Le troisième œil – 6/8 … !!!

J’avais lu le rapport jusqu’au bout, mais celui-ci ne m’apprit rien de plus.

– « Hum ! Intéressant tout ça ! N’oubliez pas de le montrer à mes collègues à leur arrivée. » Avais-je lancé au policier en regagnant ma voiture de location.
Je m’installai au volant de la voiture, il me fallait suivre les indications de Jack. Je devais absolument me rendre à Chelly pour y rencontrer les Navajos.
Le fin mot de l’histoire se trouvait là !
Et puis, il y avait ce bras qui me faisait de plus en plus mal. A en croire Jack, les indiens pourront peut-être me soulager.

Je n’y tenais plus, la douleur s’accentua me poussant à me pencher vers le siège passager. En me baissant je vis une voiture qui se garait de l’autre côté de la rue. Deux types tout de noir vêtus en sortirent.

Mince ! Les gars du F.B.I. ! Eh bien ils n’avaient pas traînés en route. Je tournai la clef de contact et parti sans demander mon reste.
La réserve Navajo était située sur les hauteurs au Nord-Est de Chelly.

Le coin le plus désertique de la région, cela va de soi. Les indiens avaient construit une petite bourgade au plein centre des terres qui leur avaient été octroyées gracieusement par l’administration des affaires indiennes.
Le village était composé d’une centaine de maison tout au plus, principalement des baraques de fortunes. Je m’imaginais des familles nombreuses vivant entassées entre ses quelques planches !

La misère au cœur du désert, un désert au cœur de la misère.

Un de ces endroits du monde ou le mot RIEN prenait sa complète signification.
Connaissant la volonté du gouvernement d’éteindre l’ethnie indienne,  je ne fus guère surpris de constater que la meilleure habitation du village était, et de loin, le saloon qui siégeait au cœur de la rue principale. J’avais garé ma voiture de location juste devant.
Je ne peux guère dire que l’accueil fut chaleureux.

A peine avais-je franchi la porte, que j’eus l’impression d’être transpercé par mille flèches lancées des différents regards des membres de l’assistance. Je me suis approché du comptoir et du barman, Navajo bien sûr, par la même occasion.
– « Un bourbon s’il vous plaît ! »
– « Désolé monsieur, mais ici nous ne servons pas les blancs ! »
– « Dommage ! Mais peut-être pourriez-vous répondre à une de mes questions ? »
– « Essayez toujours ! »
– « Connaissez-vous quelqu’un qui pourrait me renseigner sur le « pacte solaire » ? »
Le barman resta sans réponse. Je tentai de poser une question plus précise.
– « Avez-vous déjà entendu parler de l’œil et de la phase solaire ? »
Je n’obtins guère plus de succès.
Dans l’instant qui suivi mon bras me fit atrocement mal, la douleur grandissait à vive allure. Je ne pouvais plus la supporter.
Je crois … Je crois que j’ai sombré dans l’inconscience.
Quand je me suis réveillée, je me trouvai dans une grande pièce, allongé sur un lit de fortune, composé uniquement d’un matelas étendu à même le sol.
Un indien Navajo se penchait sur moi.

– « Il revient à lui. » Dit-il.
IL m’aida à m’asseoir sur le matelas sortit discrètement de la pièce. Il y avait autour de moi un homme d’une trentaine d’années, trois autres femmes et une fillette de dix ans qui jouait avec une poupée dans un coin de la pièce.
J’étais sans ma chemisette, machinalement j’avais regardé mon bras gauche. L’œil avait disparu et la douleur aussi.
– « Bienvenue parmi nous, » me dit l’individu.
Il était jeune, vêtu d’une blouse blanche, portait un collier de barbe  et parlait d’une voix rocailleuse.

– « Je me présente, Docteur Bob Baker, docteur en chirurgie esthétique. Si vous avez besoin de vous faire refaire le nez, n’hésitez pas à me consulter, c’est ma grande spécialité. »
– « Où… Où suis-je ? »
– « Chez les Navajos. Pieds d’argile, leur homme-médecine, comme ils disent, vous a soigné. C’est un être assez surprenant vous le constaterez par vous-même. »
– « Il m’a soigné ? »
– « Votre bras, il ne vous fait plus mal, c’est étonnant qu’il ne soit jamais au même endroit. Tenez, moi je l’avais juste en-dessous du nombril. »
– « Vous aviez quoi ? »
– « L’œil bien sûr ! »
Le docteur Baker m’expliqua que nous étions tous les six des porteurs de l’œil.
– « Mais combien sommes-nous en tout ? »
– « Nous étions vingt-huit, comme les jours d’un mois lunaire ! Mais d’après Pieds d’argile, il n’en resterait plus que sept en vie à l’heure actuelle. »
– « J’ai l’impression de vous avoir déjà vu ! »
– « Ce n’est guère étonnant, nous avons tous cette impression. Votre mémoire est sans doute aussi embrumée que la nôtre. »
– « Peut-être pourriez-vous m’expliquer ? »

Une des trois femmes pris la parole. Je la trouvais tellement vieille que je n’aurais pu lui donner un âge, et ce, même à dix ans près.

