C’EST NOTRE MATELOT JEANNE FADOSI, CLIC, QUI S’Y COLLE…

Le mot de Jeanne : « Faites parler à votre convenance les 3 aiguilles d’une montre à aiguilles ou les 4 ou 6 chiffres (ou les nombres) d’une montre numérique ou les deux (pensées, conversation, joute oratoire …).
À vos plumes ou stylos ou claviers et au plaisir de vous lire ! »
Comment mettre tout le monde d’accord !

Dans un jardin paisible, accroché à une vieille clôture, vivait un coucou suisse dans une magnifique maison de bois.
En apparence, tout allait pour le mieux : les petits personnages sculptés semblaient dormir, les sapins ne bougeaient pas d’un poil, et le balancier oscillait avec la régularité d’un fonctionnaire à la retraite.
Mais à l’intérieur de la pendule, c’était une autre histoire…
Les deux aiguilles, la Grande et la Petite, ne pouvaient plus se supporter.
– « Avance un peu, grosse limace ! » Lança la Grande.
– « Moi ? Une limace ? Mais tu te prends pour qui, espèce de pie jacasse ? » Répliqua la Petite.
– « Moi, je suis au moins capable de faire le tour du cadran plus rapidement que toi ! »
– « Et moi, je fais un travail sérieux pendant que toi, tu te contentes de tourner en rond ! »
Le coucou, qui connaissait bien ces deux commères, tenta une médiation.
– « Cuckoo ! Cuckoo ! » En langage coucou : « Du calme, mesdemoiselles ! Nous sommes une pendule respectable ! »
– « Respectable ? » S’exclama la Petite. « Avec cette empotée qui me colle aux talons, quand elle ne me dépasse pas en provoquant des courants d’air ? »
– « Cuckoo ! » Acquiesça le coucou.
– « Ne t’en mêle pas, volatile à ressorts ! » Siffla rageusement la Grande.
Le coucou resta bouche bée.
C’était la première fois de sa carrière qu’on le traitait de volatile à ressorts.
À ce moment précis, la Grande Aiguille atteignit le Douze.
– « Je suis arrivée ! » Annonça-t-elle triomphalement.
– « Évidemment ! Et moi, pendant ce temps-là, je suis déjà sur le Un ! Riposta la Petite.
– « Coucou ! » Chanta le coucou pour annoncer la première heure de l’après-midi, alors que les deux aiguilles continuaient de s’invectiver.
– « Peut-être, mais maintenant, je vais te dépasser. Je suis la Grande Aiguille, et je suis beaucoup plus rapide que toi. En une journée, je te dépasse 22 fois, pfft ! »
– « Ho là, grande girafe. Tu t’agites comme un moustique dans un pot de confiture. Je te rappelle que je suis la constante. Tu cours, tu sprintes, tu transpires, et pour quoi faire ? Pour me retrouver exactement à la même position dans une heure. Tu n’es qu’une Grande Aiguille effrontée, un sprinter sans lendemain. Moi, je suis la marche du monde. Laisse-moi tranquille et arrête de me bousculer. »
– « Effrontée ? Moi ? Espèce de vieille toupie rouillée ! Si je ne te rattrape pas, tu ne bougeras jamais ! Je suis le moteur, le dynamisme, le changement, ma chère. Toi, tu es juste… du décor ! Tu es aussi utile qu’un parapluie en papier dans un ouragan ! »
Le temps de toute cette joute verbale, il allait être Trois heures.
– « Coucou ! Coucou ! Coucou ! »
– « Trois heures ? » S’étrangla la Petite Aiguille.
– « Trois heures seulement ? Ça fait une éternité que je te poursuis ! » Répliqua la Grande
– « C’est bien le problème », répondit la Petite. Tu me poursuis, tu me dépasses et tu brasses de l’air ! Quelle dinde tu fais !
