Un petit polar sans prétentions de mon cru pour remplacer le mot mystère de Lilou et les défis des crôqueurs de môts qui sont partis en vacances…
La nuit sur la métropole est un maillage de néons bleutés et de capteurs thermiques…

L’Énigme du Codex
Alors que Camille s’apprêtait à sortir du bureau de l’appartement de Valmont, sa veste de service sur le dos, d’ordinaire si rigide et rassurante, semblait désormais trop étroite.
À chaque mouvement, le Codex, glissé contre sa taille sous la doublure, se rappelait à elle.
Pour le monde extérieur, Camille n’était qu’une enquêtrice assidue, finissant d’inventorier les restes de l’effraction. Sous la toile, elle portait le poids d’un secret qui, s’il était découvert, ne ferait pas seulement sauter sa carrière, mais risquait d’effacer jusqu’à son nom des registres de la Confrérie des « Veilleurs ».

Le bruit des pas de Valmont résonna dans le couloir, lent, mesuré, presque métronomique. Camille se figea. Elle sentit le coin rigide de la reliure appuyer contre ses côtes. Une sensation étrange, un mélange de culpabilité et d’ivresse, l’envahit. Elle n’était plus seulement l’observatrice, elle était devenue l’archive vivante.
Valmont poussa la porte sans frapper.

Ses yeux, d’un bleu délavé, balayèrent la pièce, s’arrêtant un instant trop long sur le bureau où trônaient les factures de garde-meuble, le leurre laissé par Julien.
Camille resta immobile, le dos bien droit, la respiration contenue. Le Codex, dissimulé contre elle, semblait pulser, comme s’il possédait sa propre vie.
– « Vous avez trouvé quelque chose d’intéressant, Camille ? » Demanda Valmont d’une voix onctueuse, presque dénuée de soupçon.
Elle sentit une goutte de sueur froide perler dans son dos, là où le papier pressait sa peau. Elle esquissa un sourire, celui de l’employée modèle qui feint la droiture, tout en sachant que le cœur du mystère ne reposait pas sur le bureau, mais contre son propre buste.
Camille ne répondit pas tout de suite. Elle laissa le silence s’étirer, ce silence professionnel qui sied aux enquêteurs zélés. Elle désigna les factures du garde-meuble du bout du doigt, comme si elle venait seulement de les remarquer.
– « Rien que des factures, Valmont. Assez pour mettre la police sur la piste d’un stockage douteux, mais rien de bien folichon. On dirait que votre cambrioleur cherchait plus de valeur marchande que des dossiers confidentiels. »
Elle soutint le regard bleu délavé de son interlocuteur, le cœur battant si fort contre le Codex qu’elle craignait qu’il ne s’en aperçoive. Valmont s’approcha du bureau. Il posa une main sur le bois, à quelques centimètres seulement des factures. Son geste était lent, prédateur.
– « Vous avez raison, » murmura-t-il. « C’est presque décevant. Je m’attendais à ce qu’il cherche quelque chose de plus… substantiel. »
Il se tourna vers elle, son sourire n’atteignant pas ses yeux.
– « Vous pouvez rentrer chez vous, Camille. La police a déjà pris assez de place dans mon intimité pour la journée. Je n’ai plus besoin de votre surveillance. »
Camille hocha la tête, un salut bref, militaire.
Chaque pas pour se diriger vers la porte lui parut être une éternité. Elle pouvait sentir les angles du Codex, tels des lames, contre ses côtes. À chaque centimètre gagné vers la sortie, la peur se muait en une détermination froide.
Une fois dans le couloir, puis dans l’ascenseur, elle ne relâcha pas sa garde. Ce n’est qu’une fois dans la rue, noyée dans la foule indifférente du soir, qu’elle osa poser une main sur sa veste pour sentir la présence rassurante et terrifiante du livre. Elle ne savait pas encore ce qu’il contenait, mais elle savait une chose : Valmont l’avait laissée partir parce qu’il pensait qu’elle n’avait rien trouvé.
Mais en possession du codex, elle était l’archive vivante, et il était déjà trop tard pour qu’il récupère son bien.
L’appétence de la dévotion
Le lendemain du cambriolage chez Valmont, alors que la presse s’enflammait pour le mystérieux cambriolage, Julien, tranquillement assis à une terrasse de café, regardait les gros titres sur sa tablette.
Il savait que ce premier coup n’était qu’un échauffement. Le véritable défi commençait maintenant, car en volant ces preuves, il a mis le doigt sur un complot qui dépassait largement le simple cas Valmont.
Camille sortit du café un verre à la main et alla s’assoir en face de Julien, qui continuait à fixer son écran tamisé par de la lumière bleutée.
Elle vint lui parler, avec une feinte admiration, du « coup de maître » qu’il a réalisé.
– « C’est fascinant, Julien, » dit-elle en observant le reflet des données sur son propre verre. « Ta manière d’anticiper les failles du système… J’ai passé des heures sur les logs du coffre, et honnêtement, je n’aurais jamais soupçonné qu’une telle subtilité était possible. Tu m’as ouvert les yeux sur une façon de penser que je croyais réservée aux grands architectes. »
Julien esquisse un sourire imperceptible, presque prédateur. Il se sent en sécurité dans son arrogance.
Camille enchaîne, jouant la corde sensible de l’alliée subjuguée :
– « Mais dis-moi, si j’ai pu retracer ton passage grâce aux miettes que tu as laissées intentionnellement, n’est-ce pas ? Cela veut dire que nous sommes les seuls au monde à comprendre la beauté de cette signature. C’est presque… intime, non ? »
Camille posa son verre avec une précision millimétrée, le bruit sec du cristal contre la table de marbre fit tressaillir Julien, mais il ne leva pas les yeux.
Elle devina le reflet des gros titres dans la pupille de son complice :
***Valmont, le silence des coffres***
– « La presse est en émoi, Julien. Ils cherchent des coupables, ils ne trouveront que des fantômes. »
Elle marqua une pause, observant la tension imperceptible dans la mâchoire de l’homme. Elle savait désormais que cette tension n’était pas due au danger, mais à l’adrénaline du prédateur.
– « J’ai analysé les protocoles de sécurité du site suivant, celui que tu visais pour demain soir. »
Elle glissa une tablette vers lui, l’écran affichant le site visé par julien et l’architecture complexe de faisceaux laser et de capteurs thermiques.

