
LES CONSIGNES DE LILOU, CLIC.
Le thème : « L’invitation du rose. »
Le mot de Lilou : « Le plein été et bien chaud et même trop chaud. J’aurai pu proposer le thème du feu mais les évènements sont trop tristes pour en faire l’éloge. Je pense sincèrement aux personnes qui ont tout perdu.
Je prends le relais de Fardoise et après m’être interrogée sur un thème j’ai pensé qu’une couleur ferait un sujet intéressant.
Le rose c’est couleur de lumière
Le rose souffre souvent d’une réputation de couleur mièvre ou enfantine. Pourtant, en peinture, il est extraordinairement subtil. On le retrouve :
– dans les carnations,
– les fleurs,
– les couchers de soleil,
– les robes élégantes du XVIIIᵉ siècle,
– les danseuses de Edgar Degas,
– les scènes intimistes de Berthe Morisot,
– les harmonies lumineuses de Pierre Bonnard ou d’Henri Matisse.
Le poète dirait un murmure de rose ou le temps voit rose
L’élégant lui répondrait : Éloge du rose dans toute sa lumière
Mais l’intrigant viendrait avec son grain de sel : Alors qui a peur du rose ? Mais le rose n’est pas celui que vous croyez !
Ce à quoi l’humoriste répliquerait : le rose Encore du « rose bonbon » pour les midinettes et du rose pour le cinéma ! »
Qui a dit que la couleur rose n’était virile ?
Portait d’Henri IV en Mars – Jacob Bunel

Un portrait d’Henri IV en Mars (le Dieu de la guerre, pas le mois du calendrier) est amusant, vous ne trouvez pas ???
Mais le rose lui va si bien ! Vous allez me dire que je lui en veux à ce pauvre Vert-Galant. (Expression bienveillante à l’époque, qui nous rappelle l’amour inconditionnel que le roi eut pour la gent féminine jusqu’à la fin de sa vie).
Le contraste entre l’air triomphant du monarque, foulant aux pieds les armures de ses ennemis, et le rose bonbon de ses vêtements est comment dire… euh… troublant…
C’est un Henri IV athlétique et triomphant que l’on peut admirer sur ce portrait fameux, successivement attribué à Ambroise Dubois puis à Jacob Bunel, deux des peintres du roi appartenant à la seconde école de Fontainebleau.
Datant des premières années du XVII ème siècle (vers 1605-1606), cette grande huile sur toile a sans doute appartenu au décor rénové de l’un des palais du roi. Henri IV y est représenté en empereur, triomphateur d’ennemis dont il foule aux pieds les dépouilles, armures, casques, armes.
La tête couronnée de lauriers, tenant le bâton de commandement dans la main droite, le roi est revêtu d’une armure d’un rose soutenu qui contraste fortement avec le vert des rideaux de fond.
Le visage d’Henri IV, très expressif, aux cheveux et barbe grisonnant, aux fines rides et léger sourire est celui d’un souverain, certes triomphant, mais aussi bienveillant dont le règne se veut pacificateur.
Jusqu’au XVIII ème siècle, le rose est associé presque exclusivement… aux hommes. À tel point qu’on entend souvent dire que le rose, durant le Moyen-Age et la Renaissance, était un symbole de virilité. Idée reçue ou fait historique ? Je n’ai pas vraiment trouvé de réponse concluante sur le sujet… Même Michel Pastoureau, le grand spécialiste de l’histoire des couleurs, s’abstient d’en parler dans son Petit Livre des Couleurs… Et la petite dizaine de tableaux que j’ai pu repérer parmi l’immense océan de la production artistique de cette époque ne sont pas suffisants pour en apporter la confirmation…
En fait, avant la fin du XVIII ème siècle, la couleur rose n’existe pas vraiment, ou du moins est-elle très mal définie. On parle alors plutôt de « rouge clair », de « rouge blanc » voire d’incarnat (de l’italien incarnato, dérivé de carne, « chair » ). Le rose, c’est la couleur de la chair, point final.
Puis, petit à petit, grâce à l’extravagance de certains artistes, le rose va s’émanciper du rouge dont il est issu et pourra enfin mener une vie indépendante…
Aujourd’hui, et depuis que le mouvement romantique du XIX ème siècle s’en est emparé, le rose est l’incarnation de la tendresse, de la féminité, de la douceur. Mais il peut aussi être synonyme de mièvrerie, ainsi en est-il de l’expression « à l’eau de rose ». Encore plus péjorativement, le rose est la couleur associée à l’homosexualité…

Ah le rose, tout un programme…. ;-) Merci Zaza, bon W-E, bises jill