Le polar du Lundi – Chapitre VII

Un petit polar sans prétentions de mon cru pour remplacer le mot mystère de Lilou et les défis des crôqueurs de môts qui sont partis en vacances…

La nuit sur la métropole est un maillage de néons bleutés et de capteurs thermiques…

Vers de nouveaux horizons

Ils franchirent la porte principale du siège des « Veilleurs ».

 

Dehors, ils se fondirent dans un calme relatif, progressant parmi des gardes totalement désorientés par la panne. Derrière eux, ils abandonnaient une organisation tentaculaire dont le cerveau venait de cesser de battre.
Désormais, Julien, alias l’Ombre, et Camille, l’enquêtrice déchue, ne luttaient plus seulement pour survivre. Ils étaient devenus les architectes d’une épuration devenue inévitable.
Une fois les derniers verrous forcés et les cellules de la Santé refermées pour de longues années sur les individus ayant commis tous ces actes délictueux dans cette affaire, une évidence s’était imposée : leurs chemins devaient naturellement se séparer.
À moins que…

 

Quelques jours plus tard, alors que la presse nationale sombrait dans le chaos des révélations et que les premières arrestations à haut niveau commençaient à assainir la préfecture, le monde découvrait, stupéfait, l’ampleur du système qu’ils venaient de démanteler.

 

Mais pour Julien et Camille, loin des projecteurs et des manchettes des journaux, l’heure était déjà à la suite.
Les dossiers compromettants saisis dans le coffre central des « Veilleurs » ne laissaient aucun répit : ce n’était que la tête de l’hydre…
Au fil des planques, des silences partagés dans l’obscurité des véhicules de surveillance et des nuits blanches passées à décoder des fichiers corrompus, quelque chose d’inattendu s’était tissé entre eux.
Ce qui n’était au départ qu’une alliance de survie et le respect mutuel de deux solitaires s’était lentement métamorphosé.
Dans un monde façonné par la trahison et le cynisme, leur amitié s’était muée en une évidence plus intime, un ancrage précieux au milieu du chaos. Un frôlement de mains sur le clavier, un regard complice à la lueur des écrans, et c’était toute leur carapace qui s’était fissurée.
Ils avaient appris à panser leurs blessures respectives, trouvant l’un dans l’autre la chaleur et la paix qu’ils croyaient à jamais perdues. 

 

Loin de l’agitation de la capitale, ils se trouvaient dans un café anonyme.
Julien jouait distraitement avec une vieille clé USB posée sur la table, tandis que Camille parcourait les dernières notes de surveillance.
Julien prit la parole :
– « Tu sais, Camille, après tout ça… il restera toujours des coffres à ouvrir et des systèmes à déjouer. »
Un sourire authentique étira les lèvres de Camille, balayant les masques et les faux-semblants qu’elle avait portés si longtemps.

 

– « Le monde ne manque jamais de corrompus, Julien. Et je crois bien que j’ai pris goût à cette nouvelle vie. »
Il leur suffisait d’un regard échangé par-dessus la table pour sceller ce que les mots achevaient de dessiner. Ce n’était plus une simple alliance de fortune, mais un serment tacite.
Julien extirpa de sa poche une petite carte cartonnée vierge, trouvée au fond d’un tiroir, et la poussa vers Camille .

 

– « Si on doit continuer à nettoyer les recoins que la justice officielle ne peut pas atteindre, autant le faire proprement. Il nous faudra un nom, des planques, et un moyen pour les nouveaux parias de nous trouver. »
Camille sortit un stylo de son sac, fit pivoter la carte et y inscrivit d’une écriture nette, sans fioriture, une seule ligne énigmatique avant de la lui rendre.

