Atelier d’écriture n°176 … !!!

Les consignes de Ghislaine, ICI

Son thème : « Surprise »
Et, Où,
Écrire
un texte en insérant dans le texte, les 16 mots :
« Soupirer, espace, escalier, étage, charmant, séduction, mots, courtiser, cosmos, parole, essor, rien, galaxie, frontière, brume, infini... »
Et, Où,
Écrire un texte avec des mots commençant par «
I »
Et, Où,

S’inspirer de la photo ci-dessous…

Surprise !

À la suite d’un incident déplorable dans l’espace consacré au « Cri », au premier étage, le charmant musée consacré à Edward Munch fut fermé pour une durée indéterminée.
Le gardien souhaitant garder l’anonymat, se trouvait planté sur les marches de l’escalier du hall d’entrée. Interrogé par mes soins, il m’affirma que plusieurs personnes durent être hospitalisées d’urgence après avoir contemplé ce fameux tableau.
Ce même gardien, tête cagoulée pour rester incognito, se mit à débiter ce flot de mots :
– «  Songez-donc », soupirera-t-il.  « C’est la première fois que les cinq versions de la reproduction de cette œuvre sont exposées ensemble dans la même salle.
Rien d’autre que ce « Cri », cinq fois hurlé par la bouche horrifiée de ce visage au regard halluciné…
Vous imaginez l’émoi des visiteurs !
Voir cinq fois de suite cet épouvantable tableau en dominante rouge, bleue, grise ou noire.
Voir cinq fois de suite ce visage torturé, émettant ce cri dont on imagine le tourment, la douleur, l’insoutenable, l’insondable détresse, l’horreur du néant, l’abomination d’un au-delà de désespérance…
Ces pauvres visiteurs devaient s’imaginer dans une autre galaxie, aux frontières du réel ! »
Oui, je l’imaginais très bien et je m’empressais de courtiser le gardien de continuer son récit. Ce dernier ne se fit pas prier et reprit la parole.
– « Il y a là de quoi vous déstabiliser, non ???
Eh bien, ils l’ont été, déstabilisés, et comment ! Certains se sont mis à trembler dès le deuxième tableau, oui, Madame, c’est comme je vous le dis. Au troisième, d’autres se sont évanouis, et parmi les plus courageux qui sont allés au quatrième, il y en a qui furent saisis d’épilepsie.
Monsieur le Directeur est alors intervenu et a appelé l’hôpital en urgence. »
– « Et pour le cinquième ? » Demandais-je.
– « Ah, Madame, pour le cinquième, ce fut horrible. Ah, oui, horrible… »
Le gardien eut un spasme incontrôlable et son regard s’exorbita.
– « Figurez-vous, souffla-t-il, que le cinquième tableau n’eut qu’un seul visiteur. Ce dernier se planta devant la lithographie, la contempla longuement, sans séduction aucune, ouvrit la bouche et hurla, un cri démentiel, Madame, un véritable cri d’angoisse existentielle…
Comme cela Madame, comme cela. »

C’est alors que le gardien retirait sa cagoule, il ouvrit toute grande la bouche en émettant un long cri atroce, guttural, un cri de fou, dépassant en horreur et en intensité tout ce que l’on pouvait imaginer.

Les vitres du hall volèrent en éclats.
Le gardien, dans un ultime essor, disparut alors dans la brume, à la recherche d’un infini cosmos, un nouveau monde en somme pour fuir l’ancien !

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

23 réflexions sur « Atelier d’écriture n°176 … !!! »

  1. Bonjour Zaza un défi très bien relevé, j’ai entendu le cri, je visualise le gardien… bisous bonne journée MTH

  2. Je n’aime pas ce tableau mais oh comme j’aime ta nouvelle originale à la fin surprenante. Bravo. Bisous

  3. Whouua le cri sur l’audio est terrible !!
    On pourrait tant en dire sur ce tableau !
    Je l’ai mis en ressenti car moi il m’a toujours interpellé
    sans savoir vraiment ce qu’il cache !
    J’aimerai tant savoir ce que le peintre a voulu tant crier !!
    Merci ma Zaza !