— « Dinde ? Moi ? Et toi, espèce de vielle chouette prétentieuse ! »
Le coucou intervint de nouveau :
– « Cuckoo ! Cuckoo ! Cuckoo ! » En langage coucou : « Oh, taisez-vous, vous deux, surtout toi la grande saucisse ! »
– « Tu l’as entendu ? Il me traite de grande saucisse ! Et toi, tête de piaf qui ne sert à rien ! Tu es un automate glorifié ! On pourrait te remplacer par un enregistrement sur bande magnétique sonnant les heures et les demi-heures. »
– « Oh, ne sois pas méchante, ma chère. Le coucou a son utilité. Il nous annonce quand il est temps de se taire. Il est la pause-café de l’après-midi. N’est-ce pas, mon beau ? »
– « Cuckoo ! Cuckoo ! Cuckoo ! Cuckoo ! Cuckoo ! Cuckoo ! » Traduction : « On n’est pas au café. Je ne fais que mon devoir. Et pour l’information, il est maintenant trois heures vingt et dans dix minutes, il sera trois heures trente et je ne chanterai qu’une fois ! » Argumenta le coucou excédé.
– « Une fois ! Tu entends ça ? Il va chanter une seule fois ! Après tout son baratin concernant son devoir et le décompte des heures, il est pathétique ! Un véritable imposteur ! » Reprit la Grande.
– « Mais une très belle fois. » Murmura la Petite. « C’est une note, un moment de grâce, une conclusion. Le son parfait. Il est la respiration, le soupir de la fin de cycle. Pas une course effrénée, comme la tienne. Il y a de la poésie dans l’Unique. »
– « Poésie ! Tu es aussi poétique qu’un dictionnaire de synonymes ! Poésie ? Je t’apprendrai la poésie quand je t’aurai dépassé ! Tu vas voir ! » Rétorque la Grande Aiguille.
Et la Petite Aiguille gardant son calme :
– « Oh, regarde… c’est l’heure de la pause pour notre ami. »
– « Coucou ! »
– « Et voilà ! Il l’a fait ! » Hurlèrent les deux aiguilles en chœur.
Le pauvre oiseau rentra aussitôt dans sa maison.
Mais une demi-heure plus tard, il ressortit courageusement pour chanter les quatre heures.
– « Coucou ! Coucou ! Coucou ! Coucou ! »
Regagnant sa maison, il en ressortit aussitôt.
– « Coucou ! »
Les deux aiguilles se regardèrent.
– « Il le fait exprès ! » Murmura la Grande.
– « Pour une fois, je suis d’accord avec toi », répondit la Petite.
Silence.
Elles venaient de constater quelque chose d’extraordinaire : elles étaient d’accord !
Le coucou ressortit alors la tête.
– « Coucou ! »
– « Ne pousse pas ta chance ! » Répondirent les deux aiguilles.
Et depuis ce jour, la pendule fonctionne parfaitement.
Enfin… presque…
Car toutes les heures, le coucou annonce l’heure, les deux aiguilles recommencent à se chamailler, et la petite porte s’ouvre parfois toute seule.
On entend alors une voix minuscule hurler :
– « Coucou ! »
Puis une autre voix, répondre :
– « Espèce de merle ! »
Et une troisième voix d’ajouter :
– « Pie jacasse ! »
Et le coucou, désespéré, de conclure :
– « Coucou ! Coucou ! » Avant de refermer sa porte en soupirant : « Heureusement que je ne suis pas une pendule parlante !?!… »

c’était juste pour donner un peu le sourire à toutes celles et ceux qui en ont besoins…..passe aussi une douce journée
il me semble que le nôtre doit être encore quelque part dans la maison, mon mari n’a jamais voulu que je le jette….ou que je le donne….doux lundi
Bonjour Zaza, du rififi dans le « coucou », pendule parlante, si c’était le cas, je n’ose imaginer…… ;-) bravo, et bon lundi croqueurs, bises jill