 

– « Pour ce qui est des clients, laisse faire les criminels. Ils ont toujours besoin de gens comme nous pour régler leurs comptes ou panser leurs compromissions. Quant au reste… les voleurs, les assassins en col blanc et les intouchables de ce monde n’ont qu’à bien se tenir. »
Leurs destins étaient désormais liés de l’autre côté de la loi.
Loin de Valmont, des « Veilleurs », de toute cette bande mafieuse et des décombres du 36, une nouvelle page s’ouvrait : celle d’une agence de l’Ombre, prête à traquer le mal là où il se cachait, des tripots clandestins aux plus hautes sphères du crime international.
Ils quittèrent le café anonyme sans un mot de trop, portant chacun le poids d’un secret partagé et la certitude de leur nouveau pacte.
Leurs pas les guidèrent à travers les ruelles calmes de la banlieue jusqu’aux voies ferrées oubliées des grands axes.
Deux silhouettes se tenaient sur le quai d’une gare isolée, loin de l’effervescence de la métropole.

 

Julien et Camille, dont le regard portait désormais la sérénité de celle qui a soldé tous ses comptes, contemplaient le train qui s’apprêtait à partir vers le sud. Ils n’avaient plus de badge, plus de titres, plus de passé.
Ils avaient les poches légères et l’esprit libre.
– « Tu sais où nous allons ? » Demanda-t-elle.
– « Là où les injustices attendent des mains expertes, ma chère… » Répondit Julien avec un clin d’œil. « Le monde est vaste, et les coffres forts des tyrans ne sont jamais aussi impénétrables qu’ils le pensent. »
Le train s’ébranla, les emportant plus liés que jamais, vers une destination lointaine, loin des néons bleutés et des capteurs thermiques.

 

FIN

Rappel des chapitres précédents :

CHAPITRE VI – CHAPITRE V – CHAPITRE IV –  CHAPITRE III  –  CHAPITRE II  –  CHAPITRE I 

 

Auteur/autrice : ZAZA-RAMBETTE

Une bête à corne née un 13 AVRIL 1952 Maman et Mère-Grand...! Vous trouverez ici : humour de bon matin, sagas historiques sur ma Bretagne, des contes et légendes, des nouvelles et poèmes, de très belles photographies de paysages et d’animaux, de la musique (une petite préférence pour la musique celte), des articles culturels, et de temps en temps quelques coups de gueules...! Tous droits réservés ©

14 réflexions sur « Le polar du Lundi – Chapitre VII »

  1. Bonjour ma Zaza
    Félicitations tu as réussi parfaitement ton beau polar.
    Une belle histoire d’un couple qui ont monté leur propre affaire pour lutter contre les injustices et j’imagine une belle histoire d’amour aussi.
    Tu es très douée ma Zaza et tu m’as tenue en haleine du début jusqu’à la fin.
    Belle semaine et gros bisous d’amitié.

  2. Bonjour Zaza, quel dommage que ce soit fini, c’était un grand plaisir à te lire le lundi matin, mais je te fais confiance , tu recommenceras une nouvelle histoire pour notre plus grand plaisir. mercie Zaza bisous bon Lundi MTH

  3. Oh quelle belle fin pour Julien et Camille… Dans un train en plus !!!
    Une romance commence… après toutes ces péripéties
    Tu pourras peut-être nous raconter leurs amours ?
    Bisous du lundi ma Zaza

  4. Merci pour la belle histoire que tu nous a racontés. Je pense à un ministre avouant qu’un mensonge était une posture ((pour nous faire tout avaler). Bises

  5. Option 3- Courte et chaleureuse

    Une magnifique fin pour ton polar, chère Zaza !
    J’ai adoré suivre les péripéties de Julien et Camille jusqu’à ce beau départ vers le Sud et vers de nouvelles missions.

    Un immense bravo pour ton imagination et ta plume !
    Pensées amicales, Marie Sylvie.

  6. Bonjour Zaza,
    J’aime bien les histoires qui finissent bien .
    Merci pour celle-ci.
    Mais peut-être les deux personnages nous donneront de quoi nous passionner sur une autreaffairz?
    Bises.
    Bonne soirée,
    Mo

  7. Ben non alors, pas déjà !
    Bien sûr, il faut une fin et elle est arrivée tranquillement. Voilà Julien et Camille partis vers de nouvelles aventures mais liés d’une autre manière maintenant tout en gardant cette rage contre les malveillants.
    Merci Zaza pour ce petit polar.
    Bises

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