**Le week-end, un thème, un tableau** – 3 février 2024… !!!

Les consignes de Lilou, CLIC, pour les 3 et 10 février 2024.

Le mot de Lilou : « J’ai bien tardé à trouver un sujet mais voilà les pubs commencent à nous envahir pour la Saint Valentin alors pourquoi pas nous proposer des… »
Son thème : « COUPLES »

Dans le lit. Le baiser – Henri de Toulouse Lautrec

Peinture à l’essence sur carton – Dimensions : 70,00 × 54,00 cm – Datation : 1892 – Localisation : Fondation E. G. Bührle à Zürich en Suisse

Le Lit. Tendresse érotique – Henri de Toulouse Lautrec

Peinture à l’essence sur carton – Dimensions : 54,50 x 70,00 cm – Datation : 1892 – Localisation : Grand Palais (Musée d’Orsay)

Je vous offre deux toiles peintes par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur français.
Deux prostituées partagent un moment d’amour lesbien .
Le premier tableau, « le baiser », exprime une scène d’amour charnel et passionné. On le constate par la présence de ces deux femmes dans un lit en train de s’embrasser.
Rien de plus sensuel qu’un baiser d’amour échangé !
Les lèvres des amoureuses se rencontrent et déclenchent un feu d’artifice émotionnel dont la complexité demeure en partie mystérieuse aux scientifiques !
Les veines se dilatent, la respiration devient irrégulière et profonde. Les joues rosissent, le pouls s’accélère et les pupilles se dilatent…
Mais ce n’est pas tout !
Embrasser déclenche une activité très intense pour le cerveau. Ne seraient-ce pas les préliminaires d’une relation amoureuse ?
Après ces ébats leur provoquant plaisirs, émotions, orgasmes, les voilà douillettement installées sous la couette et les draps…
Dans « Le Lit » (sujet du second tableau que je vous présente), tout ce qui entoure les deux jeunes femmes, c’est à dire ce grand et profond lit et son bois de tête à peine brossé, presque transparent, les draps et les oreillers blancs sont l’expression des corps unis dans l’amour charnel, ces deux oreillers dressés comme des nuages dans un vent chaud et doux, cette grande traînée blanche des draps comme une longue et brûlante caresse, le rougeoiement des coloris de la couette ferme la boucle du plaisir érotique.
Trois diagonales barrent la longueur du tableau, celle des oreillers, celle du pli des draps et celle qui limite la courte pointe et le drap. Ces trois lignes sont cachées si l’on peut dire.
Les ondulations et les plis de la literie suffisent à créer l’oblique indispensable à la réalisation de tout espace naturaliste dans un tableau.
Les deux visages sont disposés dans cette oblique et légèrement décalés sur la droite ce qui accuse le sentiment d’indiscrétion en donnant à la présence du regard une touche de participation à cette scène.
Il est fort possible que Lautrec aie peint le lit « de visu », sans doute avec la complicité d’amis car un détail qui renforce la présence d’un regard étranger dans la pièce apparaît à qui regarde attentivement cette peinture : La jeune femme semble regarder sa compagne mais on sent son œil attiré par notre propre regard.
Dans les deux œuvres, la couleur est traitée avec des nuances orangées sur lesquelles Lautrec marbre les ombres de bleu et les lumières de rose et d’un blanc transparent (sans doute blanc d’argent).
Toute la lumière et son contraste se concentrent pour les deux toiles sur les visages des jeunes femmes, travaillés et bien sûr plus achevés que le reste des tableaux.
La lumière chaude qui enveloppe ces scènes est sans doute la lumière du gaz qui donne une teinte vert Véronèse et une teinte rose aux draps blancs, on la retrouve chez Degas à la même époque.
Lautrec nous communique ainsi presque directement, son humanité et cet amour de la vie qui traverse celui du plaisir charnel.
On retrouve dans ces deux œuvres, une part importante de provocation chez Toulouse-Lautrec.
On sait qu’il passait beaucoup de temps à dessiner et peindre dans les maisons closes dont il aimait la dépravation haute en couleur, fertile en événements tragico-burlesques et en vérité humaine.
Cette vérité, il allait la chercher où elle se trouvait, dans le lit des autres s’il le fallait, comme c’est ici le cas où il peint deux lesbiennes amoureuses et ensuite quasiment endormies.
Proposer un couple homosexuel dans un lit était à l’époque une chose extravagante dans la mesure on cette scène ne peut être vue que dans une situation de voyeurisme accidentelle où volontaire…
Pour en savoir un peu plus sur ce peintre :
ICI