– « Cela fait deux jours que nous sommes ici tous les cinq. Mais moi, je suis arrivée la première, il y a trois mois. C’est la vingt-sixième fois que je viens chez les Navajos à cette période. Comme vous l’avez peut-être constaté, le phénomène se reproduit tous les deux ans avec une plus ou moins grande ampleur. Certaines années, il était si faible que j’ai même eu l’impression qu’il ne s’était pas produit. »
– « Mais d’où vient cet œil ? »
– « Je n’ai guère beaucoup plus d’informations que vous. Ce que je sais, c’est que nous avons fait partie d’un programme de recherche médicale conduit dans le plus grand secret par le gouvernement. »
Les images du laboratoire ressortaient de mes souvenirs. La vieille dame s’y trouvait, déjà étrangement vieille, alors que j’avais l’impression de n’être alors qu’un enfant.

Les images du laboratoire ressortaient de mes souvenirs. La vieille dame s’y trouvait, déjà étrangement vieille, alors que j’avais l’impression de n’être alors qu’un enfant.
– « Je n’en sais guère plus, si ce n’est que certains d’entre nous, notamment les plus jeunes, développent des facultés qui dépassent l’entendement. »
– « Que voulez-vous dire ? »
– « Un dessin vaut mieux qu’un long discours, n’est-ce pas. Suzanne ! », Dit-elle en s’adressant à la fillette, « Veux-tu montrer à monsieur ? »
– « Carson, James Carson ! »
– « Veux-tu montrer à monsieur Carson ce que tu arrives à faire? »
La gamine se prit la tête entre les mains et soudain l’inexplicable se produisit devant mes yeux.

– « Maintenant retournez-vous ! » Me dit l’enfant.
Je me trouvais nez à nez avec le corps d’une jeune femme  baignant dans son sang….


– « Olga Lioubov ! » Criais-je en me retournant vers l’enfant.
La gamine avait retiré sa tête d’entre ses mains. Je ne pus alors, en me retournant de nouveau, que constater que le corps avait disparu. Seule Suzanne se trouvait devant moi !

– « Allez-vous m’expliquer ? » Demandais-je à la vieille femme.
– « En période de phase solaire, la fillette arrive à produire une image, comme une sorte d’émanation de son esprit en trois dimensions. Seul problème, elle produit toujours la même image. Celle de cette Olga Lioubov gisant dans son sang. »
– « Pourquoi ? »
– « Je n’en suis pas sûre. Ce que je sais, c’est que cette femme n’existe pas. Enfin, je veux dire n’existe pas en dehors de notre esprit. C’est une sorte de code visuel, que quelqu’un aurait glissé à notre insu dans un recoin de notre cerveau. Un code qui nous pousse tous à le suivre, pour atterrir ici. »
– « Et ici… c’est où ? »
– « Allez savoir ! »
– « Et qu’est-ce que les Navajos ont à voir avec tout ça ! »
– « Demandez le à Pieds d’argile ! »
Au lieu de poser une question à Pieds d’argile, puisque c’était son nom, j’ai senti que ma tête commençait à tourner et je me suis allongé.
Réfléchir, oui, c’est ça, il fallait réfléchir.
Elle est bien bonne celle-là ! Je vais vous dire, dans certains cas, il y a de sérieuses difficultés à réfléchir ! Là, par exemple, il aurait déjà fallu que je sache à quoi réfléchir.
– « Ça va ? » m’a demandé une des deux femmes. « Je peux aller chercher de l’eau si vous voulez »
– « Oui, ma foi, je veux bien. Ça tourne sérieusement. »
– « Ne vous inquiétez pas, c’est normal » me dit Bob Baker qui avait l’air de vouloir montrer qu’il connaissait le sujet. « Nous avons souvent des maux de tête en cette période, et puis les contrariétés n’aident pas. Apparemment, vous débarquez et n’avez pas l’air d’être au courant de la moitié du pacte du soleil, donc vous êtes perturbé, et voilà ! »
– « Taisez-vous donc Bob Baker », répliqua la troisième des femmes.

« Je suis Lyly Marlow. Je suis biologiste spécialiste des cétacés. Je connais Bob Baker et les autres depuis 6 ans maintenant, excepté Suzanne évidemment qui est arrivée plus tard. Nous vous avons attendu longtemps James. Il va falloir vous reposer. »
– « Avez-vous un pouvoir James ? » Me questionna la seconde femme.

