SAC DE NŒUDS … !!!

Chapitre IV/VIII

POUR MEMOIRE
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– « Ça ne prouve rien de tout ça… L’amant doit être un fieffé renard. »
– « C’est certainement vrai. »
– « Un SUV noir ou sombre… Il y en a des milliers… »
– « Je l’admets… »
– « Il faudrait au minimum le numéro d’immatriculation. Le connaissez-vous ? »
– « Hélas non… » 
Charlot Offrèzze leva les bras au ciel et continua.

– « J’ai pris du gin, hier soir, et cette nuit aussi, surtout quand j’ai vu comment tournaient les choses… »
– « Beaucoup ? »
– « Oui. »
– « Ça ne paraît pas pourtant… »
Charlot se gratta le menton avec la manivelle toujours tenue dans sa main. Un des cheveux blonds adhérant au bout, collé par du sang durci, resta accroché au menton. Il l’enleva d’un geste lent…
Le sergent Roméo Frigo ne le vit pas… Il écrivait dans son carnet.
– « Qu’inscrivez-vous là ? » demanda Charlot.
– « Les faits à date. Une femme tuée, aucun indice valable, sinon un soupçon en direction d’un amant possible. »
– « Mais… ? »
– « Et encore celui-ci n’est-il peut-être que le fruit d’une imagination fertile… »
– « Je vous dis que… ? »
– « Laissez-moi résumer. Donc, le seul homme qui aurait pu faire le coup est introuvable pour le moment. Il faudrait trouver quelqu’un d’autre qui aurait vu l’amant de votre femme, pourrait l’identifier, le reconnaître, le nommer. »
– « Il n’y a personne. Il est rusé l’animal, je vous le dis… Mais il fera une erreur… Et alors !… »
– « Introuvable donc, mais je vous assure que la police fera tout ce qui est en son pouvoir pour le retrouver. »
– « Vous avez fini de me questionner ? »
– « Oui, pour le moment… »
Charlot ouvrit la porte de sa camionnette, jeta la manivelle dans le fond, sur le plancher. Puis il regarda de nouveau le policier.
– « Vous êtes bien certain que vous avez fini ? »
– « Oui. »
– « Vous ne vous demandez pas comment et pourquoi je me trouve ici ce matin ? »
– « Euh… oui… oui… évidemment… »
– « J’ai suivi les traces de pneu, elles m’ont conduit jusqu’ici. J’ai vu le cadavre… »
Roméo Frigo regarda les pneus de l’utilitaire.
– « Quelles traces de pneus, dit-il ? »
– « Celles du SUV noir, » rétorqua Charlot.
– « Ah ? Et elles venaient jusqu’ici ? »
– « Oui. Du pont jusqu’à ce petit chemin, sur deux kilomètres. »
Le sergent regardait toujours fixement les pneus.
– « Il n’y a pas de traces sur le sol, » dit-il. « Et pourtant la tuméfaction de la gorge de Charlotte Offrèzze semble avoir été provoquée par un pneu très lisse, tout comme le sont les pneus **avant** de votre camionnette… »
– « Oui » , répondit Charlot.
Nestor Boyaux regarda aussi et jeta un coup d’œil sur le cou de Charlotte.
– « Des marques identiques, » souffla Nestor, à voix basse et contenue.
Charlot regarda cet homme qui n’avait rien dit depuis qu’il était arrivé sur les lieux…
Nestor, de son côté, scrutait le regard de Charlot Offrèzze, et semblait se creuser la cervelle !
– « Vous dites, Monsieur Offrèzze, que vous avez trouvé le cadavre de votre femme ver 6 heures ce matin ? » Répris le Sergent Roméo Frigo.
– « À peu près. »
– « Est-ce qu’il fait nuit ou jour ? »
– « Encore nuit… »
– « Je vois. Comment avez-vous pu découvrir le cadavre ? »
Charlot fit une grimace.
– « Je cherchais un couple, » dit-il « Que ce soit dans l’herbe ou ailleurs… Et j’ai vu cette forme blanche, allongée par terre… Je suis arrivé jusqu’ici ! Pendant ce temps, le jour s’est levé. J’ai constaté qu’il s’agissait de ma femme. »
Charlot Offrèzze avait l’air troublé.
Il hésitait dans ses réponses… Il semblait nerveux.
Nestor semblait distrait. Lointain, perdu dans ses pensées, comme si toutes ces choses ne signifiaient rien !
– « Qu’est-ce qui vous a mené ici ? » Continua le sergent.
Charlot fut longtemps sans répondre. Puis ce fut à voix basse.
– « Je les ai suivis… »
– « Suivis ? Expliquez-vous. »
– « Je me suis rendu au p’tit pont dont il a été question et m’avait été indiqué par le représentant de commerce. »
– « Et puis ? »
– « J’ai vu les traces de roues qui tournaient vers cette destination. »
– « Qu’est-ce que ça prouvait ? »
– « Rien, je fonctionnais à l’instinct… »
– « Et puis ? »
– « Les traces m’ont mené jusqu’à un remblai, à un kilomètre d’ici. »
– « Elles s’arrêtaient là ? »
– « Oui et non. Il y avait eu un arrêt, à cet endroit-là… »
– « Et ensuite ? »
– « Les traces continuaient par ici. »
– « Comment saviez-vous que c’était la série de traces que vous recherchiez ? »
Charlot Offrèzze bredouilla :
– « Je vous ai dit que je marchais à l’instinct. »
– « Soit ! Veuillez continuer… »
– « Je suis venu jusqu’ici, et j’ai constaté le crime comme vous le voyez… »
Le sergent resta un moment silencieux. Il se mordait les lèvres…
– « C’est une situation compliquée », reprit-il… « Et je me demande bien comment nous allons procéder… »
– « Que voulez-vous dire ? »
– « Que rien dans ce que vous avez dit, ne désigne quelqu’un de précis… »
– « Ah ! Non ? »
– « Non. Il n’en ressort aucun indice probant. »
– « Ma femme a été tuée par jalousie, je crois, par dépit, ou parce que quelqu’un, fatigué d’elle, a voulu aller vers une plus jeune, une plus belle… »
– « C’est ce que je vous suggérais, effectivement ! »
– « Et ça me ramène à l’idée de ce que je disais à Hillary Varien, cette nuit, en partant de la maison. »
– « Que lui disiez-vous ? »
– « De se préparer, que je viendrais la demander en mariage bientôt, et que nous partirions aux States en voyage de noces… »
– « Je ne vois pas le rapport, » rétorqua le sergent…
Charlot eut un gros rire, bon enfant… Il jeta un coup d’œil vers le cadavre, et son rire se figea net.
Nestor s’avança. Cette affaire embrouillée avait réveillé son intérêt de super-détective. Au lieu de rester à l’arrière, il vint s’accouder près des deux hommes.
– « Excusez-moi, » dit-il, « j’ai une question à vous poser, Roméo. Quel âge avait Charlotte Offrèzze ? »
– « Vingt-sept ans, » répondit le sergent…
Nestor hocha la tête de bas en haut.
Il regarda le ciel. Le beau ciel bleu d’une belle journée qui commençait.
Il soupira plusieurs fois, et alluma une cigarette.
Charlot Offrèzze regardait fixement notre Nestor.
C’était à son tour d’avoir un regard interrogateur…
– « Vous comprenez donc ce que je veux dire ? » Demanda-t-il à Nestor qui lui fit signe que oui…
Le sergent les regarda sans comprendre, puis il haussa les épaules et leva les yeux au ciel.