    1. Chacun à cette vision de ce personnage, tenant sa tête (de mort!), entre ses mains longues et fines, les yeux sont écarquillés d’épouvante, la bouche béante pousse un cri silencieux. Le ciel est ardent, couleur sang, ondulant et mouvant , la mer est sombre et l’être spectral marche le long d’une fragile balustrade. Deux ombres inquiétantes, silhouettes fantomatiques, s’éloignent d’un pas menaçant vers l’horizon ; la scène n’offre aucune échappatoire… En le regardant vous en avez “la chair de poule”… C’est normal vous contemplez l’un des tableaux les plus anxiogènes de sa génération :  » Le Cri » d’Edvard Munch. C’est un tableau qui fait partie d’un ensemble de six peintures : « La Frise de la Vie »… Cet ensemble de peintures fit scandale, le public accueillant Munch comme une provocation anarchiste. Ce Cri a été poussé en 1893 dans une société Scandinave (Munch est norvégien) , qui est conformiste, puritaine et bourgeoise.

      L’artiste, expressionniste, est tourmenté et hanté par la mort, la maladie et la souffrance (qu’il éprouve dés son plus jeune âge.) Cette toile (d’où sa puissance perturbante) serait l’incarnation de son mal-être, il souffre de dépression nerveuse et d’hallucinations. En proie à des délires fantasmagoriques, il les décrit lui-même dans son journal le 22 janvier 1892… »Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait, tout d’un coup le ciel devint jaune et rouge sang ; je m’arrêtais fatigué et m’appuyais sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu qui éclaboussaient le sentier ; mes amis continuèrent et je restais tremblant d’anxiété ; j’ai senti monter en moi un grand cri et j’ai entendu ce Cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature… »
      Ce coucher de soleil d’un rouge flamboyant était vraisemblablement provoqué par les cendres émises lors de l’éruption du volcan Krakatoa en 1883. Le paysage en arrière-plan est le fjord d’Oslo vu d’Ekeberg. Et le visage est inspiré d’une momie retrouvée au Pérou que Munch aurait découvert lors d’une exposition à Paris.
      Ce qui intéresse surtout Munch ce sont « les impressions de l’âme et non celles des yeux ». Il vit l’art comme une vocation ; il s’agit pour lui d’un “flux de conscience”. Le rouge dans sa symbolique le renvoie au feu, au sang et à la souffrance… Comme les touches de bleu/noir dans la lande préfigurent la mort et le vide.
      C’est un tableau empreint de violence et d’un réel malaise. Le Cri a eu de nombreux échos ; souvent utilisé pour symboliser l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle ; il a été sérigraphié par Andy Wahrol. Il a inspiré des livres et des BD, des films et des dessins animés, des musiques et des artistes ; plusieurs fois volés ; toujours retrouvés… « Le Cri de la Nature » est inestimable.

  4. alors par précaution pour mon coeur je n’ai pas écouté l’audio :-) à mon âge il faut se ménager. Le tableau il vaut mieux qu’il soit là ou il est que chez moi mais pour le texte bravo pour ton imagination . Pour détendre l’atmosphère je vais aller lire tes blogs ! bisoussss

  5. Ah ah c’est bien trouvé avec ce fameux tableau, j’en ai des frissons Zaza
    Pour ce qui est du tableau je n’ai jamais été très fan, trop réaliste, oui, expressionniste !

  6. coucou Zaza défi bien relevé et ce tableau sa semble fait en bois, il ne fait pas très beau ont a vraiment un temps d’hiver mais pas trop froid, je te souhaite un très bon Vendredi, bises

  7. tres beau recit chere Zaza, le tableau est particulierement angoissant, on imagine l’horreur du cri poussé ! et ton cri peut faire peur !! bonne soiree chere ZAZA grosses bises

  8. Un tableau qui t’ a vraiment bien inspiré , c’est sur qu’il ne laisse pas indifférent . Le cri enregistré non plus , je n’aimerais pas l’entendre non plus.
    J’avais raté ce billet .
    Bises

  9. whaou ! tu m’as littéralement scotchée ! avec ce tableau x 5 !!
    quelle épouvantable torture d’être ainsi obligé de le voir en tant d’exemplaires !
    insoutenable défi ! pour l’être humain !
    et tu le décris fort bien !
    extra ma zaza !!
    bisous

  10. Ton texte, très étrange , est aussi angoissant que ce tableau ! On imagine assez facilement, à te lire, l’horreur grandissante des visiteurs du musée face à cette exposition des 5 versions du « Cri » ! Une seule est déjà suffisamment éprouvante !
    Merci pour les explications supplémentaires que tu en as donné . Elles éclairent un peu les intentions qui ont pu présider à la création de cette oeuvre très spéciale !
    Bisous
    An’Maï

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