La suite des péripéties de mon père 1943-1945 … !!! 3/4

Armement de la « Surprise »

Pour rappel : A l’origine HMS Torridge de la Royal Navy, elle fut cédée aux F.N.F.L et mise en service en avril 1944.
Elle participa au débarquement du 18 juin 1944 en Normandie et à différentes actions jusqu’à la fin du second conflit mondial.
En juin 1964, elle fut cédée à la Marine Royale du Maroc et prit le nom de El Maouna.

CARACTÉRISTIQUES

Type : River
N° de coque : K292, F33, F08, F708
Mis en service : 06 avril 1944
Désarmée : Juin 1964
Déplacement : 1 800 tonnes
Longueur : 93,50 mètres
Maître-bau : 11,16 mètres
Tirant d’eau : 4,36 mètres
Puissance : 6 000 cv
Vitesse : 19 nœuds
Équipage : 120 hommes
Armement : 2 canons de 105 mm
                          2 canons de 90 mm
                          4 canons de 40 mm
                          6 canons de 20 mm

L’armement débuta fin février/début mars 1944, alors que le chantier procéda aux ultimes finitions. C’était, comme toujours une impression de grande pagaille qui présidait.
Les ouvrières, (leur accoutrement n’étaient pas très sexy), effectuaient des soudures pendant que les marins étaient de corvées de munitions ou de vivres, tout cela au son d’une musique diffusée par haut-parleurs. (Les disques français étaient rares, et les mêmes chansons passaient souvent…).
Les machines étaient bientôt « balancées » et la première sortie en mer eu lieu.
La mise au point de la propulsion fut laborieuse.
Le chantier était situé au bord d’une rivière vaseuse.
Pour les
manœuvres, l’aide des remorqueurs était nécessaire.
C’était des petites unités propulsées par des roues ce qui les rendaient très manœuvrables.
Le séjour à BLYTH s’acheva. Le commandant Jean Levasseur m’avait affecté au poste de radariste sur cette frégate pour convoyer des navires marchands, brisant ainsi le blocus allemand vis-à-vis de l’Angleterre. L’équipe était satisfaite de partir et, pourtant, nous avons tous été très heureux à BLYTH. La population (les filles en particulier), avait pris les marins français en amitié.

BLYTH 1944

L’armement terminé, vint le temps de l’entraînement.
La première destination fut, comme convenu, CLYDE, base des navires d’escorte.
Il fallait contourner l’Ecosse. Il faisait très beau. Les paysages étaient admirables.
Le passage entre les Iles Orcades et le Continent fut particulièrement impressionnant.

L’accostage eut lieu à GOUROCK, très proche de GREENOCK.
Un complément d’armement embarqua. Beaucoup de marins retrouvèrent pour quelques jours leurs petites habitudes dans un environnement familier. 

  Équipage  d’anglais à GREENOCK

Le départ pour le lieu d’entraînement intensif ne tarda pas.
Ce fut à TOBERMORY, au Nord-Ouest de l’île de MULL que les bâtiments d’escorte furent mis en condition d’affronter toutes les formes d’action ennemie.
Plusieurs semaines d’exercice quasi continues dans un décor presque sinistre améliorèrent le savoir-faire de l’équipage.
L’entraînement s’est fait sous la haute autorité du légendaire commodore STEVENSON, un très vieux marin qui avait été Amiral du temps de son service actif.
Si vous voulez en savoir plus sur ce légendaire personnage… CLIC

Le commandant LEVASSEUR imposa les meilleurs résultats dans tous les domaines. Même dans les joutes d’avirons, les français devaient être les meilleurs. Et ils le furent… Le départ se fit sous les « Hourras » des marins du bateau amiral.
Encore une autre escale dans la CLYDE avec montage de lance-roquettes de chaque côté du masque de la pièce avant.

Pendant plusieurs semaines, la frégate assura des escortes de convois en Manche et Atlantique, effectuant des patrouilles le long de la côte sud de l’Angleterre avec des escales à PORSMOUTH, PLYMOUTH et FALMOUTH.

Vie aérienne Porthmouth 1944

Moi qui n’avais jamais été malade en mer, ce ne fut pas la même chose en Atlantique nord, lors du premier convoyage. Heureusement, le corps humain s’habitue à tout, excepté quand j’ai été confronté avec mes camarades à certains événements.
Là aussi, je vis de drôles de choses qui hantent mes nuits encore maintenant.
Des bateaux torpillés par des sous-marins allemands, des cadavres à qui l’on retirait la plaque d’immatriculation, et que l’on mettait en sac au risque de leur casser les membres à cause de la rigidité cadavérique.
Il y eut aussi un pauvre petit mousse que nous avons cru ramener à la vie.
Après des tentatives de réanimations, je revois encore ses joues rosir. Nous pensions avoir réussi, et quel ne fut pas notre désespoir, de voir cette vie nous filer entre les doigts…
Ce va et vient, des escortes de convois, jusqu’au moment du débarquement en Normandie.

A la fin de cette période, le bateau vint mouiller dans le Solent (entre l’île de WIGHT) et le sud de l’Angleterre.
Là étaient rassemblés de nombreux navires. Il était clair qu’une opération de grande envergure allait être engagée sous peu.
Les marins de la « SURPRISE » ne doutaient pas qu’il s’agissait de l’invasion de la France.
 

Rares ceux qui pouvaient aller à terre. Munitions et vivres furent transportées à bord par des embarcations armées par des « marinettes » de la Royal Navy dont les petites fesses moulées dans les pantalons réglementaires émoustillaient les matelots soumis à une abstinence prolongée.

Les Marinettes…..