– « Tout ceci devient de la bouillie pour les chats », dit-il. « Il ne reste rien de toutes vos déclarations, Monsieur Offrèzze. La police n’a pas un seul indice… »
Charlot Offrèzze resta songeur un bon moment, puis il secoua la tête plusieurs fois.
– « Il ne reste rien, » dit-il, « excepté ce qu’elle m’a dit… »
– « Ce qu’elle vous a dit ? »
– « Vous avez bien compris… »
– « Mais je croyais qu’elle ne vous avait rien dit ? »
– « Ah ? »
– « Je croyais comprendre que jamais votre femme ne vous avait soufflé mot de rien… »
– « Pas avant hier soir, pas avant cette nuit… « Je parle de ce qu’elle m’a dit ici, avant de mourir… »
Le sergent bondit.
– « Elle était vivante ? » cria-t-il.
– « Oui. »
– « Et à quelle heure dites-vous l’avoir trouvée ?
– « Vers 6 heures … »
Alors le sergent eut un cri horrible, un geste fou.
– « Mais elle est morte depuis une heure du matin ! »
Charlot Offrèzze fit un grand signe de la tête, en regardant Nestor…
Nestor Boyaux avança alors d’un pas, revolver au poing, pointé en direction du cœur de Roméo Frigo.

– « Pas un geste, » dit-il, « sinon…  »
Et Charlot Offrèzze, reprenant en main la manivelle, la tint bien haute au-dessus de la tête du sergent, le menaça de la même façon.
– « Pas un geste », dit-il.
Le sergent, plaqué contre l’utilitaire, regarda autour de lui en gémissant comme un animal traqué.
– « C’est fini », dit Charlot Offrèzze, et il est temps… Je n’en pouvais plus, moi… Il ôta sa casquette, s’essuya le front, les cheveux… »
Nestor Boyaux tira de la poche du sergent les menottes qui s’y trouvaient.
Il enserra les poignets du policier. Puis il prit les menottes dans ses poches, à lui, et enserra les chevilles du policier.
– « Vous resterez tranquille ainsi, et nous serons plus à l’aise pour causer. »
– « C’est un outrage, » vociféra le policier, « un complot ! Qu’est-ce que ça signifie ? »
Nestor esquissa un sourire…
– « Une toute petite chose bien simple… Vous êtes arrêté pour le meurtre, commis cette nuit, sur la personne de Charlotte Offrèzze…
»

A suivre, c’est loin d’être terminé…

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

24 réflexions sur « SAC DE NŒUDS … !!! »

  1. Assassinée à 27 ans, qu’elle horreur déjà, tant mieux qu’il existe des super-détectives pour punir les coupables de tel crime… bon dimanche Zaza, bises

  2. Mais quelle histoire! comment fait-il not’ Nestor pour en arriver là?
    Bises du jour
    Mireille du Sablon

  3. Bonjour Zaza, j’étais haletante en suivant le déroulement de ton récit, super polar, j’adore , maintenant je retourne dans ma cuisine car j’ai laisser en plan la vaisselle du petit déjeuner , tellement hâte de te lire Bisous Bon dimanche MTH

  4. Et bien, une histoire très compliquée, mais le style et les noms ont du charme ! J’ai retrouvé Pollux, c’est toute une histoire aussi, il va bien, c’est le principal ! Bon dimanche, bisous.

  5. je soupçonnais le mari, voilà que c’est le policier !! pour moi le mystère reste entier, mais avec Nestor, pas de probleme , tout va s’eclaircir, allez Zaza la reine du polar !! grosses bises

  6. Sacré Nestor, quel flair!
    Tu vois, je me suis précipitée sur la suite, au rythme de mon réseau miro…
    Beaucoup de rythme et de suspens, merci ma Zaza, gros bisous et amitiés sans oublier ton Poux Ronchon
    Cendrine

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