– « Tu as raison, c’est une forteresse. Mais il y a une faille dans le cadencement du laser périmétrique. Un décalage de quelques millisecondes dans la boucle de rafraîchissement des détecteurs. »
Elle savait pertinemment que ce décalage était un leurre, une modification qu’elle avait elle-même introduite dans le code source de la simulation. Si Julien utilisait cette donnée, il déclencherait l’alarme, mais d’une manière si spécifique qu’elle seule en connaîtrait la fréquence de désactivation.
Julien fixa l’écran, ses yeux parcourant les lignes de code avec une avidité silencieuse. Il ne voyait pas le piège ; il voyait la confirmation de son génie.
– « Tu as bien fait de me montrer ça, Camille », murmura-t-il, un sourire en coin trahissant une satisfaction orgueilleuse. « Avec ce timing, je peux passer sans même ralentir. »
Camille pencha la tête, affichant une expression d’admiration dévote qui masquait le froid glacial qui envahissait ses veines.
– « C’est tout ce que je voulais, Julien. Je veux juste m’assurer que tu ne rates pas ta sortie. »
Elle retira sa main, laissant ses doigts effleurer ceux de Julien le temps d’une seconde.
Pour lui, c’était le sceau d’une loyauté acquise.
Pour elle, c’était la fermeture du premier verrou d’une cage dont elle seule détenait la clé.
Il pensait avoir orchestré son ascension, il ne se doutait pas qu’il venait d’accepter le plan de sa propre chute…
À suivre lundi prochain…

Oui, vraiment à suivre, Zaza !!! Super ! Bises
un petit coucou, en ce lundi bien enrhumée, je me demande comment j’ai pu attraper ce rhume, bon il va falloir le soigner avant mercredi jours de immunothérapie, ça ne me laisse guère le temps. passe une bien douce journée
Bonjour Zaza !
C’est très compliqué à suivre ton roman , mais je m’accroche !
Bon lundi et bonne semaine ! 👍👍👍
Pierre
PS : Toujours pas une goutte de pluie chez nous ! ☹️😖😣
Bonjour Zaza, à suivre , j’adore quand tu écris ce genre de roman , merci bisous bonne journée <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<mth
Quelle imagination débordante !
Ton histoire est complexe, énigmatique…
C’est bien écrit !
On a envie de connaître la suite.
Bisous du lundi ma Zaza
Une histoire compliquée ! Bon lundi bisous.
Bonjour Zaza.
J’espère que comme nous, tu as passé un bon week-end et que tout va bien.
Nous, nous avons passé le Dimanche à la maison, je n’ose plus m’embarquer trop loin car j’ai peur de faire un malaise et on ne sait toujours pas d’où ça provient.
J’ai passé une IRM et il n’y a rien de nouveau a signaler , j’ai revu ma cardiologue qui m’a ordonné deux holters, un pour le cœur et un pour la tension et mon médecin traitant m’a ordonné du kiné pour de la rééducation vestibulaire (ça concerne les oreilles).
A part ça, tout va bien et je te souhaite une bonne semaine.
Bisous de nous deux.
… bon ben, tu nous lâches encore trop tôt, j’aurais bien voulu aller plus loin dans cette histoire…à lundi prochain!
Bises du jour
Mireille du sablon
Super ton roman Zaza c’est à suivre bon lundi bise
Un super polar, j’ai hâte de lire la suite !
Bises et belle journée
Super ! Et passionnant. Tu sais capter notre attention. Bises
Bonjour Zaza,
les personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être… Des éclaircissements dans la suite sans doute…
Bisous.
Bon après-midi,
Mo
De belles photos qui illuminent ton histoire , par moment je perds un peu le fil, mais je te suis avec plaisir , tu as du talent pour traiter les fantômes de l’impossible c’est certain
Bisous
Rose
Le bien et le mal , ici difficile à déméler l’écheveau des prises de position. Camille oeuvre -t-elle pour le bien ou est ce Julien . Tu as le chic pour nous plonger dans un choix difficile .
Bravo pour cette suite
Bon lundi
Bises
Chère Zaza
Un chapitre palpitant de bout en bout !
La tension dans le bureau de Valmont puis cette manipulation glaciale face à Julien…
Camille est redoutable et le scénario est parfaitement ficelé.
Bravo pour ce rendez-vous du Lundi si bien mené !
Amitiés, Marie Sylvie