. Et le texte est tout aussi étonnant. Moi qui aime le bleu, je suis sous le charme de ce lieu pourtant glacial.

  11. et oui des belles photos qui donnent envie d’y aller……mais de nos jours je me contenterai des photos que l’on m’envoi….passe une bien agréable journée en ce début de semaine

  12. Bonjour Zaza.
    Depuis Vendredi, nous avons des invités de qualités; le plus jeune de nos petits enfants avec sa compagne.
    C’est aussi l’occasion pour lui de se retrouver entre cousins qui habitent près de chez nous.
    Ils se retrouvent tous à la maison autour de la table et ça nous occupe Maria et moi.
    De toute façon, nous sommes bien contents.
    J’espère que ça va comme tu veux et je te souhaite un bon Dimanche.
    Bisous de nous deux.

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