En souvenir de notre Lady … !!!

Mais pas que … !

« Octobre »

Les fusillés de Châteaubriant (Loire-Atlantique) – 22 octobre 1941- Pour chaque victime est érigée une stèle en sa mémoire.

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés 

Pierre Seghers – 1941

Écrit en décembre 1941, le poème « Octobre » de Pierre Seghers (1906-1987), est paru en juillet 1943 dans le recueil « L’Honneur des poètes », aux Éditions de Minuit, qui rassemble des textes de poètes résistants.
Ce poème rend hommage aux otages, dont Guy Môquet,  exécutés par les nazis au mois d’octobre 1941, pour punir plusieurs attentats.
En effet, le 19 octobre, un déraillement a lieu sur la ligne ferroviaire Rouen-Le Havre et le lendemain, le lieutenant-colonel Holtz est abattu à Nantes.
En représailles, le 22 octobre, vingt-sept otages internés au camp de Châteaubriant, sont fusillés, la plupart des communistes.
Le 21 octobre, un attentat est perpétré contre le conseiller de l’administration militaire Reimers à Bordeaux.
La riposte ne se fait pas attendre : le 24 octobre, cinquante otages sont fusillés au camp de Souge, en Gironde. Voilà donc les faits historiques qui ont inspiré au poète ce texte de résistance.

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

16 réflexions sur « En souvenir de notre Lady … !!! »

  1. Un bel hommage qui donne des frissons … Merci de l’avoir partagé Zaza, je ne connaissais pas ce poème . Bonne semaine, la pluie est de retour par chez nous mais il fait doux ! Bises ch’tis ! Nicole

  2. J’aime beaucoup ce poème qui raconte l’exécution des otages, à Nantes d’ailleurs nous avons ; le Cours des cinquante otages, exécutés pour la mort de ce colonel allemand, ils ne plaisantaient pas les nazis !
    Cette histoire des cinquante otages, je l’ai entendu mille fois racontée par mes beaux parents, ils ont été séquestrés à Nantes, personne ne devaient ni entrer, ni sortir de la ville, et pour le le baptême de ma belle soeur personne n’a pu venir, ma belle mère en avait gros sur la patate des années plus tard elle en parlait encore et encore…
    Bises et belle journée

  3. Un tres bel hommage aux résistants par ce poème de Pierre Seghers .J’ai ce fascicule l’honneur des poètes des éditions de minuit et c’est un recueil que l’on lit avec beaucoup de respect .
    Bises

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