La quintessence de la sapience du Jeudi 20 Août 2026… !!!

 

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Expression :

« Prendre ses jambes à son cou »

Signification :

  • Courir très vite.
  • S’enfuir.
  • Se sauver le plus rapidement possible.
  • Partir précipitamment.
  • Déguerpir. 
  • Décamper.
  • Se carapater.
  • Détaler comme un lapin.

Origine et définition :

Drôle d’expression que celle-ci ! On peut imaginer au moins trois choses :
* Quelqu’un de très souple qui ramène ses jambes au niveau de son cou, en fait un nœud autour, pourquoi pas ?
🤣
Mais le côté pratique pour courir n’est pas flagrant, les pieds ayant alors du mal à toucher le sol…
* Quelqu’un qui démonte son tronc et le pose à côté, de manière à être réduit à une tête et deux jambes avant de commencer à courir. Mais cela ne devrait pas avoir une influence sur la vitesse, les jambes ayant toujours la même longueur, sauf si on tient compte de la diminution du poids total à déplacer.
* Quelqu’un qui diminue la hauteur de son tronc et, en compensation, allonge celle des jambes jusqu’à les amener sous le cou, ce qui effectivement permet d’augmenter la vitesse de déplacement.
Mais tout ceci n’est que billevesées car personne ne serait capable de l’une ou l’autre de ces situations.
Il faut donc chercher ailleurs.
Heureusement, il suffit de remonter à la fin du XVII ème siècle pour trouver l’explication de l’origine, à défaut de comprendre le lien avec le sens actuel.
À cette époque, en effet, Furetière écrivait que « prendre ses jambes à son cou » se disait, au début de son siècle, « prendre ses jambes sur son col », le « col » signifiant la « nuque ». Notez bien le « sur » qui signifiait « se résoudre à partir pour quelque message ou quelque voyage ».
Il s’agissait donc simplement des préparatifs à un déplacement qui outre quelques menus objets nécessaires au voyage, nécessitait, bien sûr, d’emporter aussi ses jambes.
Et comme le sac des bagages était souvent porté en bandoulière ou à l’aide d’une sangle passant derrière le cou, il fallait aussi « prendre ses jambes sur son col ».
Ce n’est qu’au XVIII ème siècle que le sens de l’expression a évolué pour marquer la promptitude, la vitesse.

Complément :

Il existe également des expressions synonymes à « prendre ses jambes à son cou » :
« prendre la poudre d’escampette » décrit une fugue similaire, renforçant
l’idée d’un congé quelque peu théâtral, sinon comique du fait de sa précipitation.
« avoir les talons près du derrière » illustre avec humour la rapidité avec laquelle une personne tente de s’éloigner, comme si ses pieds touchaient ses fesses dans sa course effrénée.
« larguer les amarres » désigne d’abord le moment où on détache le bateau de son point d’attache, mais signifie par extension qu’on part, qu’on prend la fuite sans retour possible et qu’on brûle ses vaisseaux.

Exemples :

Mais Pontis leur fit observer qu’en courant ils seraient remarqués, rappelés, peut-être, qu’il fallait, au contraire, s’éloigner lentement, en se dandinant, en regardant le ciel et l’eau ; puis, à un détour du chemin, prendre ses jambes à son cou, et faire le quart de lieue en cinq minutes
Auguste Maquet –  La Belle Gabrielle

J’étais allé m’asseoir auprès d’elle ; je voulais lui offrir un bouquet de bluets que j’avais cueillis dans les seigles ; mais ses deux grands yeux se tournèrent vers moi d’une si drôle de façon, que je pris mes jambes à mon cou, et me sauvai en emmenant ma sœur par la main.
Jules Sandeau – Le Château de Montsabrey

Intriguée, j’ai cherché à voir où elle allait, mais elle s’est aperçue, sans doute, que je la suivais ; elle a pris ses jambes à son cou, et je l’ai perdue dans les petites ruelles qui montent à la Ville-Haute.
André Theuriet – Le Secret de Gertrude

Pour voir entrer la noce, les voilà tous qui prennent leurs jambes à leur cou, et grimpent quatre à quatre vers la place du château.
Romain Rolland – Colas Breugnon

Variante orthographique

Ces sorciers-là ont généralement oublié d’être bêtes. Et le mien savait ce qu’il lui en aurait coûté si Bétégué-Bili était venu à apprendre qu’il n’avait pas pendu aussitôt ses jambes à son cou pour lui faire ma commission.
Pierre Benoit – Monsieur de la Ferté

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

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