
Les consignes d’Annick, CLIC.
Le mot d’ABC : « Les vielles pierres et la maison parlent, mais que racontent-elles ? »
Les Confidences de « La Vieille Dame »

Dans un hameau où le temps semblait avoir pris racine, un manoir d’hôte, bâtisse séculaire, affectueusement surnommée « La Vieille Dame » avait retrouvé le calme. Elle n’était pas faite de bois, mais de granit, de schiste et d’une infinité de moellons solidaires.
Un soir de pleine lune, après qu’un vent frais eut balayé les dernières miettes de l’agitation diurne, le silence s’installa, lourd et propice à la confidence.
C’est Moellon 1er, un bloc de granit près du seuil, qui rompit le premier le silence, de sa voix chevrotante, d’une histoire ancienne…
– « Ah, ma chère Façade, tu m’en diras tant ! J’ai vu passer des siècles, des guerres, des tempêtes de sable et des pluies battantes, mais rien ne vaut les frasques de ces deux petits garnements, Victor et Basile ! »
La Façade, une vaste étendue de pierres taillées dans le granit, soupira d’une manière qui fit vibrer légèrement les ardoises du toit.
– « Ne m’en parle pas ! Ces deux-là, ils ont le diable au corps et le pot de colle aux doigts. L’autre jour, j’ai failli avoir une crise de nerf ! Victor a percé le mystère de la serrure du grenier avec… une cuillère à soupe ! Et il a ensuite décrété que le vieux mannequin de couture de Mémé Célestine était un fantôme. Le bougre a attaché un torchon à sa tête et l’a fait danser devant la fenêtre en hurlant : ***Attention, l’Ogre-Tricot vous tricote un sort !*** »
Moellon 1er pouffa, d’un bruit qui ressemblait à un glissement de terrain miniature.
– « Mais ce n’est rien, ma chère, comparé à leur coup de maître de la semaine passée ! Ils ont volé le pot de peinture bleue dans l’atelier du Père Antoine. Un travail d’Hercule, crois-moi, car ce pot était plus lourd que Basile. Ils ont déclaré la guerre à la pelouse ! »
La Façade s’indigna :
– « La pelouse ? Mais c’était la fierté de leur mère qui a eu tant de mal à la faire pousser entre le manoir et la mer ! Une pelouse tirée à quatre épingles ! »
– « Oui, ma belle, mais aux yeux de nos petits artistes, elle était bien trop… fade ! Ils ont peint une énorme bande bleue, bien épaisse, en plein milieu, affirmant que c’était un « fleuve » pour leur « château-fort » ! Victor a dit : ***Regarde, Basile, notre eau-de-vie !*** et Basile, qui est toujours le plus terre-à-terre, a répliqué : ***Non, Victor, c’est de l’eau-de-bleue !*** »
Un petit Galet de Silex niché entre les fondations, qui n’avait jusque-là fait qu’écouter, lança une réplique tranchante :
– « Eh, vous avez vu le jour où ils ont tenté de faire un concours de saut en longueur depuis la fenêtre de la cuisine ? La maman avait laissé sur la table des crêpes pour le goûter, mais aussi la farine et le sucre… Victor a parié qu’il pouvait atteindre la table d’un seul bond de géant. Il glissa à plat ventre sur la table, balayant crêpes, farine et sucre, en atterrissant pile-poil dans le panier à linge… qui était, par malchance, bourré de chemises blanches fraîchement repassées ! Je vous jure, on aurait dit un fantôme culinaire, tout fripé et poudré de farine, de sucre et chapeauté de crêpes ! »
La Façade se mit à rire franchement, doublé d’un son de craquement amical d’une poutre qui se trouvait à leur écoute.
– « Ah, les chéris… ils sont plus têtus que des ânes bâtés et plus ingénieux que des inventeurs de génie ! Mais il faut avouer que leurs bêtises nous rendent la vie moins morose ! D’ailleurs, Moellon 1er, n’est-ce pas hier qu’ils ont essayé de faire de toi un trône royal en te recouvrant de mousse à raser et de pétales de rose fanés ? »
– « Oui, et ils m’ont ensuite couronné ***Roi de la Gravité*** ! Mais chut, ils dorment maintenant. Demain sera un autre jour. Un jour où je verrai sans doute Basile essayer de déménager le jardin à la petite cuillère et Victor tenter de soudoyer le Père Antoine pour récupérer le vélo tout terrain de son frère ! »
Et c’est ainsi que, « La Vielle Dame », vielle comme ses robes, attendit avec impatience les nouveaux exploits de ces petits chenapans.

Des petits diables pire que tout, soupirent en choeur les éléments…. mais bon ça les occupe en bavardage, merci Zaza, bises jill
coucou zaza il est joli ce manoir mais je trouve le toit bizarre j’aime bien l’histoire de cette bâtisse , Bon Vendredi ,bises
Imaginer qu’une façade puisse raconter les choses à un Moellon …wouah que du bonheur.
Bravo zaza , j’ai adoré
Bises et bonne journée
Oh que j’ai bien ri en te lisant, imaginant les différentes bêtises de ces garnements!
Bises du jour
Mireille du sablon
les diablotins s’en donnent à plein bras…heureusement que les pierres sont là pour raconter l’histoire !!!
Oh les petits garnements! une histoire bien contée comme d’habitude bisous MTH
Merci pour ce grand coup de fous-rires ! Ton imagination a fait merveille sur ce thème ! Bravo !
Eh bien Zaza ! on ne s’ennuie pas la nuit dans ton île ! Quel récit ! et quel dialogue !
bises et belle fin de semaine
Merci pour cette charmante histoire de garnements inventifs qui mériteraient l’oscar de la sottise !
Bises
De vrais diablotins, peindre la pelouse quand même!!
Très belle journée
bises
Chère Zaza,
J’adore !
Quel texte plein d’humour et de tendresse !
C’est une idée géniale de faire dialoguer Moellon 1er et La Façade sur les exploits de Victor et Basile.
Leurs aventures surtout le coup de la pelouse peinte en bleu et le saut en longueur depuis la cuisine m’ont fait beaucoup rire.
Une façon merveilleusement poétique et amusante d’aborder le thème !
Bien amicalement, Marie Sylvie
C’est vraiment une belle histoire, Zaza ! Ah ! Ces petits gamins, hein !!! Bravo !!! Bises
Oh la la en effet
Faire des bêtises c’est prouver qu’on est de bons vivants
Bises
Rose 🌹
Extra Zaza !
La façade et le moellon qui se parlent et un petit galet qui prend part à la conversation.
Mais oui, une maison abrite aussi des enfant espiègles.
Sais-tu que c’est mon mot : vieille comme mes robes !
Bonne soirée.
Bises Zaza