Enquête à rebondissements – 4/15 … !!!

La voisine !

Charmante voisine, Madame Baranowski, environ soixante-dix ans … et si Meg pense cela, c’est parce qu’elle est galante !

Les yeux grisés, la peau ridée, les bésicles sur le nez, le poids des années ne l’avait pas épargnée, brave femme qui devait connaître le sens des mots « lutter », « ramer », « en baver »…

– « Madame Baranowski ?» demanda Harold.

– « Stéranowski, Monsieur, s…, t…, é…. » Répondit la polonaise.

– « Harold Mac’Dowel, je suis Lieutenant de police, » dit-il en lui montrant sa plaque, « Le sergent Meg Duchemain et moi-même aurions quelques questions à vous poser, si vous en avez le temps bien sûr. Je sais qu’il est tard et je ne voudrais pas vous déranger. Peut-être préférez-vous venir déposer demain dans la journée au bureau de police ? Bien sûr, dans une affaire criminelle aussi grave, plus vite on enregistre les dépositions mieux c’est, mais je le répète je ne saurais vous déranger plus longtemps … »

–  « Je vous en prie inspecteurs, entrez-donc, je vous dirai tout ce que je sais le plus vite possible. J’aimais tellement les O’llbrian, des gens si charmants. Et puis, je suis une bonne patriote vous savez, je sais me mettre au service de la police et de la nation ».

– « Je n’en doute pas, Madame Stéranowski, cela se voit, savez-vous. » 

Harold avait un don, un véritable don, pour parler aux personnes âgées.

Je le regardais faire, j’étais admirative !

C’est que j’en ai appris plus avec lui en six ans que pendant les quinze années où je fus élevée par mes grands-parents en France.

Il trouvait toujours la formule adéquate, le mot qui fallait, selon la situation. Il savait gagner leur confiance, et je ne sais pas combien de fois, nous avons réussi à résoudre une affaire parce qu’il avait obtenu des informations qui avaient échappé à tout le monde et ce, simplement en discutant avec des personnes âgées du voisinage.

Cette fois-ci, Madame Stéranowski ne nous apprit rien de plus que ce que nous ne savions déjà. Nous prîmes congés de la vieille dame, et des collègues. Nous quittâmes River Road. 

J’avais envie d’un bon verre de bourbon, à vrai dire, j’avais même envie de la bouteille entière. Il me fallait bien cela pour laver le sale goût que j’avais dans la bouche, ce goût de la mort, ce goût de l’horreur, ce goût du dégoût !

Harold ne disait pas grands mots, mais depuis le temps que je bossais avec lui, j’avais appris à le connaître.

Je savais bien qu’en bon écossais de souche il n’aurait pas craché sur un petit scotch au Cocktail Bar’s, chez Dolly.

Dolly tenait ce bar sympa à deux pas du bureau. Elle ne risquait pas d’être braquée ou rackettée, car il y avait dans son troquet plus de flics au mètre carré qu’autour du punch du buffet du bal de la police. Dolly nous connaissait bien tous, elle lisait sur nos visages.

Ce soir-là quand elle nous a vu entrer, elle sut du haut de son mètre soixante et de ses quarante-cinq ans qu’il valait mieux ne pas plaisanter.

On s’est assis sans un mot à notre table habituelle.

Elle déposa deux verres sur la table, la bouteille de Jack Daniel’s et celle de Glennfiddich.

Il fallut trois verres avant que l’un de nous deux ne prenne la parole, et si cela n’avait tenu qu’à moi, il en aurait bien fallu au moins trois de plus.

– « Sale journée hein, Meg ! »

– « Sale temps, salle journée, tu en as de drôles d’expressions toi, moi je trouve que sale c’est un peu juste, quand c’est sale ça se lave, là c’est dégueulasse, écœurant, fétide, nauséeux, c’est … c’est … vomitif, oui voilà vomitif est le mot que je cherchais. »

–  « M’étonnes que t’ais mis du temps à le trouver ce mot. » 

C’est con, mais je ne pus me retenir d’éclater de rire, un rire nerveux, mais cela me fis un bien fou ! Harold esquissa un léger sourire que j’avais déjà vu maintes fois et reprit la parole.

– « Qu’est-ce qui a bien pu passer dans la tête de ce type ? Un gars qui mènent une vie pénarde, comptable chez Foley & Judell LLP, le plus célèbre cabinet d’avocats de la ville. Il doit bien gagner sa vie, il possède une gentille petite maison. Marié à une femme plutôt jolie et sympa, d’après ce que m’en a dit leur voisine, deux enfants adorables qui ne lui causent pas de problème et d’un seul coup tout dérapent. Je n’comprends pas, mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans sa tête ? »

– « Les gens sont fous, mon pauvre Harold, drôle d’époque que la nôtre, les gens sont fous. »

 A suivre …

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

19 réflexions sur « Enquête à rebondissements – 4/15 … !!! »

  1. Ah la fameuse tatie Danièle en photo… et son rôle dans melting-pot série belge qui se passait dans un café… merci Zaza… Quand d’un seul coup tout dérape… on a de quoi se poser des question !!!! Bises

  2. Ah la voisine n’a rien à nous apprendre , la solution se trouve peut être au fond d’un verre de whisky , va savoir ….suspens …
    Bon vendredi
    Bisous

  3. A suivre… j’ai hâte, même si je ne pourrais peut-être pas te lire pendant ce weekend car les enfants seront là.
    Bisous et douce journée. Joyeuses Pâques ma Zaza.

  4. Bon, je vois que Tatie Danièle t’a laissée ces marques. J’adore cette actrice. Tu nous mets en plein suspens, ma chère Zaza. Passe d’excellentes fêtes de pâques, ma douce et gros bisous

  5. J’aime toujours profondément le côté truculent de tes personnages et la gouaille irrésistible de tes héros dont la langue titille les oreilles avec brio. un vrai bonheur à chaque lecture. Tes écrits sont devenus des rendez-vous pour moi, une joie, une vraie!
    Chouette moment avec la voisine!

    Un grand merci ma Zaza d’avoir pensé à mon anniversaire, j’ai vu que tu m’avais envoyé une dromacarte. Pour le moment j’ai des soucis de réseau, ça rame grave, grave… je l’ouvrirai dès que possible, merci à toi!
    Je n’ai pas réussi à publier ce que je voulais pour Pâques et je n’ai pas encore pu remercier tous mes amis de leurs gentilles attentions, je fais mon possible avec ce fichu réseau…
    Je tente de valider mon commentaire, grosses bises ma Zaza
    Cendrine

  6. Il faut avoir le cœur bien accroché quand on s’occupes d’affaire criminelles! Pas étonnant qu’ils aient besoin de p’tits remontants après! Un descriptif super bien fait! Chloé

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