« Pardon, Judith Ashley, avocate. Le mien est assez faible mais fonctionne bien. Je suis capable d’allumer des feux, disons, modérés, juste en me concentrant.
Pratique pour les bougies et pour faire bouillir l’eau. Ça n’arrive que tous les 2 ans, mais c’est déjà ça. »
J’allais finir par savoir tout ce que je voulais savoir avec cette fine équipe, sans avoir à rencontrer Pieds d’argile.
Mais ça faisait beaucoup …
J’ai fermé les yeux pour m’évader un peu. J’avais peut-être un avantage sur eux, je savais qui était le 7ème homme : Mike. Quoique, comme Jack et Carla l’avait déjà emmené ici, tout le monde devait le connaître. »
– « Vous avez dit que nous étions 7. Le 7ème n’est pas là ? »
– « Mike n’est pas encore arrivé » répondit Suzanne. « Mais il devrait venir avec sa mamie. Elle est gentille et amène souvent un gâteau ».
Voilà, bingo, j’étais bien la dernière roue du carrosse. Bien que les carrosses à 7 roues, il faudrait déjà que cela existe !
Je devais leur paraître ridicule.
Bon, réfléchir, réfléchir… Il faut réfléchir.
Déjà Peg ! Je l’avais croisée par hasard, elle m’avait raconté un épisode de sa vie qui datait de 2 ans et qui me rappelait quelque chose.

  • Bon ! Après j’avais filé au motel de Phoenix.
  • Il devait y avoir un truc, ou alors… le pacte du soleil fonctionnait bien.

– « Comment avez-vous finalement trouvé le chemin, James ? » me demanda Judith.
– « Par hasard. En fait, j’ai croisé ceux chez qui vivait Mike. Et ils ont vu l’œil que j’avais sur le haut du bras, ils m’ont dit de venir ici. »
– « C’est curieux que vous n’arriviez que maintenant. Mais bon, finalement nous serons au complet ! »
– « Et ça va nous servir à quoi d’être au complet ? Surtout si je ne connais pas mon pouvoir ? »
– « Tu n’as jamais vu Charmed ? Tu sais bien qu’il faut qu’elles soient là toutes les trois pour utiliser leurs pouvoirs !

Pieds d’argile m’a dit qu’on aurait un super pouvoir tous ensemble, qui nous aiderait à comprendre d’où vient l’œil. On va faire apparaître celui qui a fait le dessin sur nous, et on va lui faire un procès ! On va le punir, et puis après on va le brûler, et puis… »
– « Suzanne ! Arrête de dire n’importe quoi ! » Stoppa Lyly. « Bon, c’est en partie vrai James. Nous devrions, tous ensemble pouvoir contrer le pacte. Nous avions peur qu’ils t’empêchent de nous trouver. »
– « Ils ont dû bien l’isoler quand même, pour qu’il mette tant de temps », osa la vieille femme.
– « Pieds d’argile, raconte aussi comment ils t’ont fait le dessin et comment ils m’ont fait la piqûre de pouvoir » risqua Suzanne.
– « Ils ? »
– « Les hommes de l’ombre, évidemment ! » me répondit-elle sans ciller.

A SUIVRE

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

24 réflexions sur « Le troisième œil – 6/8 … !!! »

  1. Toute l’ambiance que j’aime, les séries télé que je regarde et les films aussi!
    C’est « barré » comme j’aime ma Zaza et je filerais volontiers sur les terres des Navajo pour suivre cette enquête haute en couleurs et brodée d’ésotérisme!
    La page blanche s’est mise sur son 31 avec toi, bravo!
    Gros bisous et belle semaine pour toi
    Cendrine

  2. Tu vas pouvoir postuler comme scénariste Zaza , je vois très bien l’adaptation de ton écrit en série à la télévision ou au cinéma .
    Je ris en pensant que même au centre Pompidou de Metz ton histoire nous a poursuivies , il y avait une installation faite de petits hublots dans lesquels se reflétaient les yeux, nous n’avons pas manqué de faire le rapprochement .
    Bonne journée
    Bisous

  3. 7 ça fait donc 7 œils en plus de quoi avoir une sacré bonne vision d’ensemble là mais il ne voie pas ce qu’ils ont….bon je déconne là!
    Nébuleux mais qui irait implanter des yeux et surtout pourquoi si c’est pas pour voir?…..Bisous c’est palpitant

  4. Oh! là!là! Mais quelle imagination!!! (oui, je me redis) Pardonne-moi mais c’est du délire ton récit car même si j’ai manqué des épisodes j’en redemande. C’est flippant et en même temps terriblement attachant. J’attends la suite… Bises du Tarn où il a fait très chaud aujourd’hui.

  5. Plus on lit plus on a envie de connaître la suite. J’espère qu’elle ne sera pas trop pragmatique.
    J’espère que tu as un traitement pour ton foie et pour soulager tes douleurs. Bises et bon courage.

  6. Coucou Zaza
    Ouch ! j’ai lu d’un trait tous les épisodes et… j’attends avec anxiété la suite !
    Quelle histoire flippante….
    Je m’examinerai bien ce soir avant le pyjama : on ne sait jamais !
    M’étonne pas que bcp de personnes regardent sous les lits avant le coucher !!! les cauchemars n’arrivent pas seulement qu’aux autres !
    Blague à part, c’est excellent ! une inspiration peu commune…
    Bisous épatés

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