L’Ile Hors du Temps … !!!

Pour un expert en Antiquité comme moi, la Grèce, c’est la Terre Promise.

grèce

Aussi c’est avec enthousiasme que j’avais accepté l’offre de Jean… La navigation sur un petit caïque entre les Cyclades aux noms évocateurs : Santorin, Délos, Naxos…

caïque grec

C’est ainsi qu’un jour ensoleillé de Juin nous nous étions retrouvés sur le port d’Héraklion pour l’embarquement. Il y avait là Jean et Jeanne, sa copine, tous aguerris à la pratique de la voile. Le bateau était prêt et nous quittâmes rapidement les rivages crétois. L’odeur du port nous suivait. Rien ne nous avait préparés à ce qui allait suivre.

Quelques heures à peine s’étaient écoulés que, sans un seul signe avant-coureur, le ciel se couvrit brusquement, passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

ciel arc en ciel

Un vent se leva, très fort, accompagné d’un bruit aussi assourdissant que milles avions au décollage. Nous devions hurler pour nous entendre. Nous nous mimes à la manœuvre. Le problème n’était plus de garder le cap, mais de rester à flot. Je n’apercevais plus les autres bateaux. Pour finir, une brume d’un vert étrange se présenta dans laquelle nous fumes bientôt noyés…

aurore boréale

Et soudain, ce fut le silence… Plus un bruit, plus rien, si ce n’est le clapotement des flots dans une mer d’huile, plus un souffle de vent… Nous reprenions notre souffle et nos esprits…

Jean se releva et disparut dans la cabine de pilotage d’où il s’extirpa, la mine sombre :

– « La radio est kaput, on ne reçoit plus rien. Et pourtant elle était comme neuve…Je ne comprends pas…Nous ferions mieux de regagner l’ile la plus proche… »

Une légère brise venait de se lever et muni de sa boussole, Jean parvint à diriger le caïque vers une ile, qu’après quelques miles on pouvait deviner au loin. Était-ce Santorin ?

A mesure que nous approchions, on put voir de hautes falaises noires constituées d’amas de rochers. Ils étaient si hauts qu’on ne pouvait deviner ce qui se trouvait à leur cime.

Ancien site de Théra

Nous dûmes donc longer cette côte inhospitalière. In-petto, je notais que je n’avais vu aucun des ilots qui entouraient l’île ni d’autres esquifs. Enfin, nous vîmes une petite crique de sable noir. Un chemin menait à l’intérieur des terres. Après le mouillage, nous fîmes nos premiers pas sur ce rivage apparemment désert… Nous nous aventurâmes une pente assez raide qui menait à un plateau herbeux et caillouteux.

Un petit bois nous entourait. Nous n’avions pas fait dix mètres, que surgissant soudain des fourrés, un groupe d’hommes armés de longues piques, d’arcs et de lourdes épées nous entourèrent. Ils étaient vêtus de longs pagnes ou toges colorés à la manière de ces vases bleus d’eau que l’on vendait dans tous les bazars touristiques de Crète.

soldats de minoens

La langue de ces individus présentait une certaine parenté avec le grec ancien. Je ramenais mes souvenirs universitaires et répondit quelque chose comme :

– « Nous venons en paix…Où sommes-nous ? ».

Le chef marmonna :

– « Achéen ? Vous êtes à Théra».

Thera

plan de thera l'ancienne

Comme je secouai la tête, il fit un signe et les lances s’abaissèrent…Nous étions invités à les suivre jusqu’ à leur cité. Encore éberlués par notre aventure, nous avons pris la route. Au fur et à mesure de notre progression, nous remarquions la présence de nombreuses habitations, pour la plupart en bois, d’autres encore en pierres grises ou noires taillées comme on peut en voir en Provence, où on les appelle bories.

thera

Aucun ne signe de modernité, si ce n’est quelques charrettes aux roues de bois. Le bétail consistait en volailles, cochons, brebis. On pouvait voir par contre de nombreux bovins. Des vaches accompagnées de leurs veaux, et dans les prés de puissants et superbes taureaux qui auraient fait rêver les arènes de Tolède. Les paysans des alentours semblaient y attacher grand prix.

Jean me murmura :

– « On se croirait revenu à l’époque minoenne… ».

Reconstitution imaginaire de la vie palatiale minoenne.

Notre troupe parvint enfin à une petite cité. Mais où donc nous avait porté cette tempête ? Devant nos yeux ébahis, se tenait un rêve d’archéologue : une cité minoenne en parfait état, non pas de conservation mais bien telle qu’elle devait être il y a près de trente siècles. Des rues pavées et polies, des habitations de pierre blanches bleutées qui brillaient au soleil et tout un peuple vêtu de pagnes aux couleurs diverses et chatoyantes, les hommes comme les femmes.

femmes de minoens

Celles-ci, la peau brunie par le soleil arboraient de magnifiques chevelures brunes ou noires aux flots entravées par des rubans rouges ou bleues.

pêcheur de minoens

Les hommes portaient des bonnets aux mêmes couleurs. Tous ces gens nous dévisageaient avec curiosité alors que le soir tombant commençait à mordorer le paysage de lueurs orangées.

minoens

civilisation minoenne

On nous amena devant un homme à cheval, vêtu de telle manière qu’on ne pouvait que déduire que c’était là le roi de cette contrée. Il nous souhaita la bienvenue et s’enquit de notre provenance.

le roi de Minoens

Comme nous lui apprenions que nous venions de bien plus loin que du pays des Achéens, il nous répondit :

– « Je m’en doutais, étrangers, votre navire est bien plus beau et grandement plus puissant que les nôtres, ceux des Achéens ou même ceux des Phéniciens. Mais vous m’avez l’air égarés. Permettez-moi de vous accorder notre hospitalité….»

