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Expression :
Ne pas se moucher du pied
Signification :
- Se croire quelqu’un d’important.
- Avoir de grandes prétentions.
- Être prétentieux.
- Se croire important.
- Être plein d’outrecuidance.
Origine et définition :
Au XVI ème siècle, quelqu’un qu’on « mouchait du pied » était quelqu’un qu’on bernait facilement. Donc un niais, assimilé à une chandelle qu’on aurait pu « moucher » (ou éteindre) sans même avoir besoin d’y mettre la main.
Le verbe « moucher » y avait d’ailleurs aussi le sens de « tromper » ou « séduire avec des arguments trompeurs ».
C’est à partir du XVII ème siècle que la signification a évolué.
À cette époque, les saltimbanques (donc des gens de basse classe) pouvaient, dans la rue et grâce à leur souplesse, se contorsionner et se passer le pied sous le nez, comme s’ils se mouchaient avec.
Par comparaison, les gens de la haute ne risquaient pas de « se moucher du pied ».
À cette époque également, beaucoup de personnes de condition modeste avaient l’habitude de se moucher sur leur manche et quelqu’un qui « se mouchait de la manche ou du coude » était un malappris, aisément repère par les taches vertes et gluantes sur son bras. (beurk).
Par contre l’élite de la société utilisait un mouchoir et n’avait donc aucun besoin de « se moucher du coude ».
Ces deux variantes de l’expression permettaient de bien différencier la piétaille de l’aristocratie.
Cette locution, dans sa forme négative, est petit à petit devenue ironique, pour désigner des gens imbus d’eux-mêmes, prétentieux, qui affichent de grands airs ou qui tentent de se faire passer pour des personnes raffinées, aisées ou intelligentes.
Complément :
Peut aussi se dire, en termes moins élégants : « péter plus haut que son cul ».
Exemples :
Monsieur Tartuffe ! oh ! oh ! n’est-ce rien qu’on propose ?
Certes, monsieur Tartuffe, à bien prendre la chose,
N’est pas un homme, non, qui se mouche du pied ;
Et ce n’est pas peu d’heur que d’être sa moitié, […]
Molière – Le Tartuffe ou l’Imposteur, acte II, scène 3
Ah ! elle ne se mouchait pas du pied, Carola !
André Gide – Les Caves du Vatican
Sainct Barthelemey s’est essayé plusieurs fois à l’empoisonner, mesme dans Paris, & pour ce faire, s’est desguisé en toutes les sortes qu’il a peu, toutesfois quand s’est venu à l’approcher, a toufiours eu crainte d’estre descouvert : car il avait affaire à un homme, qui ne se mouche pas du pied.
Abbé de Cluny en 1581 – Légende de Domp Claude de Guyse
Moi, madame ! Quand j’aurai dit que je fête une des patronnes de madame, si la police envoyait trente gendarmes pour déranger quelque chose, soyez sûre qu’avant d’être arrivés à la croix rouge qui est au milieu du village, pas un d’eux ne serait à cheval. Ils ne se mouchent pas du coude, non, les habitants de Sacca ; tous contrebandiers finis et qui adorent madame.
Stendhal – La Chartreuse de Parme
La Lanterne, dans son seul numéro d’hier, mettait en scène un baron, un comte, un prince et un général.
Excusez du peu.
Nos bons jacobins ne se mouchent pas du coude.
L’Univers – Article du 17 janvier 1897
En dix ou douze lignes pénibles, le citoyen Sphincter a trouvé le moyen de se comparer à Jules Guesde. Le bougre ne se mouche pas du coude.
Les Hommes du jour – Article du 24 janvier 1914
– Cré nom, voilà un petit vin qu’on s’en ferait péter la sous-ventrière, dit le cuirassier en faisant claquer sa langue contre son palais !
– Je vous crois ! Monsieur dit toujours que c’est son meilleur, du Corton de première.
– Vot’ bourgeois ne se mouche pas du pied.
Littoral-mondain – Article de 1901

Je connais mieux péter…… que ne pas se moucher du pied, eh oui se croire, et pourtant, merci Zaza, bises jill