Pas question d’émettre des propos salaces ou ironiques. Le « GRAND JEAN » (Cdt LEVASSEUR) ne l’aurait pas toléré.

Tout s’accéléra. Les hommes furent invités à remettre objets et valeurs qu’ils voulaient préserver pour qu’ils soient mis à terre (Le sac n’est pas bien lourd) !
L’attente devint difficilement supportable.
Le 5 juin 1944, en début de soirée, l’équipage fut appelé sur la plage arrière. Le Commandant prit la parole et ces termes :

« L’heure que nous attendons depuis 4 ans a sonné.
Demain, nous serons en vue des côtes de France.
J’espère que chacun fera son devoir.
Merci »

Se succédèrent :

L’appel aux postes de manœuvre, 
L’appareillage,
Un tiers aux postes de veille,
Deux tiers à la soupe.

« La Surprise» était confiée au capitaine de corvette Jean Levasseur, depuis sa mise en chantier. L’équipage de la Surprise avait pour lui, une admiration sans borne.

Souvenez vous, ce commandant d’exception avait commandé L’Aconit qui avait réussi l’exploit de couler deux sous-marins en dix heures.

La perspective d’un débarquement commençait à se préciser lorsqu’en avril 1944. Ils étaient maintenant tous prêts à accompagner les troupes alliées pour débarquer sur les côtes normandes !
Les hommes de « LA SURPRISE » eurent le privilège d’être les témoins du départ de l’opération militaire la plus colossale de tous les temps. De très nombreux transports de troupes de tous les modèles se mirent en route et passèrent, à raser le bord de la frégate.
Dans ces bateaux, des milliers de soldats : G.I., Tommies, Canadiens. Tous ces braves jeunes gens sachant qu’ils se dirigeaient vers de grands dangers, ovationnèrent les trois couleurs hissées en tête de mât de l’un des rares navires français participant à l’opération « OVERLORD »

A demain pour la suite

Auteur : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

23 réflexions sur « La suite des péripéties de mon père 1943-1945 … !!! 3/4 »

  1. ..merci pour ce récit de vie passionnant et tellement vrai.
    Je te découvre en tête de ton article, que t’est-il arrivé?
    Bises du jour
    Mireille du Sablon

  2. Belle narration de cette période et d’évènements qui font qu’aujourd’hui nous sommes libres parce que de jeunes hommes et femmes se sont battus et même ont donnés leurs vies
    Bonne journée Zaza
    J’ai deux amies qui seront sur ton île aujourd’hui et demain
    Bisous

  3. Bonjour Anne marie,
    Merci pour cette suite sur une époque d’une jeunesse , qui s’était investit pour sauver la France . Et qui n’est pas cité dans les livres d’histoire.
    Je vois cette triste photo avec cet oeil endolori et récit sur le poignet . J’espère que cela n’est pas trop grave ….
    Amitiés

  4. Merci Zaza pour ces billets très passionnants, mais j’ai loupé quelque chose? que t’ai-il – arrivé?
    bisous MTH

  5. Merci Zaza pour ce récit passionnant le jour J arrive et il va être tres long .
    La photo sur ta newsletter m’intrigue, qu’est qu’i s’est passé , tu es tombée ?
    Bonne journée
    Bises

  6. des jeunes devenus adulte bien trop vite mais qui ont su faire fasse….Bisous j’espère que ça va passer ce qui t’arrive au visage et l’oeil en particulier bon courage et prompt rétablissement. Bisous bisous

  7. Coucou Zaza
    C’est passionnant, ton récit ! mais bouleversant…. Vive les temps de paix… Tu es souffrante, ma chère Zaza ?
    Vais à rebours dans ton blog
    Enormes bisous de réconfort

  8. Bonjour Zaza, “la surprise” est de taille et l’armée Française n’en a pas à rougir bien au contraire ! Grace à elle et son gros armement , nous avons pu vaincre l’ennemi nazi alors, même si toute guerre est déplorable il faut saluer ceux qui se sont battus pour notre liberté…

  9. tres interessant ton recit, chere Zaza, vraiment passionnant, des jours pénibles pour la préparation du debarquement , et des interventions contre les sous marins, tres utiles pour les convois , j’espère que tu vas mieux des suites de ta chute, bon retablissement grosses bises

  10. Merci beaucoup Zaza ! C’est toujours fort intéressant de t’y lire !
    J’espère que tu vas un p’tit peu mieux qu’hier ! Douce poursuite de ce lundi !
    Grosses bises♥

  11. Bonjour Zaza.
    Merci pour tes visites qui me font toujours plaisir.
    Je ne suis pas très présent ces temps ci, un peu à cause du Week-end et aussi parce que j’ai passé un examen ce matin.
    Maintenant, je prend un moment pour te souhaiter une bonne semaine et un bel été qui commence bien.
    Bisous de nous deux.

  12. Salut,
    C’est intéressant ce qui s’est passé pour le débarquement.
    C’est un temps variable qu’on a , il parait que demain ce sera la pluie.
    Ca va faire du bien au jardin.
    Bonne semaine

  13. C’est passionnant ma Zaza et on ne peut qu’être très émus en contemplant ces photos et en songeant à ces jeunes gens et aux moins jeunes qui se sont battus pour nous sauver, nous leurs descendants…
    Ils se sont battus pour sauver la Vie et ils n’ont pas épargné leurs forces!
    Très bel hommage, un grand merci pour les explications
    Gros bisous en espérant que tu te sentes mieux, je pense bien fort à toi
    Cendrine

  14. Bonjour Zaza.
    Moi aussi, je reviens sur mon blog que j’avais mis en pause suite au décès de mon petit frère.
    Très intéressant ton récit.
    Je te souhaite une bonne journée.
    Bisous de nous deux.

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