Nous ne pouvions qu’accepter…La nuit venue, un banquet fut donné en notre honneur… Jean et moi levèrent un moment les yeux sur le ciel étoilé et c’est là que nous comprîmes ce qui nous était arrivés : La carte du ciel qui s’étalait devant nous ne correspondait à rien que nous ne connaissions…

Jeanne murmura :

– « Cette tempête, ce brouillard… nous sommes passés ailleurs. Ce n’est pas même un voyage dans le temps, c’est un autre univers, nous ne retournerons jamais chez nous… Qu’allons- nous faire ? »

Je répondis :

– « Ne t’en fais pas trop. Nous avons beaucoup à leur apprendre et beaucoup aussi à recevoir d’eux. Ça ira… »

Nous nous étions perdus dans le temps et l’espace. C’était maintenant à nous d’y faire notre vie. Ce serait difficile mais exaltant. Les ressources de notre navire et notre savoir allait nous y aider. Enfin, peut-être… C’est à espérer !

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

29 réflexions sur « L’Ile Hors du Temps … !!! »

  1. C’est génial!!! Cette fantasmagorie en terre antique m’a réjouie! Et la fin est formidable…
    Tu nous tiens en haleine de bout en bout, on vibre avec les personnages!
    Et les détails historiques et archéologiques sont très bien exposés
    un grand merci ma Zaza et pour tes mots également
    Pensées tendres pour ton Ellen et son bébé, je vous souhaite à tous plein de belles choses et concernant tes autres filles, j’espère que vous vous retrouverez…
    Gros bisous et un beau week-end pour tous, sur l’encolure magique de ton histoire!
    Cendrine

  2. Bonjour matinal et merci !zaza avec toi on ne sait plus ou l’on est à hier, à aujourd’hui ou à demain … mais en tout cas à bientôt pour la suite ! Bisous et bon WE !

  3. très joli récit, je vois qu’ à l’époque on faisait moins de manière pour les femmes qui dévoilaient leur poitrine….hihihi, voilà un monde moins puritain que maintenant….quel retour en arrière….passe une bien douce journée

  4. …que voici un retour dans le passé plein de promesses! suite dans un prochain article?
    Bon w-end!
    Bises de Mireille du sablon

  5. Bonjour Zaza,
    Ouah !! magnifique cette transition entre notre monde et l’histoire antique . Dont on a beaucoup à apprendre surtout sur se que l’on appelle aujourd’hui l’écologie
    Merci pour cette vidéo
    Bon weekend
    Amitiés

  6. Bonjour Zaza, ouf quel récit, j’ai eu peur du naufrage dans la première partie, il n’en fut rien et heureusement, bravo, Merci pour ce partage, j’ai adoré la fin de l’histoire ,Bisous bonne journée MTH

  7. Mince alors tu as quitté notre temps, te voilà dans la Grèce Antique. Hum tu es douée tu en connais un rayon, j’ai bu tes mots et lu ton histoire comme un vrai roman.

    Je reviendrais voir ce qu’il va arriver à Jean et les autres et…… Forcément toi.

    Beau weekend et bizz d’EvaJoe

  8. bonjour
    dépaysement en Gréce avec toi
    et que de belles illustrations
    un bon travail super

    aujoudhui Roscoff ouvre ses portes en grands pour la journée du patrimoine j espéré y aller mais il y aura la foule ..

    bon dimanche pour toi
    bises Zaza

  9. Se perdre la bas est un vrai régal surtout conte ainsi bonne journée zaza départ pour Paris en début d’après midi puisque la circulation y est interdite jusque 18h avec les chats impossible d’arriver avant ,,, partir me stresse mais bon il faut qu3 j’y aille de temps en temps et l’homme a des rdvs bises

  10. C’est retour, non pas vers le futur quoique … mais vers le passé …
    Une belle épopée maritime. Mon frère va en Grèce tous les ans; il en revient toujours enchanté.
    Bisous

  11. Whaouh c’est excellent Zaza , j’ai adoré me perdre dans cet univers minoen avec Jean et Jeanne . Je vois que tu en connais un rayon en civilisation minoenne . Il m’arrive de temps à autre de faire ce genre de rêve surtout quand je me replonge dans des livres parlant des civilisations antiques .
    Merci de m’avoir permis de le revivre en te lisant
    Bonne journée
    Bisous

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