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

30 réflexions sur « **Le week-end, un thème, un tableau** – 3 février 2024… !!! »

  1. Je n’y vois que de l’amour avec ces couples lesbiens et …c’est tout simplement beau!
    Il fallait oser en effet…
    Bon w-end!
    Bises de Mireille du sablon

  2. Bonjour Zaza !
    « Je vous offre deux toiles peintes par Henri de Toulouse-Lautrec »
    C’est tout à fait charmant, merci beaucoup !
    Je vais les recevoir quand les deux tableaux ? 🤓😄😝
    Bon samedi Ô toi la grande généreuse ! 😅😅😅
    Pierre

  3. Voilà un peintre que j’aime beaucoup ..je crois bien qu’il a toujours osé …
    Merci pour ces deux toiles choisies
    Bises Zaza

  4. bonjour
    beau choix du beau Lautrec il avait du talent
    pour l ‘époque , il osait
    bonne journée
    kénavo ZAZA
    bises

  5. Bonjour Zaza.
    J’ai mis mon blog en pause quelques temps car nous avons eu des complications ces temps ci.
    Déja, une grosse panne de chauffage qui nous a obligé de descendre d’un étage chez un de nos enfants et aussi des rdv chez le medecin et quand même une visite chez l’hophtalmo, aprés plus de trois mois d’attente.
    Je refais surface et je te remercie pour tes visites.
    Bon week-end.
    Bisous de nous deux.

  6. J’adore ces tableaux, et j’ai bien failli les choisir. Déjà j’ai un faible pour le travail de Toulouse Lautrec et là il a si bien su restituer l’atmosphère de ces moments paisibles entre ces deux femmes. Que de tendresse ! On voit qu’il devait les aimer beaucoup et en tous cas, il les respectait. Bonne fin de semaine, bises

  7. Une histoire triste à cause de l’infirmité de l’artiste mais sa peinture était belle et pleine de vie car les maisons closes lui offraient un panel de personnages hauts en couleurs.
    Bisous Zaza

  8. Il fallait oser !
    Toulouse Lautrec l’a fait
    Deux superbes toiles au lit
    Peu importe le sexe de l’être aimé. L’important c’est d’aimer
    C’est très bien choisi
    Bisous ma Zaza et bon WE

  9. Deux tres bons choix pour ce thème du couple et une analyse particulièrement fidèle à l’esprit de Toulouse Lautrec . J’ai vu ces deux tableaux lors d’une superbe exposition sur Toulouse Lautrec au grand Palais.
    Bon week end
    Bises

  10. Bonsoir,
    C’est bien d’avoir pensé à Toulouse-Lautrec qui n’est pas souvent à l’honneur .
    Et j’ai beaucoup apprécié ta présentation fouillée de ces deux tableaux : c’est très enrichissant d’être guidé dans la lecture d’une peinture .
    C’était courageux à l’époque de peindre de tels sujets !Et avec cette empathie .On était si hypocrite !
    Bonne fin de semaine!

  11. Ton analyse est intéressante. Avant d’y voir des lesbiennes je vois deux personnes qui s’aiment. Pas de nudité exhibitionniste. Seul ces moments où bien au chaud ensemble, nous sommes en parfaite confiance. Serait ce en hiver ? Même dans ce lieu si exposé, l’intimité existe. Bises

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