Le week-end, un thème, un tableau – Le 07 Novembre 2026… !!!

LES CONSIGNES DE FARDOISE, ICI.

Le mot de Fardoise : « Novembre arrive avec ses frimas, les jours ont bien raccourci, surtout depuis le passage à l’heure d’hiver, alors on aime bien rester au creux du lit, au chaud sous une bonne couette, et si possible aussi avec un chat en guise de couverture supplémentaire. 
Parfois, ce n’est pas par choix, et lorsqu’on est malade, obligé de garder le lit, il peut devenir comme une prison. Je vous laisse le choix entre tous… »

Son thème : «  Les lits dans la peinture »

La chambre à Arles, (dite chambre jaune) – Vincent Van Gogh

Huile sur toile – Dimensions : 72 × 90 cm – Datation : 1888 – Localisation : Van Gogh Museum, Amsterdam

Devenue mythique, cette petite pièce toute simple au premier étage de la « maison jaune » à Arles n’est autre que la chambre dans laquelle s’est installé Van Gogh le 17 septembre 1888 à Arles.
Il réalise une première version en octobre 1888, celle que je vous présente ci-dessus, alors qu’il attendait l’arrivée de Paul Gauguin, avec qui il espère fonder un atelier et un cercle d’artistes dans le Midi.

La deuxième version (été 1889), peinte à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence et conservée au Musée d’Orsay à Paris.

Huile sur toile – Dimensions : 57,3 × 74 cm – Datation : 1889 – Localisation : Musée d’Orsay, Paris

La troisième version (réduction destinée à sa mère et à sa sœur) conservée à l’Art Institute de Chicago.

Huile sur toile – Dimensions : 73,6  × 92,3 cm – Datation : 1889 – Localisation : Art Institute de Chicago

Dans ses lettres à son frère Théo van Gogh et à Gauguin, Vincent explique qu’il a voulu exprimer un repos absolu et calmer les tourments qui l’assaillent.
Il écrit : « La vue du tableau doit reposer la tête ou plutôt l’imagination ».

L’artiste qui traverse une période difficile apparaît clairement en quête d’apaisement. Au travers de cette œuvre, il veut suggérer le repos auquel il aspire et cherche à calmer les tourments qui l’assaillent. Seule, l’étrange perspective qui définit l’espace de la chambre laisse transparaître une instabilité, une inquiétude : le mobilier semble flotter dans la pièce, le lit glisser vers le spectateur.
Il veut donc exprimer la tranquillité et faire ressortir la simplicité de sa chambre au moyen du symbolisme des couleurs.
Pour cela, il décrit : « les murs lilas pâle, le sol d’un rouge rompu et fané, les chaises et lit jaune de chrome, les oreillers et le drap citron vert très pâle, la couverture rouge sang, la table à toilette orangée, la cuvette bleue, la fenêtre verte » en affirmant : « J’avais voulu exprimer un repos absolu par tous ces tons divers ».
A travers ces différents tons, c’est au Japon, à ses crépons et à ses estampes que Van Gogh fait référence. Il se justifie ainsi : « Les Japonais ont vécu dans des intérieurs très simples et quels grands artistes ont vécu dans ce pays ».
Vous remarquerez que la plupart des objets du quotidien (les chaises, les oreillers, les tableaux aux murs) sont représentés par paires. Cette symétrie renforce une sensation d’ordre, de quiétude et de foyer partagé.
Il atteint malgré tout un certain dépouillement par sa composition constituée presque uniquement de lignes droites et par une combinaison rigoureuse des surfaces colorées qui suppléent à l’instabilité de la perspective.
Tout le tableau repose sur le travail de la matière picturale qui est tout à la fois couleur et texture. Elle est texturée, car Van Gogh la triture quasiment comme un sculpteur, il joue avec la forme de la touche, il accentue les reliefs en créant des empâtements, sur les oreillers par exemple. Partout, il laisse visible la trace du couteau, de la brosse ou du pinceau dont il s’est servi pour appliquer la pâte sur la toile.
Mais cette matière picturale représente avant tout les couleurs qui illuminent la toile. Van Gogh n’a même pas représenté les ombres des objets. Il n’a privilégié que des teintes franches, dont la vivacité est déconnectée de la réalité.
Comment, dans une chambre aux volets clos, les couleurs pourraient-elles vibrer avec tant de force ?
Van Gogh poursuit donc un autre but. Il expérimente les rapports de couleurs. Il étudie les contrastes en jouant des complémentaires (rouge/vert, jaune/violet, bleu/orange). Les zones colorées se répondent ainsi à l’intérieur du tableau.
Dans une lettre à son frère Théo, Van Gogh décrit le tableau en ces termes : « Les murs sont d’un violet pâle. Le sol est à carreaux rouges. Le bois du lit et les chaises sont d’un jaune beurre frais. Le drap et les oreillers citron vert très clair, la couverture rouge écarlate… »
Ce travail sur la texture et sur la couleur n’a d’autres buts que de traduire des émotions sur la toile et de suggérer des sensations à qui regarde le tableau.

Une petite remarque concernant le plan incliné du sol de la pièce. Les carreaux rouges (ou rouge fané) semble basculer et remonter vers l’avant de la toile, aspirant le regard du spectateur dans l’espace de la pièce.
Cette distorsion n’est pas qu’une simple erreur ou fantaisie géométrique.
La vraie chambre de la « Maison jaune » à Arles avait une forme irrégulière en
trapèze (et non parfaitement rectangulaire).

La Maison jaune – Vincent Van Gogh

Huile sur toile – Dimension : 72 x 91,5 cm sans le cadre – Datation 1888 – Localisation : Van Gogh Museum, Amsterdam

Van Gogh a choisi d’accentuer cette asymétrie plutôt de que de la corriger.
Mais cette chambre vide aux volets clos révèle surtout l’isolement de Van Gogh, la solitude qui hante aussi bien sa vie personnelle que son parcours artistique. Il n’expose pratiquement pas. Toute sa vie, il peine à trouver un public qui apprécie son travail, hormis son frère Théo avec qui il entretient une correspondance assidue, et des peintres d’avant-garde comme Émile Bernard ou Paul Gauguin.
Il rêvait de former un groupe de peintres travaillant ensemble, mais se brouille très vite avec Gauguin qui était venu le rejoindre à Arles et se retrouve seul.

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

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