La bague du capitaine – 1/2 … !!!

Il y a quelque cent cinquante ans, une bisquine étrangère

fit naufrage sur la côte de Buguélès, en Penvénan.

On recueillit une dizaine de cadavres.  

Comme on ignorait s’ils étaient chrétiens, on les enterra dans le sable, à l’endroit où on les avait trouvés. Parmi eux était le corps d’un grand et beau jeune homme, plus richement vêtu que ses compagnons, et que, pour cette raison, on jugea être capitaine. A l’annulaire de la main gauche, il portait une chevalière en or sertie d’un diamant et comportant des initiales gravées dans  une écriture inconnue.

Buguélès est habité par une population d’honnêtes gens. On enterra, ou plutôt on ensabla le beau jeune homme, sans le dépouiller de sa bague.

Des années se passèrent. Le souvenir du naufrage s’était peu à peu effacé. Cependant, à la veillée, quelquefois, en attendant le retour des hommes partis en mer, les femmes devisaient encore de celui qu’elles appelaient « le capitaine étranger » et de la grosse bague en or pur qu’il portait au doigt.

La première fois que Môna Paranthoën, une jeune couturière des environs, entendit raconter cette histoire, elle ne fit que rêver toute la nuit de cette alliance qu’on disait si belle.

Le lendemain, elle y songea encore, et le surlendemain, et tous les jours suivants. Cela devint chez elle une obsession.

Elle était passablement coquette comme le sont toutes les jeunes couturières et elle se disait qu’un bijou est fait pour briller à la lumière du soleil béni, non pour s’encrasser dans les ténèbres de la tombe. Longtemps néanmoins, elle repoussa la tentation. Mais son métier même l’y exposait sans cesse.  Quand elle cousait dans les maisons de Buguélès, ce qui advenait presque journellement, elle était obligée de s’installer sur la table, près de la fenêtre, et toutes les fenêtres de ce pays regardent du côté de la grève.

A la fin, la malheureuse n’y tint plus !

Un soir, sa journée de labeur terminée, elle fit mine de retourner chez elle, puis, quand elle fut bien sûre de n’être pas vue, elle descendit à pas de loup vers la plage.
Le lieu de la sépulture des noyés était marqué par une croix grossière,  qu’on avait eu soin de planter juste au-dessus du cadavre du beau capitaine.

A tout seigneur, tout honneur.

Nuit de pleine lune et tous les pêcheurs rentrés, Môna Paranthoën n’avait pas à craindre d’être dérangée. Elle s’agenouilla, se mit à gratter le sable avec ses ongles, furieusement. Bientôt, elle parvint à tirer à elle une des mains du cadavre, la gauche. L’anneau y était toujours. Elle tenta de le faire glisser sur le doigt, mais la peau racornie formait de gros bourrelets. Elle essaya de la faire glisser de l’annulaire du Capitiane à l’aide de ses ciseaux. Peine perdue : les ciseaux ne mordaient pas dans ce cuir tanné par l’eau de la mer. Alors, exaspérée, elle saisit le doigt entre ses dents et le trancha d’un coup. Puis, l’ayant recraché dans la fosse, elle replaça la main dans cette tombe, nivela le sable, épousseta son tablier en se relevant et s’enfuit, emportant la bague.

A demain pour la fin de ce conte

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

36 pensées sur “La bague du capitaine – 1/2 … !!!”

  1. Oh mais quelle audace ! et quel manque de respect :(
    Pourvu que le capitaine endormi ne se réveille pas et ne lui jette pas un sort !
    Vivement demain pour la suite
    Bise et bonne journée !

  2. pour Haribo, nous l’avions visiter avec les petites enfants il y a quatre ans….et crois moi ils ont bien été tentés de faire comme ton mari….mais non pas trop osés…..passe une bien douce journée en attendant la suite de ce conte…

  3. Bravo ZAZA parce que ce début de conte accroche bien!
    ….c’est vrai qu’elles étaient coquettes les couturières de l’époque.
    Bonne journée, biz++
    ….celles de nos jours aussi sinon Annick va faire la gueule….LOL

  4. Bonjour ma douce amie Zaza
    Je viendrai dans la semaine tout lire à tête reposée avec grand plaisir ma Zaza, car j’aime tes écrits, car là pas mal occupée ce jour, entre ma bagnole qui ne veut pas démarrer ??? alors pour le coup je me mets dans la compta de doudou car il le faut et avec ce beau temps je t’avoue que j’ai pas trop envie mais que veux-tu le devoir m’appelle (il est artisan en micro entreprise et je fais gratos sa compta à la maison, çà me permet de continuer à faire travailler mes neurones depuis ma retraite, les chiffres me parlent ah ah ah !!!!).
    Le lundi au soleil c’est ce que je te souhaite, tout comme à la Réunion où le temps est superbe.
    Merci beaucoup pour ton gentil commentaire.
    Prends bien soin de toi.
    Je te fais de gros bisous d’amitié de mon île intense.

  5. Oups, je crois aussi que ça ne va pas lui porter chance. :(
    A demain pour la fin, donc.
    Bisous et douce journée Zaza.

  6. Merci pour ta présence et ta fidélité.Aujourd’hui mon cœur voyage ,D’amis en amis, de blogs en blogs.۩Je m’échoue sur la plage de ton bel univers.Pour y mettre un peu de soleil Ajouter un sourire à ton visage.Car le bonheur n’a pas de distance …………………..❤Je te souhaite une bonne journée et une excellente semaine ………..❤Et un big kissss pour ce billet qui demande vite la suite la suite hihihi
    Mon arbre est sur le billet de samedi ZAZA

  7. HOUUUUUUUUUUUU LA VILAINE ……

    Ça sent mauvais cette histoire , je suis sûr qu’ elle va être maudite la jolie couturière , tant pis pour elle NA …..

    Vite la suite ha ha ha .

    Gros bisous marseillais du lundi , soleil pâlichon et ciel gris .
    Renée (mamiekéké).

  8. Bonjour Zaza,
    Belle histoire que jai eu la chance d’entendre en famille en Bretagne .
    Bonne fin de journée
    Amitiés

  9. Coucou Zaza
    Pas le temps de lire ton texte , je l’ai survolé, une histoire pleines de rebondissements…
    passe un bon lundi…oups j’ai mal aux dents… bisous

  10. L’atmosphère que j’aime… t’entendre conter la poésie, la magie d’une terre où les légendes font partie de l’ADN des habitants.
    Je redoute la suite pour cette jeune fille… mais parfois ne faut-il pas saisir sa chance à pleines dents?
    Fascinant…
    Gros bisous et belle journée ma Zaza
    Cendrine

  11. Beurk , mon estomac a un haut le coeur en imaginant la scène . Bon je suis sure qu’il va lui arriver quelques bricoles à cette couturière .
    Bisous

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