Le polar du Lundi – Chapitre VI

Un petit polar sans prétentions de mon cru pour remplacer le mot mystère de Lilou et les défis des crôqueurs de môts qui sont partis en vacances…

La nuit sur la métropole est un maillage de néons bleutés et de capteurs thermiques…

Trois semaines avaient passé

Cette dernière mission à effectuer : « Instiller le doute dans cette filière mafieuse en montant leurs membres, les uns contre les autres. Effacer une fois pour toute, le centre opérationnel et informatique des veilleurs… »
Le siège des « Veilleurs » n’était pas un gratte-ciel clinquant, mais une structure bunkerisée, enfoncée dans les fondations historiques de la ville, un vestige d’architecture brutaliste dont les murs de béton armé abritaient le serveur central : la source originelle du Codex.

 

L’endroit était austère et silencieux, offrant un contraste saisissant avec le chaos sanglant des galeries souterraines du port.
Julien, assis devant une batterie de moniteurs, ne leva pas les yeux. Ses doigts dansaient sur le clavier, injectant des virus dormants dans les serveurs de la préfecture.

 

Là où Julien voyait les failles techniques, Camille connaissait les psychologies. C’était là la force de leur alliance.
Ils ne se contentaient pas de dénoncer : ils manipulaient les coupables pour qu’ils s’accusent les uns les autres.
Le « ménage » avait déjà commencé.
Grâce à des fuites savamment orchestrées par Camille, plusieurs lieutenants de Valmont s’étaient retrouvés face à des preuves compromettantes envoyées anonymement à leurs rivaux. La paranoïa, ce poison silencieux, avait fait le travail pour eux.

 

En moins de vingt jours, trois réseaux de corruption s’étaient effondrés sous le poids de leurs propres trahisons.
– « Ce soir, c’est au tour du chef des opérations spéciales… » Annonça Julien en marquant une pause. « Il va recevoir un dossier complet sur les activités du directeur du 36. S’il réalise qu’il a été sacrifié par son supérieur, il n’aura d’autre choix que d’aller trouver Vance, le patron des services de l’anti sécurité financière nationale, afin de sauver sa tête. Vance transmettra ensuite au Procureur. »
Camille se leva et s’étira. Une lueur nouvelle brillait dans ses yeux : ce n’était plus la colère, mais une satisfaction froide, presque clinique.

 

– « Et quand le Procureur sera en possession des preuves, que nous transmettrons à Vance, il sera trop tard pour que tous ces malfrats étouffent l’affaire. La ville va alors se réveiller avec une gueule de bois monumentale. »
Ils s’échangèrent un regard.
L’engrenage judiciaire s’était mis en marche avec une efficacité redoutable.
Dans les heures qui suivirent, une opération d’envergure nationale fut déclenchée dans le plus grand secret, menée par les hommes de la section fédérale à l’insu de la hiérarchie corrompue.
À l’heure du déjeuner, les équipes d’intervention bouclaient simultanément le siège du 36 et les entrepôts portuaires qui servaient de planque aux Veilleurs. Pris au piège de leurs propres contradictions et submergés par des preuves irréfutables, les complices tombèrent les uns après les autres.

 

Debout sur le parvis, observant les fourgons de police s’éloigner gyrophares éteints dans la grisaille parisienne, Julien sentit enfin la pression quitter ses épaules. Il tourna la tête vers Camille.
Le grand patron du 36 et le chef des opérations spéciales, menottes aux poignets, furent ramenés dans les bureaux de la police judiciaire sous les flashs crépitants des journalistes.

 

La tempête était passée, et la justice, pour une fois, allait pouvoir triompher.

Le Dernier Verrou

Pour leur ultime opération, Julien et Camille n’avaient plus besoin de ruses numériques. Ils avaient besoin de précision chirurgicale. Sous le couvert d’un blackout total qu’ils avaient eux-mêmes provoqué sur le quartier administratif, ils s’infiltrèrent par les galeries de ventilation.

 

Ce n’était pas un simple piratage ; c’était un effacement total.
– « Tu es sûre de vouloir détruire la seule preuve de ce qu’ils ont fait ? » Demanda Julien, son doigt suspendu au-dessus de la touche finale.
Camille, observant les écrans où les noms des citoyens étaient classés par « taux de nuisance ».
Elle répondit sans hésiter :
– « Maintenant qu’ils sont sous les verrous et que Vance détient l’original du Codex, la justice ne doit pas être un algorithme, Julien. Qu’ils répondent de leurs actes devant des hommes, pas devant des machines. »
D’un geste synchronisé, ils déclenchèrent la séquence de purge.
En quelques secondes, le maillage de données qui maintenait la métropole sous tutelle s’effondra.

 

Les lumières des terminaux s’éteignirent. Tout était devenu noir et le silence retomba sur le bunker, point final !

À suivre lundi prochain….

Rappel des chapitres précédents :

CHAPITRE VCHAPITRE IV  CHAPITRE III  –  CHAPITRE II  –  CHAPITRE I 

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.